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Rompez encore (auteurs invités)

Faut qu’j’te dise mon amour mélancolique
Que bien que je sois total morgane de toi
Rien ne reste pourtant possible
Tu ronges mes jours et mon âme
Même si tu fais brûler ma flamme
Tes tristesses me consument

Tu as de la peine
Pas autant que moi
Pourtant si je t’aime
Tu sais qu’ça va pas

Nous fut une envolée d’étoiles filantes
Tes démons ont recouvert la joie
Tant que tu seras leur proie
Moi je reste loin de toi
Je dois protéger mon coeur
Tu dois guérir tes noirceurs

Tu as de la peine
Pas autant que moi
Pourtant si je t’aime
Tu sais qu’ça va

Tu m’as broyé mon amour de feu
Tu as explosé mes rêves tout bleus
Je sais que le noir me guette
Que parfois je t’y entraîne
Tu es ma source de joie
Et sans toi je ne sais pas

Oui j’ai de la peine
Encore plus que toi
Mais tellement je t’aime
Que je ne veux pas
Je ne veux pas te détruire
Ne veux pas te voir souffrir
Alors continue sans moi

Ssaara121

*****

Smoke gets in your eyes

C’est comme si mon cœur s’était brisé ; mon cerveau a implosé. L’oeil vitreux je marche hagard dans les rues de Paris. J’erre, ivre sans avoir bu. J’avance dans un brouillard épais pourtant en plein mois de juillet. Je me noie dans une ville dont je ne sais plus rien. Tout juste des lumières, des ombres, des reflets.

Mes larmes coulent. Je ne pourrais plus jamais fermer les yeux sans voir son corps emmêlé avec celui de cet homme. Lui qui grogne en coup de reins et elle qui gémit. Comme une scène d’accident de voiture ou les corps sont encastrés. Voilà c’est ça ! Je viens de vivre un accident, leurs corps imbriqués et moi carcasse pliée qui les entoure.

Mes tempes brulent comme si j’avais contracté une mauvaise fièvre. Des piétons me bousculent ou est-ce moi qui ne les vois plus ? Alors que j’écarquille les yeux. Je dois avoir une sale tête vu les regards que l’on me jette. Une vieille se tourne sur mon passage. Je marche jusqu’à m’épuiser. Puis, je m’effondre au pied d’un mur. Ce mur jusqu’à la fin de mes jours je l’éviterai. La tête dans les mains pour mille ans de désespoir.

Elle qui jouit et moi qui chute. Comme quand enfant au moment de m’endormir je chutais infiniment avant de sombrer dans la nuit. Voilà c’est une grande nuit éveillé qui s’ouvre devant moi. Je ne peux plus fermer les yeux sans voir ses mollets ballotter mollement sur ses épaules à lui. Spectacle d’abord incompréhensible avant que je me saisisse la bouche d’horreur.

Lui qui est-il ? Je n’en sais rien, si ce n’est qu’il est mon ange noir. C’est une forme, à l’œil interloqué en coin, qui a aspiré toute mon âme. Un diable aux fesses poilues. Arriverais-je un jour à refermer les yeux. Et même les yeux ouverts j’entends son cri à elle. Le cri qu’elle a poussé quand elle m’a aperçu. Strident. Aigu. Et ce geste, vain, de pudeur, de retrait. Paquet de chair humaine qui se dérobe sur les draps fripés de ce qui avait été notre lit…

J’ai encore dû courir, puis marcher vite, puis ralentir. Tête baissée, épaules rentrées. Accablé.

Et dans le premier café ou je suis entré, la musique de « smoke gets in your eyes » est venue mettre des mots sur ma peine.

Oui, mes larmes coulent comme si j’avais de la fumée dans les yeux.

Everybody knows

*****

Quelques jours que cette chanson me trotte dans la tête.
Pas envie, et pourtant elle est là en sourdine, elle tourne en mode repeat.
Pas envie d’essayer de comprendre pourquoi, mais ce cerveau n’en fait qu’à ma tête.

« mon cadavre à la mer »
Combien de fois ces dernières semaines j’ai pensé en finir. En finir de toi. Tes mots comme des poignards enrobés de velours, taillent mon amour propre depuis trop longtemps. Tu n’aimes pas les gens, les gens t’adorent, je les déteste. Alors que c’est toi que je devrais haïr. Si on t’ouvre les entrailles, y verrait-on la noirceur de ton âme. Sentirions-nous l’aigreur de ta putréfaction, depuis le temps que tu es mort à l’intérieur ? Je me le demande…

« tes pas ne laissent plus de traces à côté des miens »
En ont-ils déjà laissé ? Je n’étais bonne qu’à marcher dans les tiens. Ne pas prendre trop de place, ne pas te contredire.
Ce que je veux c’est de nouveau tracer mon propre chemin.
Sans tes pieds tu serais bien emmerdé. J’ai lu un bouquin un jour, un bâton et un bon maillet feraient l’affaire. La vibration du craquement de tes os serait une douce musique pour apaiser le bordel que tu as mis dans ma tête.

« tes lèvres sont le marbre
de la tombe de notre amour »
Et si je pouvais, j’en ferais des petits cailloux. Orner mon jardin de tes restes pour pouvoir marcher dessus tous les jours.

« ne te mouche pas dans ma robe »
Tu l’as déjà fait. Et toujours je t’ai pardonné. Cette fois ce sont de vraies larmes que je veux voir couler. Voir le crocodile se transformer en agneau qu’on emmène à l’abattoir. Tu as nourri ma haine trop longtemps, avec attention et persévérance. Elle veut sortir, je le sens. Un monstre qui va m’arracher la cage thoracique au passage.

« Mais je n’ai pas trouvé le courage
Par la fenêtre de me jeter »
Mais je n’ai pas trouvé le courage
De la fenêtre tu m’as jeté

“Mourir d’amour”

Noa