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Fantasme Brisé : histoire d’une chanson

La musique de VAPA est porteuse de messages. Pour ne citer que quelques préférés, d’Ormesson Interlude, Le Temps Est Chose Précieuse (Jeanne Moreau), Erreurs Acceptées (Romy Schneider)…
J’ai eu la joie de venir au micro pour lui permettre de mettre en écrin les magnifiques mots visionnaires de Marguerite Duras l’année dernière (Ils Verront De La Télévision), et aujourd’hui, nous récidivons avec Fantasme Brisé. (Vous pouvez cliquer sur les titres pour les découvrir.)

MarilynWriting

Marilyn n’était pas que cette somptueuse femme aux éclats de rire solaires. Nous savons tous qu’elle était très (trop ?) intelligente, et complexe. Elle alternait des moments de majesté et de désespoir, en les entremêlant parfois. Il fallait lui donner la parole. Sa parole intime. VAPA m’a fait confiance et je me suis chargée du texte. J’ai visionné des documentaires (sur sa mort aux étranges circonstances, sur sa jeunesse, sur son rapport aux hommes, sur son travail d’actrice…), j’ai écouté avec émotion Luz parler de Hollywood Menteur, l’album de bande-dessinée qu’il a fait dernièrement sur elle. C’est grâce à lui que pour le clip réalisé par VAPA, les Désaxés furent une évidence. Et je me suis plongée dans le superbe Fragments. Des poèmes, écrits intimes et lettres offerts en manuscrits et soigneusement transcrits aux éditions du Seuil. C’est Norma Jeane Mortenson qui se montre plus nue que sans vêtements. J’ai voulu respecter sa voix le plus possible, être au plus proche d’elle.

MarilynManuscrit

J’ai quelques raisons de me sentir proche de Marilyn Monroe et elles ne sont pas seulement centimétriques. Comme elle, on me résume fragile mais en réalité j’alterne des périodes exaltées où rien ne me résiste avec des jours vides sans futur. Je peux travailler comme dix et dormir deux semaines. Je vois des médecins qui se grattent le menton devant leur ordonnance. Et souvent j’ai pensé que tous mes efforts ne tendaient que vers un but « ne pas mourir ». J’avais vraiment à coeur de dire ses mots à elle et je remercie chaleureusement VAPA de m’avoir renouvelé sa confiance.

Il a composé avec inspiration. Quand nous fûmes d’accord sur les notes et les mots, après quelques essais et des ajustements, un passage en studio, encore quelques notes, le rire de Marilyn quand elle dit sa souffrance, les avis des amis… et c’était prêt !

L’accueil sur les plateformes nous a enthousiasmés ! Nous étions sur des playlist prestigieuses ! Aujourd’hui, Fantasme Brisé poursuit son chemin. Il est à toi, qui lit ces mots. Tu veux bien, du bout du doigt, le pousser doucement vers un like, un partage, ou bien tes favoris ? Ce n’est qu’avec vous que notre travail sera entendu, vous nous faites voyager ?

A lire sur The Melting Pop, un très bel article qui parle mieux du morceau que je ne saurais faire (un grand merci à Jay !).

« Ils verront de la télévision »

Pendant que nous travaillions sur Une rencontre trop sage, VAPA (Vous n’Avez Pas d’Avis) m’a fait écouter une interview de Marguerite Duras. En 1985, elle décrivait sa vision des années 2000. Un texte d’autant plus magistral qu’il a été dit au fil d’une conversation avec un journaliste. Il fallait le mettre en valeur ! Malheureusement le son de l’interview original n’était pas exploitable pour en faire un morceau.

J’ai proposé à VAPA d’enregistrer le texte en studio. Je me suis appliquée à respecter (autant que ma voix et mon petit accent le permettaient) la prosodie de Marguerite Duras, pour ne rien trahir de sa pensée visionnaire.

VAPA a habillé ces mots d’une musique qui à mes yeux montre l’urgence d’ouvrir notre conscience. Il a collaboré ensuite avec un graphiste pour créer un clip hypnotique et voilà un ovni artistique ! Je suis tellement honorée et fière de cette collaboration qui dépoussière la pensée.

Le morceau est disponible sur toutes les plateformes ( lien pour cliquer sur votre préférée). Et pour le clip, ouvrez les yeux et votre conscience, c’est parti pour un voyage saisissant :

Last but nos least, VAPA a fait vendredi 8 novembre 2019 son premier live à Nantes !
Ils verront de la télévision était du spectacle. Pour découvrir les autres morceaux de l’artiste, c’est ici : enjoy !

Et parce que ça va mieux en le disant : n’hésitez pas à partager si vous aimez.

Ma chaîne You Tube : ici.

« Une rencontre trop sage » : naissance d’une chanson

Dans ma voiture, j’écoutais une playlist dont je me souviens bien. « Nouveautés francophones ». La voix de Jeanne Moreau a attiré mon attention. Elle disait avec sa belle nonchalance « le temps est chose précieuse… ». J’ai monté le son. Les mots de Jeanne étaient entourés d’une musique electro tout à fait contemporaine qui tranchait complètement avec le grain vieilli de l’enregistrement.
Elle parlait de lecture, d’harmonie de l’esprit et du corps, du temps qui s’écoule, de résister au sentiment de culpabilité. « La vie est difficile, la vie est douloureuse » disait-elle, et j’entendais son sourire. La musique montait, le rythme accélérait, les notes étaient écloses. Coup de foudre.

En rentrant chez moi je me suis ruée sur mon ordinateur pour retrouver le morceau. Je l’ai réécouté, et j’ai découvert les autres. Enthousiaste, j’ai twitté un lien vers ma belle découverte.

Quelques jours plus tard je recevais un message de VAPA me remerciant pour le partage. C’est rare d’être si sympa de la part d’un artiste ! Je lui fis part de mon enthousiasme et le félicitai. Et joie, voici ce que je lus : « J’ai parcouru vos textes. Avez-vous déjà pensé à les dire sur de la musique electro ? Si ça vous intéresse vous pouvez m’envoyer un extrait, nous ferons un essai. »

J’avais déjà enregistré Une rencontre trop sage et l’envoyai illico. Match ! Ça collait.

La proposition de VAPA était belle, j’adorais la musique qui révélait l’amour et l’émotion bien plus que l’érotisme. L’érotisme n’était pas le sujet mais une conséquence parmi d’autres de l’amour. VAPA l’avait compris à l’évidence, avec ce piano pudique et délicat.

Mon son était mauvais il fallait enregistrer en studio.
Imaginez une dame bredouillante et timide, arriver en tremblant devant deux ingénieurs du son et dire « Alors, heu, voilà, c’est… c’est une lecture, d’un texte, heu… d’un texte érotique ». Merci encore au studio Rimshot pour le professionnalisme. Lucas, l’ingé son, n’a pas cillé. Comme si tous les jours des femmes venaient susurrer au micro des histoires d’homme qui bande.
VAPA a fait un super travail avec ça. Nous avons beaucoup échangé, surtout par écrit, car je suis quasi phobique du téléphone. (Oui, VAPA est patient. Très patient.)

Et un jour, c’était bon. Nous tenions notre morceau. C’était ainsi qu’on l’aimait. Il fallait créer une chaîne You Tube, et même une page Facebook ! La tête me tournait, mais qu’est-ce que j’étais fière !

Je vous fais aujourd’hui le récit du premier morceau alors que le troisième est en préparation. C’est du bonheur, tout ça ! J’aime que les mots dits et tout ce qu’ils évoquent soient pour un musicien un instrument parmi les autres.

Chers lecteurs, chers followers, chers amis : (re)voici « Une rencontre trop sage » :

Je vais me la jouer Youtubeuse, mais c’est le jeu : si vous aimez, n’oubliez pas le pouce qui encourage, et abonnez-vous à la chaîne : il y aura d’autres morceaux, lectures, vidéos. Merci !

 

Projet Pierre Louÿs

Je copie sans vergogne ici la présentation du projet que vous pouvez lire sur le site du Projet Pierre Louÿs, car je ne saurais mieux dire en le paraphrasant :

« Dans les jeux littéraires que vous lirez ici, il est question de sexe. Une tradition des lettres françaises, entre autres, illustrée par Pierre Louÿs notamment qui en usa de deux manières : un érotisme mondain et élégant dans ses Chansons à Bilitis, un érotisme cinglant car parodie pornographique des manuels éducatifs de son époque avec le Manuel de civilités. Ses choix littéraires répondaient à un contexte religieux, littéraire et selon un public et une diffusion ancrés dans le XIXème siècle.

En ce qui concerne les auteurs réunis ici, il va de soi, mais c’est toujours mieux en l’explicitant, que de « petites filles » et « petits garçons » il n’est dans nos textes absolument pas question : tout personnage littéraire ici a été conçu, imaginé et écrit comme ayant plus de 18 ans et consentant(e).

Chaque auteur(e) s’est inspiré(e) du Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation de Pierre Louÿs pour écrire une nouvelle.

Bonne lecture.

Les illustrations du site et du 2ème cahier sont de Rita Renoir : https://www.instagram.com/ritarenoir/ 

 »

Je me suis inspirée du conseil suivant pour écrire Edmond en queue de pie :

Ne faites pas feuille de rose à vos domestiques. C’est un service que vous pouvez leur demander mais qu’il est plus convenable de ne pas leur rendre.

Cela excite votre curiosité ?

Je vous invite à télécharger le magnifique ouvrage du projet.

C’est un Ebook qui propose une version numérique, avec des lectures de la fantastique Charlie (son site intelligent, brûlant et généreux), des dessins de Rita Renoir (découvrez ses oeuvres délicieuses), une vidéo troublante de Philippe Guerrieri (il a fait deux films sur mes mots : vous êtes jaloux ?) sur un texte brillant de Fen’X (Baudelaire passe la main, Fen’X est dans la place)…

Vous lirez Camille Eellen, Nora Gaspard, JimiH, Popins, Marie Tropique

Et aussi Hécate, Pape Anoël, Cédric Pignat, Leeba Swilka, et Avant-Tureuse…

Les amis Dick Sainte Cécile et Martine Roffinella ont lu avec attention et aidé au projet : ils sont des auteurs formidables : cliquez sur leur nom pour les (re)découvrir.

Vous l’aurez compris : l’Ebook du Projet Pierre Louÿs est un très beau cadeau. On vous l’offre : enjoy !

Chez nous – Le film

Le talentueux Philippe Guerrieri m’a fait le cadeau de mettre en musique et images un de mes textes.

C’est incroyablement sensuel, le désir est palpable. Quelle alchimie !

Voici ce film, et juste après, le texte.

 

Tu m’as plus mise à nue qu’aucun amant, jamais.

Et pourtant, c’était peu.
Et ma vie a changé.

Le besoin de nous voir était si impérieux que nous nous retrouvons en lieu improvisé. Tu arrives après moi, et tu me tends la main. Perchée sur des talons qui me rendent maladroite, je te désire.

Ce matin nous avons échangé les mots et les images d’amour les plus crus et les plus organiques. J’ai vu ta main aimée s’agiter sur ton membre, ton visage se tordre d’un plaisir surhumain, tu as crié mon nom, et puis un râle rauque…
A mon tour j’ai filmé, murmurant mon désir, ton prénom, ma robe relevée, la main dans ma culotte. Tu as vu mes yeux clos, mes paroles psalmodiées et mon dos se cambrer sur un cri de jouissance.

Pour la première fois, dans un instant, nous serons seuls.
Je suis encore mouillée de toi, orgasme dans la gorge.
Nous entrons, tu refermes la porte.
Nos bouches se rejoignent et nos langues se trouvent.
J’aime comme tu me tiens, tu m’entoures, me protèges. Ce baiser qui me dit « Tu comptes tant pour moi ».

Nous sommes près d’une fenêtre, on peut encore nous voir. Alors tu prends ma main : « Viens, je veux te montrer quelque chose ».

Désarmant d’impudeur, dans un petit couloir, tu retires tes vêtements.
« Ce sont mes tatouages, tu voulais les toucher. »
J’ose à peine. Les motifs me sont chers, ils m’émeuvent, tellement ils te racontent.
Je vois aussi ta peau. Je veux égaliser et sans hésitation, je fais tomber ma robe. Je devrais être gênée, c’est tout de même incongru, et pourtant, je me sens bien, tournant comme une danseuse, en lingerie, devant toi.
J’ose même te dire que je veux qu’on se couche.
Tu me désignes un lit, et comme de vieux amants, nous nous allongeons.
Je pose ma tête sur ta poitrine, tu n’oses pas me toucher. Moi, je caresse ton cou, ton coeur, ton ventre, en t’embrassant partout. En dessous de ta ceinture, je ne regarde pas, et encore moins, ne touche.
Puis je m’écarte et m’allonge sur le dos. C’est une invitation. Tu viens sur moi.
Puis-je embrasser tes seins ?

J’acquiesce en tremblant, et te regarde faire.
Entre deux doigts légers, comme un conservateur dévoilerait un trésor, tu écartes la dentelle qui voile mon téton, et le prends dans ta bouche. Tu le lèches, à petits coups de langue, et le serres dans tes lèvres, lèches encore, suces, reviens.
Je relève ma tête pour te voir, ne rien perdre du spectacle de tes lèvres sur moi. Tu me regardes aussi, sans cesser de lécher. Un brûlant bourdonnement s’élève dans mon ventre, et tourne dans ma tête.
Tu reposes la dentelle, et viens vers l’autre sein. Je caresse ta nuque pendant que tu me goûtes. Je soupire, je gémis et te veux. Je prends ta main et la pose sur mon ventre.

D’un doigt, d’un seul doigt, et juste de la pulpe, tu presses mon clitoris. Un cri se serre dans ma gorge. Tu masses doucement à travers la dentelle le dôme de mon pubis.
Quelques secondes après, je jouis en criant que je t’aime.

 

De la muse alanguie – Le film

Voici le texte du poème modifié pour le film de Philippe Guerrieri.

Merci à lui pour ces mises en musique et images. Le résultat est à fleur de peau, très troublant…

Le lit blanc est immense, aux craquements soyeux
Je suis nue près de toi qui est encore vêtu
Couchée contre ton flanc, ta chaleur me recouvre
Ta main de mes cheveux s’égare dans mon dos
Tes doigts, chemins légers ou sillons qui me griffent…
Le front contre ta cuisse, mes yeux ne regardent plus
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

Le timbre de ta voix dans mon sang coule encore.
Et je respire à peine, tu déclames tout bas.
Mon corps entier écoute, mon ventre t’appartient.
Tu as lié mes mains d’une corde de chanvre
Et uni mes chevilles par le même lien râpeux
La voix profonde et grave, tu déclames tout bas

Devrais-je m’inquiéter d’être ta prisonnière ?
Je n’entends que les mots que prononce ta bouche
Je ne décide rien, je gis tout contre toi
Et de ma vie entière je n’espère que ça.
Je hais la liberté et ne veux que ta voix
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

C’est un poème vif, de luxure et de sang
Qui parle de l’amour tel que les corps le font
Ma peau encore striée de tes marques au cuir
Frissonne d’envie : la muse, elle, est intacte.
Le feu de ton fouet, éternelle brûlure.
Mon ventre se noue enfin, tu déclames tout bas.

 

Légère

Tu es papillon, tu es jasmin,

Ton nom tinte dans le vent.

Lin Fo-Eul (poète taïwanais)

 

/ Ecouter Légère partout /

Je suis légère.
Tu souffles et je m’envole.
Et puis je suis perdue, affolée, en tous sens. Je me cogne aux murs et à tout ce qui pique.
Tu dis que je dois changer, et devenir plus lourde.
Ne plus être bouleversée à la moindre brise qui passe.
Ne plus suivre toute entière la première chose qui accroche.

Je n’ai qu’un seul moyen de ne pas faire naufrage, c’est arrimer ma barque.
Bien sûr, ceux qui acceptent l’embarcation perdue sont souvent sans scrupule et profitent de l’aubaine. Ils utilisent le rade, et quand il a pris l’eau, fendu de toutes parts, ils l’abandonnent en mer. Tu m’as connue ainsi et tu veux que je change. Tu crois que de trois planches je deviendrai cargo.

Je suis légère et c’est aussi ma force.
Je me faufile partout et me pose en tout lieu. Tant pis si ça fait mal, car je n’ai pas d’armure. Moi, j’ai vu. Je ne reste pas là, comme une statue décente, à vivre correctement en attendant la mort. Je me trompe sans cesse, je prends mille et un coups, je repars en morceaux, recommence, et cherche. J’ai connu plusieurs terres, même les plus dangereuses. J’ai fui des ennemis qui m’ont presque tuée. Et je suis là.

Aujourd’hui face à toi, je te dis « prends ma main ».
Et toi tout occupé à vivre correctement, tu me dis « vis pour toi ».
Je ne sais pas faire cela, je suis inconséquente et mon voyage se fait soit en virevoltant prise dans des vents contraires, soit tenue fermement.
Je te demande ta main.
Et ton corps. Pour me coucher près de toi, et cesser de voler.
Je suis fatiguée. J’ai besoin de ta main qui s’ouvre, et me prend.

Mais tu me dis « sois forte ».

De la muse alanguie

Le lit blanc est immense, aux craquements soyeux
Je suis nue près de toi qui es encore vêtu
Couchée contre ton flanc, ta chaleur me recouvre
Ta main de mes cheveux s’égare dans mon dos
Tes doigts, chemins légers ou sillons qui me griffent…

Le front contre ta cuisse, mes yeux ne regardent plus
Tu lis Apollinaire, et tu le lis pour moi.

Le timbre de ta voix dans mon sang coule encore.
Et je respire à peine, tu déclames tout bas.
Mon corps entier écoute, mon ventre t’appartient.

C’est un poème vif, de luxure et de sang
Ta voix est douce et grave, tu déclames tout bas

Mon ventre t’appartient, tu déclames tout bas.

Chez nous

Tu m’as plus mise à nue qu’aucun amant, jamais.

Et pourtant, c’était peu.
Et ma vie a changé.

Le besoin de nous voir était si impérieux que nous avons simulé un rendez-vous professionnel. Tu arrives après moi, superbe. Pantalon blanc, sourire… tu me tends la main. Timide, robe fleurie, je suis perchée sur des talons qui me rendent maladroite. Je serre ta main en rougissant. Je te désire déjà.
Ce matin nous avons échangé les mots et les images d’amour les plus crus, les plus organiques, que nous n’avions jamais échangés. J’ai vu ta main aimée s’agiter sur ton membre, ton visage se tordre d’un plaisir surhumain, tu as crié mon nom et dans un long râle rauque, tu as giclé ; j’ai tout vu, tu filmais pour moi, tout près.
Bouche ouverte devant mon écran, langue malgré moi tirée, je voulais boire ton sperme et puis lécher tes doigts. A mon tour j’ai filmé, murmurant mon désir, ton prénom, robe relevée dans l’urgence et main dans la culotte. Tu as vu mes yeux clos, mes paroles psalmodiées « je te veux, prends-moi comme je t’aime » et mon dos se cambrer sur un cri de jouissance, agrippée à ma fente brûlante.

Pour la première fois nous serons, dans un instant, seuls.
Je suis encore mouillée de toi, orgasme dans la gorge.
Nous entrons, tu refermes la porte.
Ce n’est pas notre premier baiser.
Nos lèvres se sont touchées, un jour, sur un parking.
Nous devions nous quitter sans savoir si nous nous reverrions. C’était l’hiver, je suis tombée dans tes bras, manteau contre manteau, écharpe contre écharpe.
Tu murmurais dans mes cheveux « tu prendras soin de toi, promets-moi de prendre soin de toi », j’inspirais ton parfum pour ne pas l’oublier. Nos lèvres se sont frôlées, dis-moi si je me trompe.
Aujourd’hui nous nous sommes interdit de faire l’amour. Ce serait trop facile, une étreinte volée. Mais s’embrasser est évident. Nos bouches se rejoignent et nos langues se trouvent.
J’aime comme tu me tiens, tu m’entoures, me protèges. Ce baiser me dit « viens, je suis là, viens, tu comptes tant pour moi ».

Nous sommes près d’une fenêtre, on peut encore nous voir. Alors tu prends ma main :

– Je veux te montrer quelque chose.

Désarmant d’impudeur, dans un petit couloir, tu retires ton polo.
– Regarde. Ce sont mes tatouages, tu voulais les toucher.
J’ose à peine. Les motifs me sont chers, ils m’émeuvent, tellement ils te racontent.
Je vois aussi ta peau, fine et claire. Je veux égaliser et sans hésitation, je retire ma robe. Tu sembles émerveillé, ou alors je me flatte ?
– Tourne-toi, je veux voir tes dessins.
Je devrais être gênée, c’est tout de même incongru. Pourtant, je me sens bien, tournant comme une danseuse, en lingerie, devant toi.
J’ose même te dire que je veux qu’on se couche.
Tu me désignes un lit et comme de vieux amants, nous nous allongeons chacun de son côté.
Je pose ma tête sur ta poitrine, tu n’oses pas me toucher. Moi, je caresse ton cou, ton coeur, ton ventre, en t’embrassant partout. En dessous de ta ceinture, je ne regarde pas et encore moins ne touche.
Puis je m’écarte et m’allonge sur le dos. C’est une invitation. Tu viens sur moi.
– Hélène, puis-je embrasser tes seins ? Je voudrais les goûter.

J’acquiesce en tremblant et te regarde faire.
Entre deux doigts légers, comme un conservateur dévoilerait un trésor, tu écartes la dentelle qui voile mon téton et le prends dans ta bouche. Tu le lèches, à petits coups de langue, le serres entre tes lèvres, lèches encore, suces, reviens.
Je relève ma tête pour te voir, ne rien perdre du spectacle de tes lèvres sur moi. Tu me regardes aussi, sans cesser de lécher. Un brûlant bourdonnement s’élève dans mon ventre et tourne dans ma tête.
Tu reposes la dentelle, réajustes soigneusement le fin tissu qui voile mon téton et viens vers l’autre sein. Je pose ma main sur ta tête, caresse ta nuque et m’abandonne au plaisir de ta bouche qui me goûte.
Tu rhabilles mon sein et regardes mon ventre. Mon sexe coule sans aucune retenue et tu observes le nectar qui perle à travers la dentelle.
– Hélène, merci de ce désir.

Si tu n’avais pas mis ta main sur ma culotte c’est moi qui l’aurais fait. Je suis ouverte, indécente, offerte.
D’un doigt, d’un seul doigt et juste de la pulpe, tu te poses sur moi, recueillant ma cyprine et remontes ma fente. Tu t’arrêtes à l’endroit précis et presses mon clitoris. Un cri se serre dans ma gorge : continue, ne t’arrête pas, encore, encore, je t’en prie. Tu restes calme et masses à travers ma culotte le dôme de mon pubis.
Je relève les bras au-dessus de ma tête, je veux être à toi, que tu saches que je me suis donnée. Quelques secondes après, je jouis en retenant mon cri.

Il est déjà temps de partir.
Assise sur une marche, je te regarde fermer les volets de la maison bénie qui nous a abrités.
– Tu es beau…
Tu avances et t’arrêtes face à moi. Je me lève et nous nous étreignons, plus collés que jamais, souffles courts. Nos bassins dansent ensemble, tu bandes tellement ! Je caresse la toile de ton pantalon et découvre la forme de ton sexe pour la première fois. Qu’il est beau, fort et mâle !
Je ne t’embrasse plus mais te mange, ou bien te lèche, en tenant ta queue. Tu comprends.
– Tu la veux dans ta bouche ?
Oh oui…! Je m’accroupis, ouvre ta ceinture, ton pantalon et délivre ton membre, que je prends et respire.
Enfin, te voilà… Sais-tu comme je t’aime ?
Je passe ma langue sur la hampe, doucement, tout autour. Je dépose ma salive sur toi, je prépare mon terrain, je te mouille. Puis je viens au gland que je lèche aussi, jusqu’à ouvrir mes lèvres et l’accueillir dans ma bouche. Je t’entends gémir « oui… » et je lève les yeux. Tu me regardes avec avidité. Alors j’enfonce lentement ta queue entre mes lèvres et te prends tout entier. Tu pousses tes hanches vers moi et un grognement.
Une main sur tes fesses, je t’encourage, oui, enfonce-toi dans ma bouche, balance ton bassin comme si tu me baisais. Tu le fais lentement, deux ou trois va-et-vient. Et puis je m’enhardis, j’ai envie que tu gicles et je te suce plus vigoureusement.
Mais tu ne veux pas jouir.
Tu retires ton sexe, le soustrais à ma bouche et refermes ton pantalon.
J’ai à peine le temps de me sentir vide de toi que tu te penches et viens embrasser ma bouche avec autant de fièvre que je te prenais la seconde d’avant. Tu me relèves et nous nous sourions, irradiés de bonheur.
En sortant de cette maison, j’ai quinze ans, je suis pucelle, tu viens de me toucher pour la première fois et tu n’as pris de moi que ce que je veux donner.

C’est une mue, Anders.
Tu m’as remise à neuf.