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Vacances en soumission : mon interview !

J’ai été interviewée par Christophe Siébert pour le blog de Mes histoires porno.

A lire ici, ou là-bas, comme vous voulez !

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« Camille Sorel sait écrire. Ses personnages sont palpables, on avance avec Hélène dans sa découverte du BDSM. Et les scènes de cul sont excitantes, notamment les scènes lesbiennes entre Mel et Hélène où le désir se transmet au fil des mots au lecteur, le contamine et l’entraîne irrémédiablement vers une excitation indéniable ! »

« Quand je vous aurai dit que la plume de l’écrivaine est à la hauteur de la beauté de ses héroïnes et de son talent de conteuse, je n’aurai plus qu’à espérer que Camille Sorel ajoute rapindement une suite à ces palpitantes aventures. »

« Des mots crus de vérité sans jamais être vulgaire. Ici les mots ont leur portée… Après avoir lu Vacances en soumission vous ne pourrez plus voir de la même manière le BDSM. »

« Un amour tendre et cru, hors des limites convenues. le style est vif, sans fioritures. Métaphores et euphémismes n’existent pas dans l’écriture de Camille Sorel. Et les scènes les plus scabreuses son exposées dans leur totale impudeur. »

« Ce récit est superbement écrit et malgré le sujet aucune vulgarité. »

« Écrit avec crudité et tendresse, ce roman ne vous laissera pas indemne. »

Que ce soit sur le site de Charlie LiveShow (cliquez pour lire l’intégralité de sa critique et écouter son sensuel podcast) sur Babelio (cliquez ici pour lire toutes les critiques des lecteurs) ou sur Amazon (cliquez ici pour lire les avis) où il est quatrième des ventes dans la catégorie e-book porno, Vacances en soumission, sixième titre de la collection Les Nouveaux Interdits, rencontre son public et ça nous fait très, très plaisir ! Parce que ce roman à ne pas mettre entre toutes les mains le mérite ! 

Alors, pour fêter ça, nous avons demandé à l’autrice de répondre à quelques questions… forcément indiscrètes.

— Bonjour Camille, peux-tu nous résumer en quelques mots l’intrigue de ton livre, et les sujets que tu as voulu traiter ?

Vacances en soumission raconte l’aventure sexuelle inattendue d’une jeune femme, Hélène, de retour au village de son enfance pour quelques semaines de vacances. Elle retrouve Mel, son amie d’adolescence, qui fut aussi son amante. Les deux femmes se désirent toujours autant. Mel confie à Hélène qu’elle mène avec son mari une vie de soumise et lui explique ce qu’implique sa condition.

Hélène est partagée entre effroi et excitation. Quand les circonstances l’amènent à choisir d’être initiée à la soumission sexuelle, elle n’hésite pourtant pas.

J’ai voulu montrer une réalité sado-masochiste sans la voiler de romantisme ou l’alourdir de clichés. Les personnages sont juste des humains, pas des stéréotypes. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, leurs mochetés et leurs qualités humaines. Je trouvais important de raconter de façon réaliste, voire crue, ce que pouvait impliquer une relation BDSM sans me poser en juge du récit. Ni héros, ni bourreau, ni victime dans mon roman. Juste des gens qui vivent une sexualité intense et assez marginale.

— Je sais que tu as hésité à écrire, à partir de ce sujet qui te tenait à cœur, un roman porno ou un roman de littérature générale. Pourquoi ce choix d’écrire un roman porno ?

D’abord, pour bosser avec toi ! Je voulais, pour ce premier roman, un véritable accompagnement éditorial. Je manquais de confiance en moi et tout au long de l’écriture de Vacances en soumission, tu étais présent pour me rassurer et me conseiller. Cela n’a pas de prix quand on se lance dans un premier grand texte.

Ensuite, j’ai senti que si je choisissais de faire ce récit en éludant la partie purement sexuelle, il n’en resterait que la description d’une double emprise. J’aurais pu tomber dans le jugement voire la dénonciation de pratiques dangereuses. Je préfère m’effacer derrière mes personnages et simplement dire : « Voilà, ça peut se passer comme ça ».

Et pour finir, même si une relation BDSM est bien plus que du sexe, il en est tout de même, en général, un moteur puissant. Le contourner aurait signifié de faire le choix de gommer une grande part du sujet. J’ai préféré être explicite.

— Qu’est-ce qui selon toi caractérise un bon roman porno ? Et une bonne scène de cul ?

C’est affaire de goût bien sûr ! Mais de manière générale, je dirais « moins de mots, plus de faits ». Je n’aime pas lire les récits érotiques dans lesquels l’auteur fait la roue. Impossible de se concentrer sur la scène de cul, car il semble qu’il – ou elle – nous tape sur l’épaule en disant « Eh, t’as vu ? J’écris bien, hein ? ». Les phrases alambiquées, les métaphores raffinées… je n’aime pas.

J’aime quand ça parle de cul comme le cul se passe. La littérature permet ce fantasme fou : être là, pour voir, en vrai ce qui arrive, pas des comédiens qui jouent. Pour obtenir cette vérité et la réalisation de ce fantasme, il faut qu’on nous parle vrai. Et ce n’est pas une faiblesse de le faire, en tant qu’auteur, au contraire. C’est difficile de s’effacer, j’en sais quelque chose !

— Ton roman parle de l’univers BDSM d’une manière plutôt réaliste et sans concession, ce qui est assez original et inhabituel. Comment penses-tu qu’il sera reçu par les gens de ce milieu ? Et par les lecteurs qui n’en font pas partie ?

En écrivant, je n’ai songé qu’à mon histoire, celle que j’avais à raconter. Avec le recul, je me dis qu’elle pourra être mal perçue si elle est lue comme un manifeste. Je ne dénonce rien, je n’accuse personne : je raconte l’histoire de deux femmes et un homme qui vivent des moments sexuels intenses pendant quelques jours.

Peut-être que certains préfèreront voir un « Maître » très classe, une soumise un peu conne et une novice enthousiaste… hélas, dans Vacances en soumission, les personnages sont juste les plus réels possible. J’espère que la communauté BSM accueillera mon roman pour ce qu’il est : une simple fiction.

Les lecteurs qui ne font pas partie du monde BDSM risquent d’être un peu déçus s’ils s’attendent à l’élégance feutrée des nuances à succès. Quoique l’ambiance du petit village vigneron en bord de Méditerranée aie un sacré charme, je trouve…

— Tu as toi-même beaucoup fréquenté ce milieu et, bien que ce roman soit une fiction et pas un témoignage, j’imagine que tu as, pour l’écrire, puisé dans ton expérience personnelle. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Bien sûr, j’ai puisé dans ce que j’ai vécu en tant que soumise. Mais aussi dans ce que j’ai vu et lu. Pendant toute cette période de ma vie, j’ai mémorisé avec minutie des tas de choses. Les mots d’une domina, le geste d’un Maître, le regard effronté d’une soumise, le masochisme d’un soumis… J’ai tout enregistré… et ça s’est mélangé pour faire le terreau dans lequel Vacances en soumission a germé.

— Camille Sorel est un pseudonyme. Pourquoi ne pas avoir publié ce livre sous ton vrai nom ? Et pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?

Je suis mère de deux fils que je veux préserver, comme tout parent, de ma vie sexuelle. Ils savent que j’écris de l’érotisme, ils connaissent mon pseudo, mais sont libre d’en garder le secret. C’est leur choix.

J’ai choisi Sorel pour Agnès, la maîtresse du roi devenue reine. Elle me rappelle de ne pas m’effacer ni renoncer. Quant à Camille, j’aime que ce soit un prénom androgyne, parce que le genre, c’est une notion bien floue à mes yeux.

— Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

J’écris un deuxième roman. L’héroïne en sera une prostituée et le sujet ne sera pas son travail mais la femme qu’elle est. J’aimerais montrer une travailleuse du sexe comme une boulangère : c’est une personne qui travaille, qui a un job utile, apporte sa part à la société. Parfois elle a des clients chouettes, parfois ce sont des cons, parfois elle fait ses heures en attendant la quille.

Le vrai sujet ce sera son mental, qui a été abimé par de violents traumatismes. J’ai vraiment envie de décoder le système du stress post traumatique et de la dissociation mentale. Donc pour l’instant, ce n’est pas un roman porno. Affaire à suivre… !

J’enregistre en ce moment un nouveau feat. avec VAPA. Ce sera un morceau positif, encourageant, énergisant !

Et sinon, je voudrais surtout que le rêve continue : la publication de Vacances en soumission est à plus d’un titre une immense joie ! C’est un livre vraiment très important pour moi et je suis fière de l’avoir mené au bout.

Pour le lire le début de Vacances en soumission : https://www.meshistoiresporno.com/produit/vacances-en-soumission/

Un grand merci à Christophe Siébert pour cette interview !

VAPA : l’interview dancefloor, en conscience

1- La base : ça veut dire quoi, VAPA, et ça vient d’où ?

VAPA est l’acronyme de Vous n’avez pas d’avis. Cette phrase est tirée d’une intervention de Coluche devant de jeunes étudiants (pour les curieux, vidéo ici). De là naît mon premier titre – VAPA01.


2- C’est toi sur les photos de ton compte Instagram ? Pourquoi tu caches ton visage ?

Oui c’est bien moi et j’ai commencé à cacher mon visage au début car j’avais du mal à assumer mon projet. Je viens de milieu rock/metal et il m’a fallu du temps pour appréhender ce nouveau monde électronique. Ça me paraissait plus facile de démarrer anonyme. J’aimais aussi ce côté VAPA c’est personne mais c’est tout le monde. Tout le monde doit se sentir touché par les thèmes abordés. Je pense me dévoiler petit à petit à l’avenir. Je n’avais d’ailleurs pas de masque lors de mon 1er live à Nantes.


3- Ici, on te connaît dans ton costume de musicien d’électro. Tu as d’autres cordes à ta harpe (ou guitare, ou basse, ou ukulélé) ?

J’ai commencé la musique assez tardivement vers l’âge de 17/18 ans par la guitare électrique. Mon père en avait une au grenier qui attendait sagement. Je me suis lancé et au fur et à mesure des rencontres, tu crées un groupe puis des groupes – tu fais des concerts puis des tournées et bim tu connais bien ton instrument. A côté de ça, je touche un peu à la basse et à la flûte à bec qui ne me sert jamais… (rires)


4- Tu définis ton style comme electropunchline ou dancefloor conscient. Tu nous expliques ?

Les petits bout de phrases ajoutés doivent autant retournés ton cerveau que la musique en elle-même. On se rassemble, on fait la fête, on vit le moment et on pense à demain d’une façon optimiste.


5- Tu collabores parfois avec CROSS. C’est qui ? Tu nous les présentes ?

C’est une rencontre très importante dans mon projet. Je l’ai rencontré par hasard dans un bar sur Cologne un soir de match de foot et on a tout de suite accroché. On a commencé à faire de la musique pour rigoler. Après quelques idées enregistrées, on s’est dit que ce serait bien de pousser le délire un peu plus loin. On a sorti 3 titres pour le moment (à découvrir ici) et un 4ème arrivera dans l’été. Il paraît même qu’on prépare une collaboration avec Camille Sorel, vous connaissez ? En tout cas c’est un super producteur et DJ qui m’a beaucoup appris. Allez le suivre (son insta) et son collectif Pelika Noir, il vous prépare de nombreuses tracks techno/tech house pour vos soirées folles.


6- Tu as concrétisé ton projet de live. Alors ? C’était comment ?

C’est passé très vite mais super souvenir ! Il y avait la plupart de mes ami-e-s et c’est la première fois que j’entendais mes sons aussi forts. Grosse ambiance !!! J’ouvrais la soirée pour le collectif allemand Pelika Noir justement qui assurait la soirée jusqu’au bout de la nuit. Avec mon équipe, on se prépare à fond pour les prochains concerts et j’ai vraiment hâte genre vraiment !


7- Tu as réalisé un clip superbe pour Erreurs acceptées. Du cinéma, du vrai ! Récemment, grâce à un projet Ulule, tu as obtenu le financement pour réaliser un nouveau clip. Tu peux nous parler de ce projet ?

L’idée de ce Ulule était de voir plus loin pour ce second clip en se professionnalisant  (payer les gens et tout). Il sera aussi réalisé par Baptiste Chevalier qui a fait un superbe taf sur Erreurs Acceptées. Je vous invite à découvrir ce clip d’ailleurs ici https://youtu.be/l30F27EHpF0

Le tournage du prochain clip a été perturbé par le corona et il devrait être tourné à la rentrée. Croisons les doigts pour que tout se passe bien. Côté musique, le titre a bien avancé et j’espère vous surprendre à nouveau !


8- Notre collaboration est à chaque fois une grande joie. Je te remercie infiniment ! Quelles ont été les réactions de ton entourage quand tu as composé sur mes textes érotiques ?

De même, c’est toujours de la pure création ce qui me rend très heureux aussi. L’entourage a été très surpris mais ils ont été impressionné par le concept aussi. Ils ont pris plaisir à découvrir tant le projet Camille Sorel que les VAPA feat. Camille Sorel. J’ai même eu une remarque pertinente de Baptiste qui disait que tes chansons seraient beaucoup plus utiles dans les écoles que les cours d’éducation sexuelle. Une idée à creuser ?


9- Tu peux nous parler d’Envol captif, ton nouveau titre ? Quelle fut la source de ton inspiration ?

Comme souvent, je l’ai composé lors d’un voyage en train. Je revenais d’Amsterdam où je venais de passer une semaine (nouvel an tout ça tout ça) et cette idée de voix est la première chose qui est apparue. Mon oreille a tout de suite accroché. La compo et l’arrangement étaient quasi terminés à la fin du voyage. Je n’ai pas mis de voix mais ce morceau en avait pas besoin. Il est question ici de lâcher prise et de laisser parler son intérieur.

J’ai mis beaucoup de temps à le terminer mais la période du corona m’a permis de le finaliser et de travailler avec Perrine Drouillet pour la réalisation d’un clip animé (à voir ici). Je suis très fier du résultat. Elle a fait un sacré taf qui unit vraiment la musique et l’image.


10- Et pour finir, notre prochaine collab, en cours de création : tu veux bien la présenter ?

Oui avec grand plaisir !!! Pour la première fois, on invite une autre personne à la création. Ce sera un Cross, VAPA feat. Camille Sorel. La chanson sera une techno/electronica accompagnée de ta douce voix qui viendra guider les auditeurs vers le dancefloor conscient.


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Tschüss


V AP A

Stéphane Rose : j’ai osé l’interview !

Stéphane Rose est le directeur de la collection Osez 20 histoires de sexe à la Musardine. C’est classe, mais c’est juste une des nombreuses facettes de cet auteur prolifique. De la littérature de jeunesse au Guide des emmerdeurs, des cons et des importuns en passant – c’est une constante – par la pornographie, il est auteur (ou co-auteur) d’une vingtaine d’ouvrages.

LA REVUE DE PRESSE RENTREE 2017
Cet homme, vous l’avez déjà deviné, a décidé de prendre la vie du côté réjouissant. Il a donc écopé, entre autres, de l’étiquette « humoriste ». Il n’est rien de moins que fondateur des Gérard (du cinéma, de la politique et de la télévision) et chroniqueur dans diverses émissions sur Paris Première, RTL, Europe 1. Notez également que si Canteloup ou Laurent Gerra vous ont fait hurler de rire, c’était peut-être grâce à une vanne écrite par Stéphane, qui fut de leurs auteurs.
Alors voilà, je ne me la pète pas (si), mais Stéphane Rose vient de sélectionner pour la troisième fois une de mes nouvelles pour le futur Osez 20 histoires de sexe inavouable. Je me devais de vous présenter ce directeur de collection au goût si sûr. Il a accepté de répondre à quelques questions et je l’en remercie ! (Je demande d’avance pardon pour la première question. C’est mon côté « impulsive sexuelle » qui a pris le dessus.)

Tu connais Stéphane Bern ???!!! C’est mon héros, mon impossible amour ! Est-ce qu’il sent bon ? Ses mains sont-elles douces ?

Je le vois chaque semaine à RTL dans les studios de l’émission « A la bonne heure », dans laquelle je raconte des conneries. Il sent bon, il est très soigné, ses mains sont impeccables, mais comme tu le dis dans ta question, il restera ton impossible amour, puisqu’il préfère les garçons. Encore que. Il aime aussi le patrimoine et les monuments en ruine, donc dans quelques décennies, tu auras toutes tes chances. Mais il va falloir prendre ton mal en patience.

Je me ressaisis. Dans l’émission de Stéphane Bern (soupir), tu incarnes le « service qualité » et réponds au courrier imaginaire d’auditeurs mécontents. Tu poursuis ce noble travail sur Paris Première dans la fameuse Revue de presse. Tes téléspectateurs fictifs sont devenus des personnages à part entière (Kimberley, Fatou de Chatou, Fuck-the-system…) As-tu reçu un courrier pour la collection « Osez 20 histoires de sexe » ?

Oui, il y a des questions récurrentes, du genre « Camille Sorel, c’est son vrai nom, ou c’est son pseudo ? Elle habite où ? Vous pouvez me mettre en contact avec elle ?» Mais évidemment je protège mes auteurs et n’y réponds pas (sauf si on joint un petit billet à la demande).
En 2010 tu as publié à la Musardine « Défense du poil – Contre la dictature de l’épilation intime » et aujourd’hui tous les hommes sont barbus. Tu es fier de toi ?

Je ne serai véritablement fier de moi que le jour où toutes les femmes auront cessé de s’épiler la chatte. Et quand ce jour viendra, j’écrirai « Eloge de l’épilation ».

Visiblement, tu es un homme à listes (Le grand livre des listes, Michalon, 2012). Tu peux lister ce qui te fait kiffer un texte érotique et/ou ce qui te fait le jeter illico à la poubelle ?

J’aime quand l’histoire est crédible, qu’on se dit qu’elle pourrait vraiment avoir eu lieu, ce qui implique presque obligatoirement de soigner la psychologie des personnages, d’expliquer un peu leur désir, de décrire ce qu’ils ressentent… Et donc je n’aime pas une nouvelle qui se contente d’enchaîner des actions sexuelles : machin fait ceci, machine fait cela, etc. 
J’aime les mots précis et crus, je n’aime pas les métaphores pseudo-poétiques. 
J’aime quand je suis surpris (et certaines personnes y arrivent toujours, même si ça fait dix ans que j’anime cette collection !).
Si tu veux en savoir savoir plus, j’avais écrit ce texte pour Brain Magazine, j’y réponds très précisément à ta question : Ecrire un bon texte érotique – Les 10 commandements de l’auteur débutant

Nous nous demandons tous comment poursuivre sans relâche nos bourdes sexuelles. Et justement tu as publié en 2012 Comment rater sa vie sexuelle ? à la Musardine. Tu es un expert ?

Je ne me souviens plus très bien de ce livre, que j’avais co-écrit avec Marc Dannam. A mon souvenir, il s’était occupé de l’aspect « rater » et moi de l’aspect « vie sexuelle ». Non je déconne, j’ai une belle collection de ratages, de rendez-vous foireux, de pannes d’érections et de sexe chiant, comme tout le monde. Mais je ne m’en soucie pas plus que ça, car j’ai vite compris qu’il fallait que le sexe soit souvent un peu chiant pour qu’il réussisse à être parfois merveilleux (non mais regarde un peu ce que tu me fais écrire).

En 2013 tu as publié (encore à la Musardine, excellente maison)  Misère-sexuelle.com : le livre noir des sites de rencontre. Force est de constater que ça a beau être toujours décevant, les gens continuent d’afficher leur misère et de s’évaluer mutuellement sur ces sites. Quel est ton principal argument pour arrêter ces conneries ?

J’ai quand même l’impression que les gens ont déserté les « sites de rencontres », genre Meetic et compagnie, au profit des appli comme Tinder ou Hppn. Et c’est normal. C’est gratuit, c’est spontané, ça va vite, on matche, on se rencontre, les choses se font ou pas, c’est moins fastidieux. Tant qu’on l’utilise comme ça, sans y investir trop d’attente ni trop d’espoir, les appli me paraissent être un bon outil.
Apprécier un bon vin et surtout, en parler, c’est un ticket d’entrée vers la mondanité. Comment entrer en hautes sphères ? Une nouvelle fois tu nous sauves la mise avec l’indispensable Antiguide du vin et de la vinasse (J’ai lu, 2015). Quand je viendrai à Paris l’été prochain pour fêter la publication de mon premier roman au 122 rue du chemin Vert, quel pinard me proposeras-tu de boire avec toi et que devrai-je en dire d’un air entendu pour te faire marrer ? (Tu ne m’as pas proposé de boire un verre avec toi ? Damned. Disons que c’est un verre imaginaire, alors.)

Je préfère les vins du sud, tanniques, charpentés, les vins de la vallée du Rhône, les Languedoc, ce genre là. Mais je ne force personne à avoir mes goûts. Et si le but est de me faire rire, commande un rosé pamplemousse, ça devrait marcher.

Puisque tu es un habitué des urgences sexuelles (Les perles des urgences du sexe, Musardine, 2016), raconte-nous ta dernière visite pour un incident gênant. Aucune véracité n’est requise, naturellement.

La dernière fois que j’ai été hospitalisé, c’était pour l’appendicite, je devais avoir dix ou onze ans. Donc je sèche un peu sur cette question. Par contre j’ai connu d’excellentes urgences psychothérapeutiques, notamment ce jour où j’ai raconté à ma psy, un peu embarrassé, ce rêve que j’avais fait la veille, dans lequel je faisais pipi sur sa figure pendant qu’elle jouait à Tétris sur son portable.

J’aimerais bien être une star de la télévision littéraire. Comme tu es de bon conseil (Comment devenir une star de la télévision, J’ai lu, 2016), tu peux me dire ce que je dois faire pour être invitée chez Busnel ?

Rien. Tu ne peux rien faire. Pour être invitée chez Busnel, il faut un bon attaché de presse. Si l’attaché de presse est nul, même si ton livre est génial, tu n’iras pas chez Busnel. Moi par exemple, quand j’étais attaché de presse à la Musardine, je n’ai jamais casé aucun auteur chez Busnel.

Et enfin, s’il fallait décerner un Gérard de la meilleure intervention télévisée politique pendant la crise du Coronavirus, tu nominerais qui, et pourquoi ?

J’ai un faible pour Christophe Castaner. Depuis le début. C’est le type qui a le moins la gueule de l’emploi, et qui malgré tous ses efforts, ne l’aura jamais. Quoi qu’il fasse, il aura toujours cette tronche du mec qui sort d’une boite à cul à l’aube avec une haleine de vodka après avoir passé la nuit à renifler des lignes de coke sur le cul d’une stripteaseuse. Maintenir un type comme ça au ministère de l’intérieur, dans une situation de crise aigüe où le pays entier angoisse, quand on est sensible comme moi à l’écriture humoristique, ça tutoie le génie.

magueule

Je crois que j’ai dit cinq cent fois merci à Stéphane mais je le réécris ici : un grand merci à lui d’avoir joué le jeu des réponses à mes questions.

Je compte sur vous pour lire sa sélection dans Osez 20 histoires de sexe inavouables, à paraître prochainement. Je me suis laissée dire que c’était un grand cru…

 

Patience de Gier, interview d’un artiste

Patience de la main
Questions à Gier d’après le livre de Henri Guerin

J’ai connu virtuellement Gier sur Twitter. J’aime ses dessins de nus, ses grands animaux colorés et ses arbres ventés. Nous avons échangé amicalement au sujet de l’art, de la liberté… et tout naturellement, l’idée a germé : et s’il me dessinait ?

Camille1Gier

Camille.
Dessin à la pierre noire sur papier.
508X355 mm.
2019

Il l’a fait, et je lui suis immensément reconnaissante de m’avoir offert le dessin terminé.

Camille2Gier

Camille 2.
Technique mixte sur papier. (Technique sèche)
508X355 mm.
2019.

 

J’ai eu envie de provoquer une rencontre imaginaire entre deux artistes qui ont frappé mon cœur cette année. Henri Guérin, peintre, Maître-verrier, poète, dessinateur… (1929-2009) à l’œuvre extraordinaire, dont je viens de lire Patience de la main, livre dans lequel il détaille son expérience du dessin et délivre à travers elle un message intemporel sur l’acte de créer.

Pour découvrir l’œuvre du Maître-verrier (et pas que), c’est ici : CLIC

Camille – Henri Guérin écrit : « La pensée du peintre ne peut s’arrêter à l’intention. En passant à l’acte, il se risque à la sanction du visible. »
Quand t’es-tu confronté à la sanction du visible pour la première fois ?

Gier – Que faut-il entendre par « sanction du visible » ? S’il faut comprendre par là que durant le passage du tableau pensé, de l’image mentale au tableau peint, l’image réelle que je vois sur le papier (je ne peins quasiment que sur papier) il y a une rupture, une déperdition, c’est-à-dire le risque que ce que je mets sur le papier ne corresponde pas à ce que j’ai dans la tête, je vais répondre que ça ne m’est jamais arrivé. Ou que ça m’arrive tout le temps ! Mais ce n’est pas une sanction.
Je travaille en effet en me laissant porter par ce que dit le tableau, ce que disent les traits, les couleurs, les volumes et les matières. J’ai bien quelques idées au départ mais elles changent si souvent au grès du travail que le visible me sanctionne en permanence et depuis toujours. Mais on peut aussi considérer que, me laissant porter par l’énergie du moment, il n’y a pas de sanction ; Sauf quand ma technique ne me permet pas de réaliser ce que me dicte cette énergie ! Bon, là j’avoue que je suis très frustré et que ça m’énerve beaucoup. Mais c’est le sentiment d’incapacité qui me gêne. Pas le fait que l’image prévue n’est pas l’image réalisée.
Mais pour répondre clairement à ta question, dans la mesure où il y a peu d’intention, il y a fort peu de sanction. Puisque finalement, il n’y a quasiment pas d’image prévue.
Au moment où je peins, lorsque je constate que je suis éloigné des images mentales que je m’étais faite, je ne considère pas qu’il s’agisse d’une sanction, c’est la vérité du moment qui s’est exprimée. La seule qui compte à mes yeux.

Pinus Pinea. 37X46cm Crayons et fusain. Pencils and charcoal 2020

Camille – Henri Guérin écrit : « L’artiste est doué d’une intelligence intuitive ; celle-ci perd de son tranchant s’il ne l’aiguise constamment à la meule d’une pratique assidue. »
Est-ce que tu pratiques quotidiennement ? De quoi as-tu besoin pour peindre ou dessiner (silence, solitude, musique, ébriété… ?)

Gier – J’essaye de pratiquer quotidiennement. Comme je travaille, je n’ai pas toujours le loisir de peindre comme je veux. C’est pour cela que j’ai toujours deux ou trois tableaux en chantier. Cela me permet d’avoir toujours quelque chose à faire sur un tableau ou sur un autre. En particulier du dessin, car la mise en œuvre est simple, il n’y a pas besoin de nettoyer, de sorte que lorsque j’ai très peu de temps, je peux donner quelques coups de crayon (de pastel ou autre technique sèche) sur un dessin ou un tableau.
Je dis toujours qu’une journée où j’ai pu dessiner ou peindre est une journée qui n’est pas perdue !
J’ai besoin de solitude, de tranquillité. Je peins dans le silence. La musique, c’est celle du bruit du crayon sur le papier ! Je n’ai besoin ni d’alcool ni de substance marocaine ou afghane ! Je me méfie de la dépendance et mon imagination et ce vers quoi me poussent les formes et les couleurs suffisent à ma créativité et à mon plaisir de peindre.

Les fumeuses – 50X36 cm Dessin et texte sur papier. 2020

Camille – Henri Guérin écrit « Chaque art a ses règles, nécessairement plus précises pour les arts d’interprétation, si l’on veut faire revivre hors du temps de la création la partition de musique, le livret de théâtre. »
Comment as-tu appris l’art du dessin ? Dans un cours, auprès d’un artiste ou bien seul ?

Gier – Globalement j’ai appris seul. Il m’est arrivé, très rarement, de suivre un cours ou deux. Actuellement, je pratique en atelier de modèle vivant. Mais il n’y a pas de prof. Il m’arrive aussi de regarder des tutoriels sur Internet. Je regarde beaucoup les peintres, dessinateurs dans les salons, galerie… etc. et sur Internet.

Nu au crâne. 508X355 mm Crayon, fusain, pierre noire sur papier. 2019.

Camille – Henri Guérin écrit « Ces signes d’appel (…) frappent à votre cœur, et lui parlent. Ils vous murmurent, au milieu de mille propositions que vous négligez : « Je suis là, c’est moi, je suis fait pour toi, dessine-moi. »
Comment ressens-tu l’appel à dessiner un arbre, un rhinocéros ou le corps d’une femme ?

Gier – C’est une question difficile car je ne sais pas vraiment pourquoi telle ou telle chose appelle le crayon. Je sais qu’une femme est belle quand elle me donne envie de dessiner. Par exemple, vous, vous êtes belle !
J’aime les arbres tourmentés.
Les corps qui s’exposent sans fard, sans honte, sans provocation, le nu dans ce qu’il a de naturel, sensuel, suggestif ou érotique assumé, ou simplement élégant, délicat et raffiné (j’aime beaucoup les mouvements de mains par exemple), l’histoire que l’on peut imaginer à partir de la pose constituent le fond sur lequel je m’appuie pour peindre mes nus. Je trouve qu’il faut de l’audace et du courage pour poser nu, pour affronter le regard et s’affronter soi même sous le regard des autres. (Je l’ai fait) Cette simple idée me motive beaucoup.
Des grands animaux, je dirai que la puissance qu’ils dégagent appelle le dessin. La rapidité, le mouvement, la force tranquille. C’est ce qui m’attire.
Quand à l’abstraction à laquelle je m’initie dans la douleur (!), je suis très motivé par le défi que constitue pour moi qui aime tant le trait le fait de me lancer dans le non figuratif, ou du moins dans ce que je nomme abstraction réelle.
J’ajoute que le plaisir du dessin est exactement le même quelque soit le sujet sur lequel je travaille. Je n’ai ni plus ni moins de plaisir à travailler sur un arbre, un animal ou un nu.

Ceratotherium Simum. 65X50 cm Technique mixte sur papier. 2019.

Camille – Henri Guérin écrit : « Demeurez très attentifs à l’émotion des appels qui vous désignent votre parenté secrète. Sans elle, vous ne pouvez savoir qui vous êtes vraiment. C’est la lignée qui vous constitue. »
Au musée ou dans les livres, quelles œuvres t’attirent davantage que les autres ? Quelle est ta famille artistique ?

Ma famille artistique ? Non, mes familles artistiques !
Je trouve mon bonheur dans tous les styles de peinture. Du plus classique au plus contemporain, tout est susceptible de me plaire, de m’émouvoir, de me séduire. Je n’aime pas tout, mais dans tout, il y a quelque chose susceptible de m’attirer et de rentrer dans ma famille comme tu dis !
Les seules choses qui me laissent de marbre et n’ont aucune chance de m’attirer ou de rentrer dans ma parentèle sont les œuvres qui reposent exclusivement sur le concept, faites par des gens qui ne maîtrisent rien, aucune technique, ne savent ni peindre, ni dessiner, ni sculpter, ni façonner, ne savent « rien faire de leurs mains » (Comme l’a dit un très grand artiste contemporain français à mon fils… en parlant de lui !) mais sont rompus aux techniques de la communication, des mots pompeux, du verbiage inutile qui cachent derrière le verbe au mieux une nullité abyssale, au pire des escroqueries et une vanité sans borne.

Je me laisse volontiers porter par le trait. J’aime le trait, la belle courbe, la précision. Les ambiances aussi qui naissent des assemblages et des confrontations de couleurs et de matières, la puissance que peut dégager une œuvre sont autant d’éléments qui m’attirent et peuvent me retenir dans la contemplation. Les histoires et les mystères aussi, celles que raconte un tableau, ou celle que j’imagine à partir du tableau.

Portrait de la fille mystérieuse. 60X40 cm Technique mixte sur papier. 201?

Camille – « Le temps passé sur un dessin n’accroît pas forcément sa valeur. »
Quelle sont, parmi tes œuvres, celles qui ont le plus de valeur à tes yeux ?

Gier – Les nus pour lesquels ont posé des femmes que j’ai aimées.

Marie nue et ses ballerines rouges. 42X30 cm. Dessin sur papier. 2019. Modèle vivant.

Camille – « L’auteur et l’œuvre se détachent l’un de l’autre. Ils ne s’aiment plus. »
As-tu connu des crises dans ta relation à ton art ? Si oui, qu’ont-elles apporté ?

Gier – Oui, il y a eut une dizaine d’années, entre 30 / 40 ans durant laquelle j’ai très peu peins. C’est la rencontre avec une femme qui m’a redonné l’envie de dessiner, de créer. J’ai eu envie de la dessiner. Elle était particulièrement belle !

Baigneuse n°4. Une longue quête de soi 65X50 cm Technique mixte sur papier 2014

Camille – As-tu une règle qui guide ton art ?

Gier – Le plaisir ! Mais il y a une sorte de nécessité à peindre. Je ne sais pas laquelle. Il faut que je le fasse. Et parfois, c’est même douloureux, difficile et très fatiguant moralement. Je finis parfois très tard dans la nuit et dans un très grand état de fatigue. Parfois, l’acte de peindre est une sorte de combat dans lequel je ne prends pas de plaisir et où il peut même y avoir du déplaisir. Dans ce cas, je trouve de la satisfaction au résultat seul. J’ai un exemple précis. J’ai fais trois versions d’une pose proposée par une copine. Séléna (ces trois tableaux portent le nom de la modèle avec le n° d’ordre) La version dessinée au trait : pur moment de bonheur ! Mais le troisième, celui peint à l’acrylique et technique mixte, a été un vrai calvaire avant d’arriver à quelque chose qui me donne satisfaction. La règle du plaisir a bien été respectée dans les deux cas. Au moment de l’action avec le dessin, au moment du résultat avec la version peinte. Ou pour être exact, le plaisir a repris le dessus, quand j’ai eu la certitude que j’arriverai à un résultat satisfaisant. Donc, c’était plutôt sur la fin !
Le moment de la peinture ou du dessin, de l’action est stressant (la peur de rater ?), éprouvant. Mais il faut que je le fasse. Et après je suis tout content ! Sauf quand c’est raté. Ca peut me mettre en colère !

Défense de toucher. 50X38 cm Technique mixte sur papier.

Camille – Tu peux nous présenter trois de tes œuvres ? Leur titre, leur date, la technique employée et la raison de ton choix ?

Gier – Oui !

• Panthera Pardus 7. L’ombre de Fukushima. (La panthère sur fond rouge avec crâne).
o 60X80 cm.
o Technique mixte sur papier
o 2019.
o J’aime la pose, son mouvement, sa puissance, sa détermination, son élégance. Et l’alliance de matière crâne/ corps. Les couleurs qui évoquent la destruction et tout le mal que l’on fait à la planète. J’ai honte de l’état dans lequel je laisse la Terre à mes enfants (Car la faute est collective)

Panthera Pardus7

• Cuissardes. Tirée de la série Le sexe, c’est pas le pied, c’est les chaussures.
o 46X38 cm.
o Technique mixte sur papier
o 2012
o Je me suis régalé (On pourrait dire que j’ai pris mon pied !) à dessiner au crayon les bottes. Portées par une amie peintre qui n’a jamais posé que pour moi. Une femme peintre, un peu tourmentée. Très belle et très sensible. Dommage que je ne puisse pas indiquer son site.

Cuissardes8

• Selena 3 (Le nu à genoux de dos)
o 65X50 cm.
o Technique mixte sur papier
o 2019.
o J’aime le tombé nonchalant du bras sur la hanche, il dénote une sorte d’abandon qui me séduit. Elle est sûre d’elle dans cette pose vaguement érotique bien que son érotisme ne nous soit pas destiné. Refermée sur elle-même, tout en étant se dévoilant, elle reste dans son intériorité. C’est cette pose dont je parle plus haut et que j’ai dessiné trois fois.

Selena3

• Un jour on m’a fait du mal. (Le dessin)
o 510X355 mm.
o Dessins et texte sur papier
o 2019
o Texte : un jour on m’a fait du mal. Pour me reconstruire, il m’a fallut un procès. Ensuite, j’ai autorisé mon corps à prendre beaucoup de plaisir et à aller vers des situations extrêmes. Enfin, j’ai fait payer les hommes.
o Quand j’ai commencé ce dessin je ne savais pas que j’allais parler du viol. C’est par hasard, en cours de travail, que je suis tombé (sur Brut), sur l’interview d’une jeune femme qui parlait de son viol et de la manière dont elle s’en était sortie. Mais surtout, cela m’a renvoyé à deux conversations que j’avais eues avec deux amies qui avaient également été violées et qui m’avaient raconté des histoires relativement proches, bien que n’ayant pas eu recours à tout ce que le texte évoque, c’est une synthèse de ces trois confidences : L’importance du procès, l’hypersexualité, l’idée de faire payer les hommes (prostitution, ou se faire entretenir – quel mot horrible). Et, idée de reconstruction pour retrouver l’unité corps-esprit qui est matérialisée par la chaîne qui relie le bas du corps au haut.

UnjourMal2

Camille – Si la fée des artistes exauçait l’un de tes vœux, que lui demanderais-tu ?

De te rencontrer et de te dessiner !
Tu poserais nue sur une plage déserte encombrée d’arbres morts, de bois flotté et de rochers gigantesques. Il y aurait des cordes, des poses, des discussions, le bruit de la mer et du crayon sur le papier et des moments de calme et de sérénité à ne rien faire. Peut-être aurai-je l’audace de poser ma main sur toi. Et à la fin, il y aurait un beau tableau, dessin ou autre !
Sinon, je lui demanderai aussi d’arriver à créer ou trouver les conditions pour peindre davantage et développer ma créativité.

Camille – Merci, Gier. Faisons confiance aux Anges ! Je promets aux lecteurs que si tu réalises mon nu aux bois flottés, il sera publié ici.

Pour les lecteurs : Gier propose des reproductions de ses œuvres en tirages limités à des prix très abordables. Offrez-vous de l’art, votre vie sera plus belle.

Ses œuvres sont ici : CLIC !

Quelques questions à Christophe Siébert

Christophe Siébert est un auteur qui excelle dans les domaines de l’horreur, la pornographie ou la violence…
Il a fondé le collectif konsstrukt, qui réunit des écrivains, des plasticiens et des musiciens.
Son premier roman, J’ai peur, publié aux éditions de la Musardine est rapidement reconnu.
Il crée, en 2008, le fanzine L’Angoisse dans lequel il publiera une centaine d’auteurs. Onze numéros paraissent, d’abord dans une version numérique puis papier.
Entre 2009 et 2011 il publie aux éditions de la Musardine six romans pornographiques. Il dit souvent qu’Esparbec a été un maître pour lui.
Il a écrit – entre autres – Nuit noire et Paranoïa respectivement en 2011 et 2016. Les deux sont réédités en 2019 aux éditions Diable vauvert, réunis sous le titre Métaphysique de la Viande.

COUV SIÉBERT Métaphysique de la viande PL1-4

Christophe est animateur du site Meshistoiresporno appartenant à la Musardine. J’y ai publié quelques textes, c’est comme ça que nous nous sommes connus. Au printemps 2018, il a créé la collection Les Nouveaux interdits pour Media 1000, et j’ai la joie de faire partie de l’aventure !
Je suis de nature curieuse, et j’ai voulu découvrir l’univers littéraire de mon éditeur. Rien ne me destinait à ouvrir un jour Métaphysique de la viande, car j’ai l’horreur en horreur, j’aime pas les méchants, la puanteur me révulse et le porno ne m’excite que si tous les partenaires sont en vie.
But I did.
Et wow.
La claque littéraire de ma décennie de lecture.
A mes yeux, Nuit noire est un texte majeur.
J’en ai été très impressionnée, et comme je ne me sens pas capable d’en parler au bon niveau, j’ai choisi la solution la plus simple : j’ai demandé à Christophe de répondre à quelques questions pour nous aider à comprendre son processus de création, ses personnages, son rapport aux insectes et autres…
Merci infiniment à lui d’avoir pris le temps de me répondre alors qu’il est en pleine effervescence pour la sortie de son nouveau grand projet : un cycle romanesque de science-fiction noire dont le premier opus sortira le 14 mars 2020, c’est à dire demain.
Pour en savoir plus, allez visiter le site, vous ne serez pas déçus : Chroniques de Mertvecgorod 

 

COUV Images de la fin du monde PL1-4

 

Camille – Mais bon sang, Christophe, pourquoi écris-tu des horreurs pareilles ?!
(Nan, je déconne.)

Christophe – Haha ! Mais on peut aussi répondre sans déconner : j’écris des horreurs pareilles parce qu’il me semble que dans la société dans laquelle je vis c’est la meilleure – et la seule – chose à faire pour un auteur. Globalement, et même si le climat prérévolutionnaire dans lequel nous vivons ces temps-ci modifie un peu cette réalité, la plupart des gens ne vont au contact ni de la mort, ni de la violence, ni de la grande misère, ni du sang, ni de la folie. La plupart des gens se tiennent le plus éloignés possible des ténèbres et de l’enfer – et c’est très bien comme ça. Néanmoins beaucoup d’humains y vivent du matin au soir, dans les ténèbres ou en enfer, et il faut bien que quelqu’un parle d’eux. D’autre part ce sont dans les expériences extrêmes, celles qui t’emportent au bord du monde et dans des régions de toi-même que tu ne visites guère, que tu peux comprendre quelque chose aussi bien à la réalité qu’à toi-même. C’est pour ces deux raisons que j’écris les horreurs que j’écris.
Et c’est pas près de s’arranger avec le prochain, Images de la fin du monde (qui sort en mars au Diable vauvert) même si j’ai tenté d’enrober mes récits, toujours aussi sombres et violents, d’une forme plus humaniste et plus séduisante, ou disons plus contrastée.

Ça correspond à un calcul stratégique de ma part : Selby Jr. – lui et cinquante autres – est plus lu et mieux considéré que moi alors que ce qu’il raconte est dix fois pire, comment ça se fait ? Eh bien, sa langue est suffisamment puissante pour embarquer le lecteur dans son cauchemar sans le laisser sur le bord de la route, et c’est vers ça que je m’efforce de tendre. Mais ça correspond aussi à une évolution de mon rapport au monde. Je suis moins nihiliste – ou, plus exactement, moins fasciné par le nihilisme et j’éprouve le désir d’aller vers plus de complexité.

Camille – En quatrième de couverture, il est écrit en capitales : « pour public averti ». Si tu devais l’avertir toi-même, le public, tu lui dirais quoi ?

Christophe – Pas grand-chose. Cet avertissement est une nécessité légale. Mais pour ma part j’ai lu L’Exorciste quand j’étais en cinquième, découvert mes premiers films gore à peu près à la même période, c’est aussi le moment où j’ai mis la main sur les magazines de cul que planquaient mes parents dans leur chambre, j’avais douze-treize ans et je crois que pour moi c’était le bon moment de rencontrer tous ces trucs.
Et je suis persuadé par ailleurs que le fameux « pour public averti », ce sont les bouquins nullissimes du style Alexandre Jardin, qui te présentent une réalité fausse écrite dans une langue ni faite ni à faire, qui devraient en bénéficier. Qu’est-ce qui est le plus dangereux pour la jeunesse ? Des œuvres médiocres, connes et tièdes, ou des trucs qui vont secouer le lecteur dans tous les sens et lui montrer à quoi ça ressemble sous le tapis que les parents, les profs, les politiques et les débiles de la télé s’évertuent à ne surtout pas soulever ? Moi, je suis désolé, mais Jean d’Ormesson ou Yann Moix me foutent bien plus la trouille qu’Anteros.
La littérature feel-good, les conneries usinées industriellement et les biographies de stars me semblent à moi fort dommageables pour le cerveau – et l’âme, soyons grandiloquent – et ce sont les textes de Sébastien Gayraud, Luna Beretta, Clément Milian, Marlène Tissot, Irvine Welsh, John King et cent autres (dont Siébert, j’espère) qui en constituent l’antidote.

Camille – Qui est Anteros ? Existe-t-il en dehors de Nuit noire (au moins dans l’esprit de certains) ?

Christophe – Hahaha ! J’espère pas ! Quand j’ai conçu Anteros, j’avais besoin de créer une mythologie qui soit à la fois assez excitante pour tenir le lecteur en haleine et frapper son imagination, et assez conne et basique pour qu’il paraisse vraisemblable (si on retient la thèse qu’Anteros n’existe pas en-dehors de l’esprit perturbé du narrateur) que le héros de Nuit noire, con et fruste, ait pu l’inventer. Je suis donc parti de l’Arbre de Vie de la kabbale que j’ai simplement inversé de façon systématique. J’ai tout de même triché un peu en livrant assez de détails pour que puisse tenir l’ambiguïté fondamentale du livre : est-ce que c’est vrai ou pas ? (Au sens de : est-ce que nous lisons un roman fantastique ou un roman noir rationnel ?)
Il en résulte un truc qui doit un peu à Lovecraft, un peu à Barker et qui moi me rappelle surtout ma folle jeunesse, quand je faisais du jeu de rôle et maîtrisais des trucs tels que Kult.

Camille – Les insectes occupent une grande place dans Métaphysique de la viande. C’est visionnaire ? (Oui, j’avais besoin de poser cette question. Depuis Nuit Noire j’ai peur des punaises.)

Christophe – C’est surtout dans Paranoïa, le deuxième roman du recueil, qu’ils sont omniprésents. Leur apparition est fortement rythmée tout au long du roman, avec une accélération vers la fin, même si ce rythme que j’avais défini dès le début de ce projet est perturbé par le fait que le texte a été réduit, remonté, corrigé, etc. Ce qui fait que maintenant leur présence est tout aussi envahissante mais un peu plus chaotique – et, d’ailleurs, peu de lecteurs l’ont capté, mais les noms des personnages principaux de Paranoïa sont des noms d’insecte. C’est pas forcément très lisible (certains sont en anglais, d’autres en allemand, d’autres sont un peu malaxés au niveau de l’orthographe) mais c’est une blague qui m’amusait parce qu’elle constituait un hommage discret à Manchette, dont le travail sur le patronyme de ses personnages (qui, dans son cas, font souvent référence à des animaux et possèdent une fonction symbolique forte) m’a beaucoup influencé.
Quant à la raison qui m’a poussé à foutre des insectes partout, elle est bien entendu – comme tous les délires formels que je m’impose dans mes livres – justifiée par la narration. Je ne vais pas en donner l’explication ici pour ne pas spoiler les lecteurs, mais le texte fournit un certain nombres d’indices à ce sujet.

Camille – Métaphysique de la viande a obtenu le prix Sade 2019. Félicitations ! Quelle est ta plus grande fierté d’écrivain ?

Christophe – Ah, question difficile ! Je suis fier de moi quand je viens à bout d’une phrase ou d’un bouquin, parce que c’est jamais gagné, mais j’imagine que tu attends une réponse un peu plus générale. Disons que je suis assez fier de moi d’être écrivain selon la définition qu’en donne Stephen King : un type qui paie son loyer grâce aux phrases qu’il écrit.

Camille – As-tu de l’espoir en l’humanité ?

Christophe – Oh, non, ni espoir ni désespoir. L’humanité est une grande fille et va réussir à s’en sortir (ou à crever) sans mon aide.
L’humanité, je suis là pour l’observer et en tirer des trucs à raconter. Et à titre personnel je suis heureux de vivre dans ce présent-ci : je veux dire, les civilisations ont une durée de vie d’à peu près quinze à vingt siècles et pour un type dont le métier consiste à se poster devant sa fenêtre et observer ce qui se passe en bas, assister à la fin d’un monde est plutôt inespéré, non ?

Camille – Ma mère ne veut pas que je te fréquente et tu es mon boss aux Nouveaux Interdits. Que puis-je lui dire à Maman pour la rassurer ?

Donne-lui mon 06 et dis-lui que je suis un très bon cuisinier et un très bon confectionneur de cocktails. Elle vient quand elle veut.

Camille – (Rire) Merci, Christophe !

Christophe SIEBERT

Questions volées à Martine Roffinella

Martine Roffinella est une femme de lettres que j’admire beaucoup. Elle a publié une vingtaine d’ouvrages dans un singulier et talentueux éclectisme. J’ai d’abord lu Lesbian Cougar Story (La Musardine, 2019). J’en suis restée troublée et depuis les héroïnes ne me quittent pas. Leur histoire m’a marquée littéralement :  je pense à elles, me questionne encore, elle vivent désormais avec moi.

Avec Les hommes grillagés l’autrice jette un sort semblable. Nous entrons en prison avec elle et rencontrons des hommes qui s’installent dans notre coeur. Ces hommes incarcérés qu’elle rencontre dans le cadre d’un atelier d’écriture se questionnent avec elle sur la littérature, l’écriture, le monde tel qu’il est (pas vraiment enchanté) et la vie carcérale.

C’est un livre inclassable.
Parcourez la bibliographie de Martine Roffinella, piochez le titre qui vous accroche, et puis un autre. Vous verrez, ils ont un trait commun : ils vous étonneront.
J’ai volé dans Les hommes grillagés des questions que je pose à Martine.
Merci infiniment à elle de s’être prêtée à mon jeu de pillarde.

*****
– Tu écris page 8 : « Qu’est-ce que ça peut faire, ces regards ? ». Est-ce que ton rapport au regard d’autrui a évolué avec le temps ?

C’est une question difficile. Ma façon de « regarder » a certes évolué au fil du temps et des épreuves qui ont ponctué ma vie – notamment quand je me suis occupée, pendant de longues années, de ma mère lourdement handicapée. Les cinq années où j’ai mené ces ateliers d’écriture en maison d’arrêt (Laval ; Saint-Brieuc ; Vesoul) m’ont aussi appris, parfois de façon douloureuse, à ouvrir les yeux différemment. C’est-à-dire en étant « nettoyée », si je puis dire, des idées reçues et importées des parents ou de la société en général. La tendance au classement des événéments et des personnes dans l’une des deux catégories : Bon ou Mauvais, reste très présente dans notre culture. Pour dépasser ce manichéisme, il faut se dépouiller quasiment de tout l’héritage mental transmis – et reprendre un à un les thèmes principaux de l’existence afin de se forger un avis propre – ou pas d’avis du tout. Car nul n’est tenu d’avoir un avis sur tout. En bref : s’agissant des regards que je porte sur autrui, oui j’ai beaucoup évolué – et je m’efforce de ne pas porter de jugement. Car qui suis-je pour m’y risquer ? En revanche, pour ce qui concerne les regards que l’on porte sur moi, je pense n’avoir pas changé du tout : je reste cette enfant effrayée, voire terrifiée par l’opinion que les gens peuvent avoir de ma personne. Je compose seulement avec cette terreur… 
– Tu écris page 9 : « Serai-je la spectatrice de cette douleur ? ». On dit souvent qu’il n’y a pas d’art sans souffrance, ou que les gens heureux n’ont pas d’histoire. La souffrance des détenus que tu as côtoyés, à quel point t’a-elle traversée ?

La question posée ici est celle du voyeurisme. En tant qu’écrivaine, allais-je observer la souffrance et en faire un livre ? La réponse a très vite été : Non. Mais je m’en suis inquiétée (euphémisme) en pénétrant pour la première fois dans cette maison d’arrêt. Soit être témoin et me contenter de transmettre. Soit partager. Etre « dedans » avec les détenus, à savoir offrir mon écoute et aussi mon coeur. Les vies, souvent saccagées, des prisonniers m’ont en effet traversée. J’ai vacillé – mais le texte qu’ils écrivaient était là pour accueillir et contenir toutes nos émotions. Les leurs ; les miennes ; les nôtres. 
Quant au postulat qu’il n’y aurait « pas d’art sans souffrance », je ne suis pas compétente pour répondre. Jeune je clamais : « Le bonheur, quel ennui ! » Aujourd’hui, je me demande si justement, l’apogée de tout art n’est pas la quête insensée de la béatitude. A suivre…
– Tu écris page 27 : « C’est pas grave de ne pas connaître les codes, hein ? ». Les codes, c’est important pour toi ? Et ne pas les connaître ou ne pas les respecter, ça pose problème ?

Cette phrase est dite par les détenus eux-mêmes, au moment où un certain nombre d’entre eux veulent s’exclure de l’atelier parce qu’ils sont illettrés. Le groupe montre ici sa solidarité. Tout au long de l’atelier, une entraide  se manifestera, et ceux qui maîtrisaient les « codes » (sachant lire et écrire) aideront ceux qui n’avaient pas la connaissance de l’alphabet. A noter qu’à la suite de l’atelier, nombre de ces personnes illettrées ont exprimé le souhait d’apprendre à lire et à écrire. Les codes sont donc nécessaires pour pouvoir communiquer. Il faut les connaître pour pouvoir éventuellement les transgresser. Comme disait le sage Jean Klein : acquérir la connaissance pour pouvoir s’en passer.

 

– Tu écris page 33 : « Alors, on doit s’oublier soi-même pour écrire ? ». Ce n’est pas le contraire ? Ne faut-il pas chercher au plus profond de soi ?

Ce sont les détenus qui posent la question – et je leur réponds par l’image de l’alambic. Apprendre à cultiver puis à récolter nos fruits (qui incarnent l’imagination, la créativité, le réservoir d’émotions). Laisser macérer, et puis devenir un alambic. A l’autre bout de soi, coule soudain un nectar. L’oeuvre. Elle est donc à la fois nous (nos fruits) et le résultat d’une alchimie (autre que nous). Lors des ateliers, j’expliquais que selon moi, il ne fallait pas « s’oublier » pour écrire – mais bien plutôt se sublimer. Et ainsi, à partir d’un événement relevant du soi intime, créer un événement « capable d’émouvoir la terre entière ». 

 

– Tu écris page 42 : « Un regard juste ? C’est quoi ? ». C’est vrai, ça, c’est quoi ?

Je n’ai pas la prétention de le savoir. Je dirais que c’est un regard qui ne porte aucun jugement, qui n’est pas altéré par des images/idées toutes faites. Un regard prêt à la découverte et à la remise en question de soi. 
– Tu écris page 66 : « Ont-ils éveillé en eux une sorte de conscience « idéale », prête à défendre une noble cause mordicus ? ». Avec les Hommes grillagés, tu nous montres les humains qui palpitent derrière les murs de la prison. As-tu écrit un autre livre pour éveiller une part de conscience des lecteurs ? Lequel et pourquoi ?

Oui : « L’Impersonne ». Ce livre, qui a souvent été qualifié de récit « coup de poing », a voulu mettre à nu l’alcoolisme d’une femme – moi en l’occurrence. Le parti pris y est dérangeant, car ce n’est pas une plainte mais une traversée. Chacun.e en tirera sa propre déduction. Comme dans « Les hommes grillagés ». 

 

– Et enfin, tu écris page 88 : « J’aurais découvert leurs qualités en leur portant une oreille attentive ». C’est tout toi, ça. Qui t’a porté une oreille attentive pour faire de toi une écrivaine ?

Je ne sais pas. Ma première éditrice, Jane Sctrick, m’a permis d’exister dans le paysage littéraire, avec un premier livre qui fut un succès : « Elle ». 
Mais ce n’est pas le premier texte que j’ai écrit – et il m’a fallu beaucoup d’années (une éternité, en fait) pour publier les ouvrages qui me tenaient vraiment à coeur, et que d’aucuns jugeaient trop décalés, en avance sur leur temps, ou inadaptés au lectorat potentiel. Longtemps j’ai été cataloguée dans le registre des autrices « légères » publiant des romans « affriolants ». Cela m’a beaucoup affectée – et provoqué un silence de presque dix ans. Aujourd’hui, grâce notamment aux éditions François Bourin, qui vont publier en février 2020 un roman auquel je tiens beaucoup : « Conservez comme vous aimez », je suis pleine d’espoir quant à la possibilité qui me sera donnée de mener à bien la mission que je me suis fixée. Une littérature à la fois audacieuse, inventive et engagée. Défi difficile s’il en est ! 

 

Merci encore à Martine Roffinella.

Les hommes grillagés sont ici.