Archives pour la catégorie Histoires érotiques

Comme en gastronomie, il faut varier les goûts, et savoir épicer. Aucune limite ici, je teste, j’accommode et ne m’interdis rien, pourvu que ce soit bon.

Vide ton sac !

Un esclave délicieux qui porte ma culotte
Un Maître qui me hante autant que je le fuis
Une nuit au château où je me sens souillon
Un amour platonique et toujours occupé
Deux fistons adorés qui volent ma liberté
Des chats. Une maison sans chats n’est pas bien habitée.
Des avis divergents sur ma santé mentale
Une meilleure amie qui ne trahit jamais
Un jardin qui débute comme une meilleure vie
Le soleil qui revient avec ma joie de vivre
Et la mer qui me manque, sans sa force je faiblis

Un collier délaissé : qu’en faire, maintenant ?
Des cordes odorantes qui m’attirent toujours
Mes amis à distance, réellement aimés
Un ex petit ami qui me prend pour sa pute
L’estime que je gagne, je sais la mériter
Et devenir adulte quand mes cheveux blanchissent.

Projet Pierre Louÿs

Je copie sans vergogne ici la présentation du projet que vous pouvez lire sur le site du Projet Pierre Louÿs, car je ne saurais mieux dire en le paraphrasant :

« Dans les jeux littéraires que vous lirez ici, il est question de sexe. Une tradition des lettres françaises, entre autres, illustrée par Pierre Louÿs notamment qui en usa de deux manières : un érotisme mondain et élégant dans ses Chansons à Bilitis, un érotisme cinglant car parodie pornographique des manuels éducatifs de son époque avec le Manuel de civilités. Ses choix littéraires répondaient à un contexte religieux, littéraire et selon un public et une diffusion ancrés dans le XIXème siècle.

En ce qui concerne les auteurs réunis ici, il va de soi, mais c’est toujours mieux en l’explicitant, que de « petites filles » et « petits garçons » il n’est dans nos textes absolument pas question : tout personnage littéraire ici a été conçu, imaginé et écrit comme ayant plus de 18 ans et consentant(e).

Chaque auteur(e) s’est inspiré(e) du Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation de Pierre Louÿs pour écrire une nouvelle.

Bonne lecture.

Les illustrations du site et du 2ème cahier sont de Rita Renoir : https://www.instagram.com/ritarenoir/ 

 »

Je me suis inspirée du conseil suivant pour écrire Edmond en queue de pie :

Ne faites pas feuille de rose à vos domestiques. C’est un service que vous pouvez leur demander mais qu’il est plus convenable de ne pas leur rendre.

Cela excite votre curiosité ?

Je vous invite à télécharger le magnifique ouvrage du projet.

C’est un Ebook qui propose une version numérique, avec des lectures de la fantastique Charlie (son site intelligent, brûlant et généreux), des dessins de Rita Renoir (découvrez ses oeuvres délicieuses), une vidéo troublante de Philippe Guerrieri (il a fait deux films sur mes mots : vous êtes jaloux ?) sur un texte brillant de Fen’X (Baudelaire passe la main, Fen’X est dans la place)…

Vous lirez Camille Eellen, Nora Gaspard, JimiH, Popins, Marie Tropique

Et aussi Hécate, Pape Anoël, Cédric Pignat, Leeba Swilka, et Avant-Tureuse…

Les amis Dick Sainte Cécile et Martine Roffinella ont lu avec attention et aidé au projet : ils sont des auteurs formidables : cliquez sur leur nom pour les (re)découvrir.

Vous l’aurez compris : l’Ebook du Projet Pierre Louÿs est un très beau cadeau. On vous l’offre : enjoy !

Chez nous – Le film

Le talentueux Philippe Guerrieri m’a fait le cadeau de mettre en musique et images un de mes textes.

C’est incroyablement sensuel, le désir est palpable. Quelle alchimie !

Voici ce film, et juste après, le texte.

 

Tu m’as plus mise à nue qu’aucun amant, jamais.

Et pourtant, c’était peu.
Et ma vie a changé.

Le besoin de nous voir était si impérieux que nous nous retrouvons en lieu improvisé. Tu arrives après moi, et tu me tends la main. Perchée sur des talons qui me rendent maladroite, je te désire.

Ce matin nous avons échangé les mots et les images d’amour les plus crus et les plus organiques. J’ai vu ta main aimée s’agiter sur ton membre, ton visage se tordre d’un plaisir surhumain, tu as crié mon nom, et puis un râle rauque…
A mon tour j’ai filmé, murmurant mon désir, ton prénom, ma robe relevée, la main dans ma culotte. Tu as vu mes yeux clos, mes paroles psalmodiées et mon dos se cambrer sur un cri de jouissance.

Pour la première fois, dans un instant, nous serons seuls.
Je suis encore mouillée de toi, orgasme dans la gorge.
Nous entrons, tu refermes la porte.
Nos bouches se rejoignent et nos langues se trouvent.
J’aime comme tu me tiens, tu m’entoures, me protèges. Ce baiser qui me dit « Tu comptes tant pour moi ».

Nous sommes près d’une fenêtre, on peut encore nous voir. Alors tu prends ma main : « Viens, je veux te montrer quelque chose ».

Désarmant d’impudeur, dans un petit couloir, tu retires tes vêtements.
« Ce sont mes tatouages, tu voulais les toucher. »
J’ose à peine. Les motifs me sont chers, ils m’émeuvent, tellement ils te racontent.
Je vois aussi ta peau. Je veux égaliser et sans hésitation, je fais tomber ma robe. Je devrais être gênée, c’est tout de même incongru, et pourtant, je me sens bien, tournant comme une danseuse, en lingerie, devant toi.
J’ose même te dire que je veux qu’on se couche.
Tu me désignes un lit, et comme de vieux amants, nous nous allongeons.
Je pose ma tête sur ta poitrine, tu n’oses pas me toucher. Moi, je caresse ton cou, ton coeur, ton ventre, en t’embrassant partout. En dessous de ta ceinture, je ne regarde pas, et encore moins, ne touche.
Puis je m’écarte et m’allonge sur le dos. C’est une invitation. Tu viens sur moi.
Puis-je embrasser tes seins ?

J’acquiesce en tremblant, et te regarde faire.
Entre deux doigts légers, comme un conservateur dévoilerait un trésor, tu écartes la dentelle qui voile mon téton, et le prends dans ta bouche. Tu le lèches, à petits coups de langue, et le serres dans tes lèvres, lèches encore, suces, reviens.
Je relève ma tête pour te voir, ne rien perdre du spectacle de tes lèvres sur moi. Tu me regardes aussi, sans cesser de lécher. Un brûlant bourdonnement s’élève dans mon ventre, et tourne dans ma tête.
Tu reposes la dentelle, et viens vers l’autre sein. Je caresse ta nuque pendant que tu me goûtes. Je soupire, je gémis et te veux. Je prends ta main et la pose sur mon ventre.

D’un doigt, d’un seul doigt, et juste de la pulpe, tu presses mon clitoris. Un cri se serre dans ma gorge. Tu masses doucement à travers la dentelle le dôme de mon pubis.
Quelques secondes après, je jouis en criant que je t’aime.

 

De la muse alanguie – Le film

Voici le texte du poème modifié pour le film de Philippe Guerrieri.

Merci à lui pour ces mises en musique et images. Le résultat est à fleur de peau, très troublant…

Le lit blanc est immense, aux craquements soyeux
Je suis nue près de toi qui est encore vêtu
Couchée contre ton flanc, ta chaleur me recouvre
Ta main de mes cheveux s’égare dans mon dos
Tes doigts, chemins légers ou sillons qui me griffent…
Le front contre ta cuisse, mes yeux ne regardent plus
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

Le timbre de ta voix dans mon sang coule encore.
Et je respire à peine, tu déclames tout bas.
Mon corps entier écoute, mon ventre t’appartient.
Tu as lié mes mains d’une corde de chanvre
Et uni mes chevilles par le même lien râpeux
La voix profonde et grave, tu déclames tout bas

Devrais-je m’inquiéter d’être ta prisonnière ?
Je n’entends que les mots que prononce ta bouche
Je ne décide rien, je gis tout contre toi
Et de ma vie entière je n’espère que ça.
Je hais la liberté et ne veux que ta voix
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

C’est un poème vif, de luxure et de sang
Qui parle de l’amour tel que les corps le font
Ma peau encore striée de tes marques au cuir
Frissonne d’envie : la muse, elle, est intacte.
Le feu de ton fouet, éternelle brûlure.
Mon ventre se noue enfin, tu déclames tout bas.

 

Gardénia

Nous avons croqué la pomme.

La première fois, c’est près de chez moi. Pause méridienne, je suis un peu pressée.
Je gare ma voiture et te vois dans la tienne. Nous sortons, tout s’arrête, nous marchons l’un vers l’autre. Il n’y a plus de son, il n’y a plus personne, juste un parfum d’encens et mes mains dans les tiennes.
Je crois qu’on nous a servi de la nourriture dans un restaurant, mais je n’en suis pas sûre.
Des mets posés sur une table entre nous et repartis sans même que l’on y touche ont taquiné nos narines. Je mange ton regard, je dévore ta peau, j’apprends par coeur ce que je vois de toi sans pouvoir te toucher. Je découvre ton cou. Sa peau fine, frémissante, intime. Et je respire mal. Entre mes cuisses, mes lèvres brûlent, comme frottées au gingembre. Je coule, inconsciente du risque de tacher ma robe, tout mon corps me dit « le voilà, c’est lui, il est là ».
Il faut repartir vite, tu m’offres un petit chat et des notes de Mozart. Dans tes bras, j’incline la tête, et tu me respires en frissonnant partout, comme si tu avais mordu dans un citron.
C’est là que nous avons juré pour la première fois. Oui, des jurons, qui s’échappent en rafales à chaque séparation.

Il y a eu un café, plus tard, partagé à la hâte. Et ce fameux parking, atteint en ascenseur. Tu m’as tendu un flacon, qui est encore posé sur ma table de nuit. Il contient une liqueur d’ambre, de musc, de poivre et de bois, une senteur puissante, rare… celle qui m’enivra au premier rendez-vous. Maintenant c’est un rite : avant de me coucher, j’en dépose une goutte au coin l’oreiller, et je dors avec toi, fantôme.

Plusieurs saisons passent, et l’amour reste là.
Les muguets ont fleuri, les jasmins ont éclos.
Nos corps deviennent fous, ils doivent se connaître.
Nous leur offrons ce que nos âmes savent. Notre union, évidence.

En langage des fleurs les gardénias racontent l’amour inavoué et la timidité.
Quand j’ai trop peur, ils fleurissent et se dressent entre nous.

Siècle dix-neuf, suite.

Le lendemain matin j’ouvrai un regard neuf sur le château. Je n’avais pas rêvé, nous avions bien passé quelques heures ensemble. En partant tu m’as dit « dors encore, il est tôt » et nue dans les parfums de nos caresses, j’ai posé la tête sur l’oreiller qui avait encore ton odeur.

Au réveil, je rassemble mes souvenirs.
Tout revient à l’envers.

Tes mains qui tiennent les miennes et s’éloignent et glissent. La pointe de mes doigts sur la pointe de tes doigts et puis plus rien.
Je pense « C’est fini », je l’accepte. Même, je souris à te voir enfiler des chaussettes jaunes.
Je me suis éloignée de toi pour dormir mais je te sens tout près. Ton cauchemar me réveille, je te prends dans mes bras. Tu gémis, j’entends « non ! », tu jettes tes bras en l’air comme si tu te battais. Je caresse ton visage, je te parle doucement, murmurant ton prénom et « chut », et puis « ça va ».
Tu es sur le dos et je chevauche tes hanches. Je m’empale sur toi, nos yeux ne se quittent pas.
Comment suis-je arrivée en travers de ce lit, sous la tapisserie d’époque ? Tu écartes mes cuisses, accroupi sur le parquet, tu lèches mon sexe et je crie. Tu enfonces ta langue, tu me prends avec elle, et moi, je tiens ta tête, la serre contre moi, pour te garder plus fort.
Nous sommes sur le tapis, encore intimidés, debout l’un face à l’autre.
Dehors, il fait nuit noire. J’ai tiré les rideaux devant l’étrange vase.
Tu me guides comme un danseur. Tu me fais tourner sur moi. La fermeture dans mon dos descend doucement. La robe tombe à mes pieds.

En quittant le château, seule, je considère ce vase et le prends en photo.
Les images de la chambres sont toutes supprimées et j’ai gardé celle-ci.
Parfois, on fait des choses absurdes.

De la muse alanguie

Le lit blanc est immense, aux craquements soyeux
Je suis nue près de toi qui es encore vêtu
Couchée contre ton flanc, ta chaleur me recouvre
Ta main de mes cheveux s’égare dans mon dos
Tes doigts, chemins légers ou sillons qui me griffent…

Le front contre ta cuisse, mes yeux ne regardent plus
Tu lis Apollinaire, et tu le lis pour moi.

Le timbre de ta voix dans mon sang coule encore.
Et je respire à peine, tu déclames tout bas.
Mon corps entier écoute, mon ventre t’appartient.

C’est un poème vif, de luxure et de sang
Ta voix est douce et grave, tu déclames tout bas

Mon ventre t’appartient, tu déclames tout bas.

La robe d’Aristote

Edmond
– Madame, votre ami Aristote est là, vêtu étrangement. Il dit que vous l’attendez.
Madame
– C’est exact. Mais il va patienter, je ne suis pas encore prête.
Edmond
– Excusez-moi, Madame, j’insiste sur sa tenue.
Madame
– Eh bien quoi ?
Edmond
– Il porte une robe d’abbé et à ma connaissance, il n’est pas religieux.
Madame, en souriant.
– Il est pourtant d’une sagesse qui pourrait t’inspirer, cher Edmond.
Edmond, piqué.
– En quoi serait-il sage de porter une robe pour venir à votre porte ?
Madame
– Je vais dire tes erreurs et ensuite, la réponse. Edmond, tu n’est pas assez fou et manques d’imagination. Figure-toi que je m’amuse à écrire un roman érotique. Je te rassure, pas sous mon véritable nom : il reste des cul-pincés qui s’en offusqueraient. Après mes premières pages, je confiai à Aristote mon interrogation : mon histoire, est-ce qu’elle faisait bander ? Avec le plus grand calme, il proposa son aide. Or, si j’ai sûrement un grain, il me reste du pragmatisme et je lui ai demandé comment, sans le toucher, je pourrais à coup sûr constater mon effet. Il ne fut pas confus, et sans hésitation, proposa de venir avec une tenue qu’il déboutonnerait pendant que je lirais. N’est-ce pas adorable ?
Edmond, maussade.
– Il n’y a pas d’autre mot.
Madame, câline.
– Toi, tu es jaloux et veux une lecture…
Edmond, égaré de bonheur.
– Je suis votre serviteur !

[ Image Pixabay ]

 

Le site des oulimots

La débutante (3)

Lire La débutante (2)

 

Margaux était allongée nue, comme une écartelée, dans une chambre d’hôtel, avec Pierre vêtu.
Il était laconique, donnant des ordres brefs, en dégageant les cordes fixées aux pieds du lit. Elle devait être calme, détendre ses bras ouverts et offrir son sexe au regard du Maître, qui ne s’y attardait pas.
Lorsque les quatre liens libres furent déposés aux coins du lit, il expliqua qu’il pourrait l’attacher mais ne le ferait pas. Il voulait juste qu’elle sente la possibilité de l’entrave. Il déposa deux liens dans les mains de Margaux, qui crispa ses doigts sur le chanvre. Il vint vers les pieds de sa gisante en renouvelant son ordre :

– Ne me regarde pas.

Les yeux fixés au plafond, elle sentit les liens s’enrouler sans serrer, une seule fois autour de chacune de ses chevilles. D’un battement de jambe, elle serait libérée. Mais uniquement centrée sur la voix de Pierre et chacun de ses gestes, elle ne songeait pas à la liberté. C’était tout le contraire. Elle était là, si nue, si vulnérable ! Elle désirait qu’il la guide, la prenne, que ce soit par douleur ou par humiliation, peu importait : tout, mais pas cette solitude.

Elle entendit tinter le verre d’un flacon. Un poison ? Evidemment qu’il pourrait la tuer. Les bungalow du parc étaient loin les uns des autres. Elle aurait pu crier sans alerter personne. Fixant toujours la peinture pisseuse, Margaux discerna le son de l’ouverture d’un bouchon et un petit glouglou.

Pierre frottait maintenant ses mains l’une contre l’autre, comme pour les réchauffer, et les posa sur les jambes de la captive. Dans un mouvement lent et parfaitement symétrique, il remonta ses paumes vers les cuisses ouvertes, étalant une huile de massage au parfum d’abricot. Margaux inspira longuement et ferma les yeux. Elle souriait.
Jambes, cuisses, hanches, flancs et bras… il découvrait les contours du corps de la soumise.
Epaules, nuque, cou… il prenait possession, disait : « tu es à moi ».
Contours de la poitrine et seins à pleines mains. Tétons pincés entre les ongles « oui, tu jouiras ».
Margaux gémissait de plaisir sous les caresses huilées et voulait serrer les cuisses sur sa chatte palpitante pour contenir sa mouille.
Cercles de mains à plat sur le ventre assoupli et taille enserrée, « je te tiens, tu ne tomberas plus ».
Sexe pris fermement, et doigts qui le pénètrent, « je décide ton plaisir ».
Elle s’ouvrait, elle l’accueillait en elle. Il prenait tout. Deux doigts ne suffisaient pas, trois et puis ensuite quatre écartèrent Margaux comme aucune main, jamais. Allées-venues précises, vrilles et poussées s’alternaient. Plus elle avalait la main, plus elle voulait la prendre. Devenant animale, elle s’enfonçait elle-même, avec des gémissements rauques.
– Doucement. Laisse-moi faire.

Elle détendit son corps et il ouvrit le pot à l’inscription criarde. Et c’est la main enduite d’une crème blanchâtre qu’il revint vers le sexe béant de l’amante. Elle sentit au contact du baume la chaleur envahir ses entrailles avec les doigts, la paume repliée et puis enfin le pouce introduits dans son ventre.
Une vibration de plaisir parcourut Margaux et grandit comme un tremblement de Terre, main d’homme dans l’épicentre. Sa gorge se serrait, ses yeux se révulsaient. Un orgasme puissant la secoua entière, elle poussa un long cri, avant de s’écrouler.

Pierre retira sa main et partit se laver à la salle de bain. Ensuite, il retrouva Margaux, pliée en chien de fusil, tout au milieu du lit, visage caché dans les bras.

Il s’assit près d’elle et caressa ses cheveux, ses bras, son dos.
Elle bougea juste un peu, pour poser son front sur la cuisse de son Maître.

Ils restèrent longtemps ainsi, en silence.

Le pacte était signé.

Creep

Nous arrivons à Grasse, dans notre 4L encore enrubannée par nos copains farceurs. Le « just married » peint sur la vitre arrière fait sourire sur notre passage, à moins que ce ne soient nos deux mines ravies.
Il y a moins de deux semaines, à la fin du dîner, nous avons ouvert une enveloppe remise par nos témoins. Dessus, il était noté « J-11 ». A l’intérieur, la description du séjour qui commence aujourd’hui. Quelle joie, tout était prêt : jours de congés négociés, jeunes enfants gardés, rien n’avait été laissé au hasard par nos amis. Ravis de cette pause dans nos vies trépidantes, c’est les coeurs tout légers que nous nous garons devant le gîte réservé.

La propriétaire des lieux nous accueille chaleureusement et nous tend un cadeau : ce sont deux petits flacons de parfum. Pour toi, bergamote, cardamome, menthe, encens, cèdre, iris et vétiver s’entrelacent et enivrent ta peau. Pour moi, citron, pomme, gingembre, gardénia, muguet, jasmin, ambre et musc se caressent, se contournent, et me rendent gourmande.
Ces cadeaux sont touchants, nous embrassons l’hôtesse qui se nomme Anna. Je ne peux m’empêcher de sourire en songeant à Anna Madrigal, la logeuse des Chroniques de San Francisco.
Nous échangeons quelques banalités, sur la belle saison, la région accueillante, notre plaisir d’être là, quand elle s’écrit soudain :
– Mais voyons, je suis sotte : vous avez fait longue route et vous êtes amoureux. Venez que je vous montre votre chambre. Après je retourne chez moi et vous laisse la maison. Vous serez tout tranquilles !
Nous avons droit au clin d’oeil entendu de celle qui s’encanaille de nous imaginer nus. « Quelle chance, songeai-je, une maison pour nous ».

Enfin seuls dans la chambre, nous prenons notre temps.
Je dépose mon sac et tu sors une enceinte. Ce matin, en roulant, nous avons écouté Léonard Cohen. Tu conduisais en souriant et je somnolais, une main sur ta cuisse. Parfois je caressais ton sexe, qui me reconnaissait, se gonflait sous ma paume. Satisfaite, je fermais les yeux, le coeur au Paradis. Après Nîmes, j’avais pris le volant et nous chantions Brassens. Quand ce fut Les passantes, j’ai écouté ta voix. Tu la chantes si bien. Songeuse, je pensais à nos années d’amour secret, quand tu enregistrais pour moi des chansons et que j’écoutais ta voix, la nuit, en me caressant. Alors j’ai ouvert mes cuisses et tu as su mon désir. Difficilement concentrée sur la route, j’ai senti ta main remonter doucement ma jupe et venir sur ma culotte, masser ma vulve. J’ai basculé le bassin vers toi pour m’ouvrir davantage et tu as écarté ma lingerie pour venir apprécier la moiteur de mes lèvres. C’en était trop, je me suis garée au bord de la Nationale et sans te soucier des véhicules qui passaient vivement près de nous, tu as plongé vers moi pour me lécher comme toi seul sait le faire. Sans aucune pudeur, j’ai relevé les genoux et cherché ta queue d’une main fébrile.
Tu ne m’a pas laissée libérer ta raideur et as interrompu tes divins baisers. Tu as posé tes lèvres maculées de cyprine sur ma bouche et dans un baiser avide, ma langue t’a nettoyé.

Depuis Nîmes je te veux. Mon ventre appelle le tien, je veux que tu m’écartes, que tu entres, que tes hanches me cognent.
Tu connais mon regard, tu sais ce que je veux.
« Je prends une douche, tu viens ? »
Pour toute réponse je déboutonne ta chemise, et tu te laisses faire en mettant de la musique.
When you were here before
Ta chemise tombe au sol
Couldn’t look you in the eye
La fermeture de ma robe glisse en bas de mon dos
You’re just like an angel
Tu embrasses mes seins
Your skin makes me cry
Je tire sur ta ceinture de cuir
You float like a feather
Mes mains sur tes fesses
In a beautiful world
Tu dégrafes mon soutien-gorge
I wish I was special
Je m’accroupis devant toi
You’re so fucking special