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Comme en gastronomie, il faut varier les goûts, et savoir épicer. Aucune limite ici, je teste, j’accommode et ne m’interdis rien, pourvu que ce soit bon.

Vacances en soumission : mon interview !

J’ai été interviewée par Christophe Siébert pour le blog de Mes histoires porno.

A lire ici, ou là-bas, comme vous voulez !

*****

« Camille Sorel sait écrire. Ses personnages sont palpables, on avance avec Hélène dans sa découverte du BDSM. Et les scènes de cul sont excitantes, notamment les scènes lesbiennes entre Mel et Hélène où le désir se transmet au fil des mots au lecteur, le contamine et l’entraîne irrémédiablement vers une excitation indéniable ! »

« Quand je vous aurai dit que la plume de l’écrivaine est à la hauteur de la beauté de ses héroïnes et de son talent de conteuse, je n’aurai plus qu’à espérer que Camille Sorel ajoute rapindement une suite à ces palpitantes aventures. »

« Des mots crus de vérité sans jamais être vulgaire. Ici les mots ont leur portée… Après avoir lu Vacances en soumission vous ne pourrez plus voir de la même manière le BDSM. »

« Un amour tendre et cru, hors des limites convenues. le style est vif, sans fioritures. Métaphores et euphémismes n’existent pas dans l’écriture de Camille Sorel. Et les scènes les plus scabreuses son exposées dans leur totale impudeur. »

« Ce récit est superbement écrit et malgré le sujet aucune vulgarité. »

« Écrit avec crudité et tendresse, ce roman ne vous laissera pas indemne. »

Que ce soit sur le site de Charlie LiveShow (cliquez pour lire l’intégralité de sa critique et écouter son sensuel podcast) sur Babelio (cliquez ici pour lire toutes les critiques des lecteurs) ou sur Amazon (cliquez ici pour lire les avis) où il est quatrième des ventes dans la catégorie e-book porno, Vacances en soumission, sixième titre de la collection Les Nouveaux Interdits, rencontre son public et ça nous fait très, très plaisir ! Parce que ce roman à ne pas mettre entre toutes les mains le mérite ! 

Alors, pour fêter ça, nous avons demandé à l’autrice de répondre à quelques questions… forcément indiscrètes.

— Bonjour Camille, peux-tu nous résumer en quelques mots l’intrigue de ton livre, et les sujets que tu as voulu traiter ?

Vacances en soumission raconte l’aventure sexuelle inattendue d’une jeune femme, Hélène, de retour au village de son enfance pour quelques semaines de vacances. Elle retrouve Mel, son amie d’adolescence, qui fut aussi son amante. Les deux femmes se désirent toujours autant. Mel confie à Hélène qu’elle mène avec son mari une vie de soumise et lui explique ce qu’implique sa condition.

Hélène est partagée entre effroi et excitation. Quand les circonstances l’amènent à choisir d’être initiée à la soumission sexuelle, elle n’hésite pourtant pas.

J’ai voulu montrer une réalité sado-masochiste sans la voiler de romantisme ou l’alourdir de clichés. Les personnages sont juste des humains, pas des stéréotypes. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, leurs mochetés et leurs qualités humaines. Je trouvais important de raconter de façon réaliste, voire crue, ce que pouvait impliquer une relation BDSM sans me poser en juge du récit. Ni héros, ni bourreau, ni victime dans mon roman. Juste des gens qui vivent une sexualité intense et assez marginale.

— Je sais que tu as hésité à écrire, à partir de ce sujet qui te tenait à cœur, un roman porno ou un roman de littérature générale. Pourquoi ce choix d’écrire un roman porno ?

D’abord, pour bosser avec toi ! Je voulais, pour ce premier roman, un véritable accompagnement éditorial. Je manquais de confiance en moi et tout au long de l’écriture de Vacances en soumission, tu étais présent pour me rassurer et me conseiller. Cela n’a pas de prix quand on se lance dans un premier grand texte.

Ensuite, j’ai senti que si je choisissais de faire ce récit en éludant la partie purement sexuelle, il n’en resterait que la description d’une double emprise. J’aurais pu tomber dans le jugement voire la dénonciation de pratiques dangereuses. Je préfère m’effacer derrière mes personnages et simplement dire : « Voilà, ça peut se passer comme ça ».

Et pour finir, même si une relation BDSM est bien plus que du sexe, il en est tout de même, en général, un moteur puissant. Le contourner aurait signifié de faire le choix de gommer une grande part du sujet. J’ai préféré être explicite.

— Qu’est-ce qui selon toi caractérise un bon roman porno ? Et une bonne scène de cul ?

C’est affaire de goût bien sûr ! Mais de manière générale, je dirais « moins de mots, plus de faits ». Je n’aime pas lire les récits érotiques dans lesquels l’auteur fait la roue. Impossible de se concentrer sur la scène de cul, car il semble qu’il – ou elle – nous tape sur l’épaule en disant « Eh, t’as vu ? J’écris bien, hein ? ». Les phrases alambiquées, les métaphores raffinées… je n’aime pas.

J’aime quand ça parle de cul comme le cul se passe. La littérature permet ce fantasme fou : être là, pour voir, en vrai ce qui arrive, pas des comédiens qui jouent. Pour obtenir cette vérité et la réalisation de ce fantasme, il faut qu’on nous parle vrai. Et ce n’est pas une faiblesse de le faire, en tant qu’auteur, au contraire. C’est difficile de s’effacer, j’en sais quelque chose !

— Ton roman parle de l’univers BDSM d’une manière plutôt réaliste et sans concession, ce qui est assez original et inhabituel. Comment penses-tu qu’il sera reçu par les gens de ce milieu ? Et par les lecteurs qui n’en font pas partie ?

En écrivant, je n’ai songé qu’à mon histoire, celle que j’avais à raconter. Avec le recul, je me dis qu’elle pourra être mal perçue si elle est lue comme un manifeste. Je ne dénonce rien, je n’accuse personne : je raconte l’histoire de deux femmes et un homme qui vivent des moments sexuels intenses pendant quelques jours.

Peut-être que certains préfèreront voir un « Maître » très classe, une soumise un peu conne et une novice enthousiaste… hélas, dans Vacances en soumission, les personnages sont juste les plus réels possible. J’espère que la communauté BSM accueillera mon roman pour ce qu’il est : une simple fiction.

Les lecteurs qui ne font pas partie du monde BDSM risquent d’être un peu déçus s’ils s’attendent à l’élégance feutrée des nuances à succès. Quoique l’ambiance du petit village vigneron en bord de Méditerranée aie un sacré charme, je trouve…

— Tu as toi-même beaucoup fréquenté ce milieu et, bien que ce roman soit une fiction et pas un témoignage, j’imagine que tu as, pour l’écrire, puisé dans ton expérience personnelle. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Bien sûr, j’ai puisé dans ce que j’ai vécu en tant que soumise. Mais aussi dans ce que j’ai vu et lu. Pendant toute cette période de ma vie, j’ai mémorisé avec minutie des tas de choses. Les mots d’une domina, le geste d’un Maître, le regard effronté d’une soumise, le masochisme d’un soumis… J’ai tout enregistré… et ça s’est mélangé pour faire le terreau dans lequel Vacances en soumission a germé.

— Camille Sorel est un pseudonyme. Pourquoi ne pas avoir publié ce livre sous ton vrai nom ? Et pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?

Je suis mère de deux fils que je veux préserver, comme tout parent, de ma vie sexuelle. Ils savent que j’écris de l’érotisme, ils connaissent mon pseudo, mais sont libre d’en garder le secret. C’est leur choix.

J’ai choisi Sorel pour Agnès, la maîtresse du roi devenue reine. Elle me rappelle de ne pas m’effacer ni renoncer. Quant à Camille, j’aime que ce soit un prénom androgyne, parce que le genre, c’est une notion bien floue à mes yeux.

— Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

J’écris un deuxième roman. L’héroïne en sera une prostituée et le sujet ne sera pas son travail mais la femme qu’elle est. J’aimerais montrer une travailleuse du sexe comme une boulangère : c’est une personne qui travaille, qui a un job utile, apporte sa part à la société. Parfois elle a des clients chouettes, parfois ce sont des cons, parfois elle fait ses heures en attendant la quille.

Le vrai sujet ce sera son mental, qui a été abimé par de violents traumatismes. J’ai vraiment envie de décoder le système du stress post traumatique et de la dissociation mentale. Donc pour l’instant, ce n’est pas un roman porno. Affaire à suivre… !

J’enregistre en ce moment un nouveau feat. avec VAPA. Ce sera un morceau positif, encourageant, énergisant !

Et sinon, je voudrais surtout que le rêve continue : la publication de Vacances en soumission est à plus d’un titre une immense joie ! C’est un livre vraiment très important pour moi et je suis fière de l’avoir mené au bout.

Pour le lire le début de Vacances en soumission : https://www.meshistoiresporno.com/produit/vacances-en-soumission/

Un grand merci à Christophe Siébert pour cette interview !

Les loups amoureux

Anders et Rose sont les meilleurs amis du monde depuis des années. Il lui raconte ses plans cul gay et elle lui confie ses folies bisexuelles. Ils partagent tout ou presque !
Aujourd’hui après un trio avec Diane, l’amie que Rose héberge, une question s’invite : et s’ils étaient amoureux ?
Un conversation s’impose…

 

– Quoi que nous fassions je ne veux pas te perdre. D’une façon ou d’une autre, je te veux dans ma vie. Tu es mon meilleur ami et je tiens vraiment à toi.
– On s’aime, Rose, tout simplement.
– Oui, mais… pas comme… un couple ?

Je prononce ces deux mots avec un sourire. Nous sommes voisins, confidents de stupre et maintenant un couple hétérosexuel ? Comme toujours, Anders est la voix de la sagesse :
– Et si l’on ne décidait rien ? On vit au jour le jour sans se poser de question. Tu veux un homme ? Tu le prends. Je veux un homme aussi ? Je fais pareil.
– Autant prendre le même homme.
– Et le sucer à deux ?
– Même se faire prendre à deux.
– Mais j’adorerais.
– Et Diane ?
– Elle est avec nous. On prend soin d’elle tant qu’elle en a besoin.
– Je t’aime.
– Tu sais Rose… Nous deux, j’y pense depuis longtemps. Je crois que nous ferions un formidable couple. J’avais envie de toi depuis longtemps mais je n’osais pas te le dire. Je t’aime ! Et j’ai très envie faire l’amour avec toi.
– Oh merde Anders ne me dis pas des choses comme ça. J’ai peur que tu disparaisses, moi. Je ne t’espérais même pas comme plus qu’un ami. Et puis tu es homo, je te signale.
– Je le suis, oui.
– Et tu veux me faire l’amour.
– L’amour, oui. Je bande d’amour pour toi. Je suis homosexuel ascendant toi.
– Alors tu resteras ?
– Oui.
– On aimera Diane aussi ?
– Diane et moi t’aimerons.
– On baisera des types ?
– Oui, ensemble.
– Et des filles, aussi ?
– On niquera le monde. Et si le monde nous ennuie, on se passera de lui.
– Nous sommes cinglés, tu le sais ?
– Ou bien absolument sensés.
– Viens…

Je l’amène vers ma chambre et nous nous allongeons sur mon lit. Il se couche sur moi et nous nous embrassons. Longuement. Nos langues se mélangent, je bois à sa bouche, il respire mon souffle. Nous sommes nus. Ce baiser est tendre et passionné à la fois.
Il descend vers mes seins.
Je désire tant sa bouche que j’halète. Il vient à mes tétons et les mordille doucement. Je gémis. Il prend son temps et va d’un mamelon à l’autre tout en me caressant.
Il descend vers mon ventre, lentement. Il dessine son trajet de la pointe de sa langue. Je suis parcourue de frissons, je le désire tant !
Alors je pose mes mains sur ses épaules et écarte mes cuisses. Je sais qu’il n’a jamais approché de sexe féminin et je m’offre à sa vue. Il me regarde. Il prend son temps.
Il pose un doigt sur mon pubis et descend vers ma fente qu’il longe jusqu’à mon anus, libérant le liquide de mon envie de lui. Il ne me pénètre pas et embrasse l’intérieur de mes cuisses. Je gémis, je me sens partir…
Il embrasse ma vulve juste sur mon clitoris. Je tressaille. Je crois que ma chatte a sa vie propre : elle tremble, vibre et brûle. Elle coule pour Anders, elle va crier Prends-moi !
Il me lape, plusieurs fois. Je retiens mon souffle sinon je vais jouir. Mes mains se serrent sur ses épaules. Y sent-il un signal ? Il introduit sa langue et la plonge au plus profond de moi. Ses lèvres épousent mes lèvres et son nez frotte mon clitoris. Je saisis sa tête et il durcit sa langue. Cette fois je respire et gémis en ondulant du bassin. Il s’accroche à mes hanches et me suit. Sa langue dure me fouille. Je crie et plus je crie, agrippée à sa tête, plus il s’active en moi. Il me boit, il me gobe. Il utilise sa langue comme si elle était son sexe. Il la fait aller et venir en moi par des mouvements de tête. Je m’écartèle. Il rentre, il sort, il fouille à gauche, à droite, en haut en bas et ses lèvres et son nez participent à tout ça.
Il me fait l’amour avec sa tête toute entière.
Je hurle comme un loup qui appelle sa meute, emportée par un orgasme sauvage. Je tremble de tout mon corps, peine à reprendre mon souffle. Des larmes inondent mes joues.
Anders lève la tête et vient m’embrasser. Nous nous accrochons l’un à l’autre sans nous quitter des yeux. Je lèche les liqueurs qui maculent son visage. Nous mélangeons nos fluides dans un baiser vorace.

Sa queue est entre mes cuisses. Il bande comme un fou. Mes jambes entourent son corps et je presse ses fesses contre moi.
Son gland se présente à mes lèvres. Nous nous regardons avec intensité. D’un imperceptible signe te tête je l’encourage. Viens… Il pousse sur mes lèvres qui s’ouvrent. Je l’avale. Il est là. En moi. Je me serre sur lui, mon vagin se contracte puissamment sur sa verge.
Alors il me baise. Donne des coups de reins. Je ne sais plus où je suis, seulement avec lui, nous flottons, seuls au monde dans un ciel de jouissance. Des coups de reins plus forts. Je râle, je dis oui. J’ai besoin de vigueur, je veux le sentir fort. Ma fougue le transporte alors il me pilonne. Je veux tant le tenir que je griffe son dos quand je sens qu’il durcit et tremble avant de jouir. Je serre mes cuisses sur lui pour le garder en moi et son sperme me remplit.

Nous nous sommes trouvés.

 

/ Photo : Les nuits fauves – Cyril Collard – 1992 /

La vie entière

Carmen vient de vivre deux événements traumatiques : elle a subi une agression et a été témoin de la mort d’un homme. Son meilleur ami s’est précipité pour la retrouver.

J’entends une voiture se garer, je cours ouvrir la porte. C’est Nils ! Il jaillit hors de l’habitacle et je me jette dans ses bras. Mon Dieu que c’est bon de le retrouver ! Je me sens entourée, en sécurité, à ma place dans ses bras. Après les événements que nous venons de vivre le contact de son corps arrive comme un point final. Je le regarde en souriant. Il semble aussi ému que moi. Je crois qu’il a eu peur. Et, tout naturellement, pour la première fois depuis toutes ces années, nous nous embrassons.
C’est doux. Il a les lèvres moelleuses et la langue audacieuse. Il pénètre ma bouche et je le visite. Son baiser semble me dire « je suis là, maintenant ».

Je me serre contre lui. Je pose mes mains sur la cambrure de ses reins, je prends ses hanches et mesure son dos. J’embrasse son cou au parfum qui me chavire et nos lèvres se retrouvent. Je sais que je suis la première femme qu’il découvre ainsi et ça m’excite. J’en oublie qu’il est venu parce qu’Alix et moi avons frôlé un drame et que le bourreau est mort. Je veux le caresser encore et lui donner davantage.
— Viens, entre.

A peine la porte refermée, nous nous attrapons à nouveau. Le désir est lâché. Je tire sur sa chemise pour la sortir du pantalon et glisse mes mains en dessous pour caresser son ventre puis sa poitrine. Quand je touche ses tétons il soupire. Alors je pince un peu. Sourires complices. Tu aimes ça alors ? Comme moi ?
— Oh Carmen, j’ai eu peur. Et que c’est bon de t’embrasser enfin.
Il pose une main sur mon sein. Il en appréhende les contours comme une pièce fragile. Je déboutonne ma kurta et dévoile mon buste strié de lignes pourpres.

Nils pousse un cri. Il a le visage défait devant mon corps. Il semble autant bouleversé par ce premier désir qu’il est déchiré en deux en constatant les violences subies. Je veux le rassurer.
— Ne t’inquiète pas. Je n’ai presque plus mal. C’est Alix qui est blessée.

— Où est-elle ?

— Dans ma chambre. Elle dort.

Nous sommes donc seuls… Il me serre tendrement contre lui. Je ne veux plus qu’il me lâche. Je veux me fondre à lui, blottie dans son étreinte. Il bande, je taquine :
— Tu bandes pour une femme, toi ?
— Je ne bande pas pour « une femme », Carmen. Je bande pour toi.
Son regard ne trompe pas. C’est une déclaration d’amour. Je sens mon cœur se dilater. Un mélange de joie, de paix, de désir brut. Un sentiment de complétude. L’évidence. Alix et Nils, mes amours. C’est un Eurêka : l’amour que je cherchais, je l’avais dans ma main. Mon Alix chérie et Nils, mon havre de paix. J’aime l’audace d’Alix et le goût de Nils pour les hommes. Lui, il apprécie que je me sente désirable. Chacun de nous regarde la sexualité de l’autre avec un amour tendre.

Je comprends que nous parlerons des événements plus tard et je retire ma kurta. Je me présente à lui seulement vêtue de mon short en toile. Il se met torse nu. Nous nous regardons. Je suis attendrie par la peau de sa poitrine, si blanche et d’un aspect très doux.
— Tu veux bien te tourner pour que je te regarde ? me demande-t-il doucement.
Je tourne sur moi-même. Il souffle un « le salaud ! » en découvrant mon dos lacéré par les morsures du cuir mais je reviens vers lui et pose mes doigts sur sa bouche.
— Chut… J’aimerais que l’on s’allonge, je veux être contre toi.

— Viens.

Il prend ma main et me guide vers le canapé. Il connaît la maison pour être venu souvent. Je m’allonge sans le quitter des yeux.
— Tu es belle…
De la pulpe d’un doigt, il caresse mon visage. Quand il vient à mes lèvres, je le prends dans ma bouche et suce son index, aspirant deux phalanges.

D’un doigt mouillé il caresse un sein, puis l’autre. Je me cambre et soupire sans le quitter des yeux. Il approche son visage. Je sens son souffle sur mon téton tendu.
— Je peux l’embrasser ?
— Oui. J’ai envie.
Alors il se penche et lèche doucement la pointe érigée. Je gémis de plaisir. Il me prend dans sa bouche et me suce avec de doux va-et-vient de ses lèvres autour de mon téton. Puis il recouvre mon sein meurtri de la paume de sa main et offre la même caresse à côté.

Il prend son temps. Il me touche à peine.

Je me sens partir, la tête légère et le souffle court.

Il glisse vers mon ventre. J’ondule des reins et soulève mes hanches. Il ouvre le bouton et fait glisser mon short le long de mes jambes, en laissant ma culotte sur ma vulve battante de désir.

Il pose la pointe de son doigt sur le tissu en coton et longe ma fente qu’il trouve toute mouillée. Il remonte à la jointure de mes lèvres jusqu’à sentir mon clitoris tendu. Je pousse un faible cri. C’est là. Reste là.

Alors il appuie sur ma culotte mouillée et décrit des petits cercles sur l’organe érectile. Je vais jouir. Je suffoque. Je cherche à le saisir. Il ne me touche que de la pointe du doigt. Il continue son mouvement, appréciant le clapotis de ma chatte gluante. Il semble fasciné et murmure « merci ».

Je réponds en un long gémissement qui me projette sur lui. Nous nous écroulons l’un sur l’autre en nous embrassant passionnément, lui, pantalon fermé et moi en slip de petite fille.

Il nous faut quelques minutes pour retrouver l’usage de la parole. La tête posée sur sa poitrine, je caresse son torse.
— C’est la première fois que tu caresses une femme ?

— Oui. Je n’en avais jamais éprouvé le désir avant toi.

— Et de la pointe du doigt, tu viens de me faire jouir.

— Je suis désolé.

— Tu peux. Ton sexe m’est inconnu et tu me voles un orgasme.
Il s’écarte un peu de moi et, d’un regard complice, m’indique que la voie est libre.

Je le caresse à travers la toile du pantalon. D’abord ses cuisses puis ses aines et son pubis. J’évite le pénis pour exciter ma propre curiosité. Sera-t-il très dur ? Épais ? Court ? Comment seront ses couilles ? Petites et resserrées ou larges, étalées ? Est-il rasé ou aux poils naturels ? Il ferme les yeux et m’ouvre le passage en écartant une jambe. Je vais entre ses cuisses. Il est brûlant.

Je n’y tiens plus et remonte ma main. Je trouve une bite aussi dure que du bois. Une gerbe d’étincelles explose dans mon ventre. J’aurais pu jouir seulement de le toucher. Mais je veux prendre mon temps car je sais l’instant précieux tout autant qu’il est fou, vu ce qui vient d’arriver.

Nils caresse mon bras avec une douceur qui me fait frissonner. Ai-je déjà été caressée par un homme avec tant de tendresse ? Je ne m’en souviens pas. J’appuie ma main et il avance son bassin pour me rendre la pression. Je le branle à travers la braguette fermée et j’avance ma bouche vers son ventre sans oser davantage. Aimera-t-il ? Ferai-je bien ? Me veut-il vraiment ? Avons-nous raison de nous laisser aller ainsi alors qu’un homme est mort ?
— Tu veux la prendre dans ta bouche, Carmen ?

— Oui !
Alors il se lève. Debout, près du canapé, il ouvre sa ceinture et sort sa queue. Avec des gestes simples et le regard paisible. Il ne renie pas notre complicité. Je me redresse et admire le spectacle de sa belle verge dressée devant un pubis fourni. Je pense qu’il fait de même avec les hommes de passage. Il s’offre sans chichi. Ça me rend dingue. Je ne veux pourtant pas être comme ces amants volatils, un orifice buccal qui offre le soulagement d’une éjaculation. Tant pis pour les circonstances qui n’appellent pas au sexe, j’ai besoin de poursuivre, Nils m’offre l’oubli et ça n’a pas de prix.
— Approche, que je t’admire.
Je lèche la hampe de sa verge lentement, en suivant une ligne ascendante qui va des bourses jusqu’au gland. Je décide d’être à ce que je fais, juste dans cet instant, avec lui. Que tout ce qui a trait au sadomasochisme et aux horreurs d’hier soir disparaissent. Seul compte ce sexe magnifique qui se dresse devant moi. D’ailleurs il tressaille et une goutte transparente perle à son urètre. Je recueille le liquide du bout de mon doigt et le goûte. Est-ce parce que j’aime l’homme ? Le goût est délicieux.

Je ne peux plus attendre. Je veux qu’il me pénètre. Je veux Nils en moi pour oublier le reste.

J’ouvre la bouche.

Il s’avance et s’enfonce.

Je prends tout et appuie sur ses fesses pour qu’il vienne davantage. C’est comme une danse. Il balance ses hanches pour entrer et sortir. Quand il appuie au fond de ma gorge je lève les yeux vers lui : il semble extatique. Alors je prends sa main et la pose sur mon sein sans cesser de le sucer. Il serre entre ses doigts le globe lourd et ralentit le mouvement dans ma bouche. Je veux qu’il gicle. Je veux voir son plaisir ! Alors je l’enfonce jusqu’à ouvrir ma gorge, ignorant le hoquet mécanique qui secoue mes épaules. Il se retire doucement, referme son pantalon et se penche vers moi.
— Pas maintenant…

— Quand ?

— Nous avons la vie entière.
Il revient près de moi et m’enlace. Je me cale entre ses bras et nous ne parlons plus. Il caresse mes cheveux et je parcours sa peau. Je crois que j’oublie tout jusqu’à ce que la voix d’Alix résonne dans la pièce.
— Vous êtes beaux, tous les deux.
Nils semble surpris et j’éclate de rire. Alix porte une chemise ouverte sous laquelle elle est nue. Je remarque tout de suite que la médaille ne pend plus à son sexe.
— Toi aussi tu es belle.

— Je peux venir avec vous ?
Je consulte Nils du regard. Il sourit et ouvre les bras.

Elle vient se lover contre moi comme à son habitude. Nous nous embrassons longuement et il caresse nos épaules. Elle câline mon sein et prend la main de Nils qu’elle pose sur le sien. Visiblement elle recherche l’oubli, elle aussi. Il bande. Je crois que nous sommes fous. Je le veux. Je libère sa queue et la reprend en bouche, rejointe par mon amie. C’est si doux ! Nous mélangeons nos lèvres et nos langues sur la verge érigée. Une réconciliation avec le sexe mâle. Nous l’enfonçons en bouche chacune à notre tour, nous embrassons encore et suçons à nouveau. Cette fois Nils ne m’échappera pas et j’accompagne ma fellation de caresses sur ses couilles. Alix se glisse derrière moi et baisse ma culotte. Elle écarte mes fesses et me lèche l’anus ! La bouche pleine du sexe de Nils, je grogne de plaisir. Il se retire, veut-il entendre mes cris ?

Le voyant approcher et comprenant avant moi, Alix crache sur mon anus qu’elle vient de préparer et il se présente, me tenant par les hanches. Je m’ouvre sur sa queue en pensant « je les aime ». Il s’enfonce. Je cherche Alix du regard et elle vient devant moi. Elle m’embrasse. Elle et moi, nous savons. Nous rejouons la scène et ça se finira bien. Nils m’encule comme Roman hier soir. Mais sa manière de faire est à l’opposé. Il me laisse l’accueillir progressivement jusqu’à ce que je réclame davantage de force. Je tends une main vers lui et cherche Alix de l’autre. Puis, quand nous sommes tous trois liés comme une ronde, il accélère le rythme. Alix nous encourage de mots crus et aimants. Je suis au Paradis, voilà ce que je veux ! Quand Nils se raidit, aux prémices de l’orgasme, j’enfonce mon visage entre les cuisses de la femme que j’aime pour étouffer mes cris sur sa chatte adorée. Il se retire à temps et gicle sur mon cul.

Nils et moi nous écroulons de part et d’autre d’Alix, à bout de souffle. Je les regarde, ils sourient. L’une, tendrement et l’autre béatement. Mes amours ! Mes amours fous !

Je recueille le sperme qui coule sur mes fesses et le goûte. J’en prends encore et le porte à la bouche de mes amants qui lèchent mon doigt tendu.

Le retour à la réalité est brutal : le téléphone de Alix sonne. C’est la gendarmerie. Il faut passer les voir.
— Tu veux qu’on vienne avec toi ?
— Non merci, ça ira. Je me sens bien.

— N’hésite pas à appeler, on est là.

— Promis. Restez tous les deux. Je penserai à vous et ça me donnera des forces.
Elle s’habille et part après nous avoir embrassés sur les lèvres.

[ Photo : https://www.lesinrocks.com/2014/11/09/web/actualite/plan-trois-desormais-il-y-application-ca/ ]

Sortie en Montagne (conte métaphorique)

L’Amoureux et moi, nous adorions les Sorties en Montagne. Ses paysages si différents de notre quotidien citadin nous impressionnaient. Tout y était à la fois plus épuré et plus fort. Le temps y était changeant, on passait d’un soleil tiède à l’orage en un instant, les températures jouaient avec nos corps, on s’y brûlait la peau et l’on y tremblait de froid. En Sortie Montagne, le plaisir d’atteindre un sommet n’est pas donné : il faut le gagner, il faut avoir mal aux jambes d’avoir trop marché, parfois griffer sa peau sur une ronce ou se cogner contre un tronc couché. Le coeur s’emballe dans les côtes, le repos ne s’accorde pas à l’instant de la lassitude : nous savions où nous voulions aller, et à moins d’un incident sérieux, nous irions.

Et quand enfin nous arrivions au lac paisible que nous voulions admirer, ou au sommet que nous cherchions à atteindre… nous reprenions nos souffles, un peu ivres d’altitude parfois, et la paix s’installait, avec un sentiment de bonheur fou.

Nous n’avons pas été raisonnables. Nous avons fini par vouloir cumuler les sommets, toujours plus haut, toujours plus fort ! Nous avons peu à peu négligé les moments de plénitude calme devant les paysages hors du commun que nous venions d’atteindre, et sans reprendre notre souffle ni profiter de la sérénité du repos après le voyage, nous repartions, toujours plus haut, toujours plus fort.

Un jour, l’Amoureux a voulu me faire plaisir : « Ma chérie, tu te souviens du Mont Grand Blanc, que nous avons gravi il y a quelques mois avec ce guide audacieux ? Il va nous accompagner vers un nouveau sommet, 900m de dénivelé rocheux ! Tu verras, tu vas adorer. »

Le jour choisi, j’ai chaussé mes chaussures de trail les plus solides, et j’ai suivi mon homme avec ce guide avec enthousiasme. Le départ de la randonnée m’interloqua : c’était comme dans un canyon, il fallait sauter dans un petit ravin. L’endroit m’inquiètait, d’autant que je croyais qu’une fois ce saut effectué, il n’y aurait pas de retour en arrière possible : il faudrait faire la marche jusqu’au bout. Le guide annonça qu’il avait appris que j’étais très à l’aise en canyonning, surtout pour les sauts. Ce n’était pas vraiment exact, mais ma fierté m’empêcha de le contredire, et à vrai dire, j’étais absorbée par ce chemin, assez différent des sentiers que nous parcourions jusque là.

L’Amoureux me souriait avec fierté, et dans ses yeux, je devinais qu’il ne doutait pas une seconde que je brillerais dans cette épreuve. J’eus soudain peur, mais me raisonnai : ils devaient avoir raison, un paysage exceptionnel devait nous attendre là-haut, je n’allais pas tout gâcher à cause d’une crainte sûrement infondée.

Je sautais, et les suivis. Le chemin était escarpé et chaotique. Des rochers roulaient sous mes pieds et me blessaient. J’avais mal, je n’avais plus envie de poursuivre, mais quand les deux hommes se retournèrent, je leur souris bravement et leur fis signe que tout allait bien.

Il fallait maintenant escalader une paroi. Ce n’était pas prévu, je n’étais pas prête, je n’étais pas équipée pour cela. Ils estimèrent que j’étais douée, et annoncèrent qu’ils prendraient beaucoup de plaisir à me voir escalader la paroi à mains nues. D’ailleurs mon chéri prenait des photos, il ne cessait de prendre des photos tant il était fier de moi.

Je demandai à être assurée par une corde. Aucun ne voulut m’assurer depuis le sol, puisque l’un prenait des photos, et l’autre, des notes. Je pliai la corde et m’assurais seule. Je m’y brûlais les mains, me cognant sur la paroi, m’y griffant. C’était difficile, je peinais, j’avais trop mal, je voulais que ça s’arrête. Mais pour que ça s’arrête, il fallait arriver en haut. Je pensais qu’il n’y avait pas d’autre issue. Et à aucun moment je ne montrais ma souffrance, sur toutes les photos, je souriais.

Nous fîmes une pause et je souriais toujours, le corps meurtris, le coeur fermé. J’aurais voulu que mon homme me prenne dans ses bras, mais il ne voyait pas ma souffrance. Il était heureux de l’exploit que nous étions en train d’accomplir. Je m’avançais vers lui espérant du réconfort, et il m’octroya une grande tape dans le dos « Ma chérie ! Je suis fier de toi ! Tu es une championne ! Poursuivons. »

Cette fois je partis devant pour cacher mes larmes. Mon énergie était décuplée par la colère qui se dirigeait contre moi, puisque j’étais assez sotte pour ne pas dire que j’avais mal, que j’avais peur, et que je ne voulais plus faire ce voyage.

J’avais tant de force désespérée que je les distançais et les perdis. Mais je poursuivis avec rage, je marchais, je grimpais, j’enjambais, me cognais, me griffais et escaladais.

Et soudain je n’entendis plus leurs voix. Je me retournais, personne. Personne à perte de vue.

J’étais seule.

Je restais un moment interdite, mais finalement soulagée. Maintenant je n’avais plus besoin de faire semblant, par excès de fierté.

Je m’assis sur une pierre plate au pied d’un sapin, et j’entourais mes genoux de mes bras. Le menton posé sur mes mains, je ne bougeais plus. J’avais les yeux ouverts mais ne voyais rien, la montagne devait vivre de mille bruits mais je n’entendais rien. Le soir tomba, il devait faire froid, mais je ne sentais rien.
Les secouristes m’ont dit que j’étais restée là toute la nuit. Ils m’ont retrouvée au lever du jour, froide, couverte de bleus et par endroit égratignée. Ils étaient très en colère contre le guide en qui nous avions toute confiance : cet homme n’était pas, en réalité, fiable. Il répondait aux désirs des clients sans se préoccuper de leur sécurité. Les clients croyaient, grâce à sa présence, pouvoir réaliser un fantasme un peu fou en toute quiétude, et ne voyaient pas le danger, puisqu’il leur assurait la sûreté. Or ce sommet, personne n’y allait jamais sans un équipement de sécurité que nous n’avions pas.

J’ai quitté mon Amoureux. Il m’avait mise en danger. C’est lui qui aurait dû interrompre la randonnée et ordonner de rebrousser chemin.

Mais pourtant, quand j’y repense… je lui souriais ! A aucun moment, je ne lui ai dit que j’avais peur, ni montré de faiblesse.
Si j’avais parlé, je ne me serais pas perdue.

⌊ Photo – Nobuyoshi Araki ⌋

Pétris-moi

Les fêtes de fin d’année se prêtent peu aux joies pornographiques, alors in extremis, je vous livre sous le manteau (rouge, cerné de blanc) une histoire plus que croustillante : épicée ! Du vrai désir sans honte, des plaisirs bienveillants et même des mots crus dits entre gens qui s’adorent, joyeux Noël !

J’espère que vous prendrez du plaisir à la lire, la relire et même la partager si elle vous fait mouillerbander. Je vous souhaite de belles fêtes, prenez soin de ceux que vous aimez et n’oubliez pas de vous choyer vous-même.

 

Fanette venait de saluer le dernier client de la boulangerie et de fermer le rideau roulant. Elle regarda sa boutique d’un air satisfait. Tout était était prêt pour demain, veille de Noël et grosse journée de travail.

Elle éteignit la lumière et monta chez elle. Il fallait se reposer avant ces jours cruciaux pour son chiffre d’affaire. Souvent, son premier geste en entrant dans son appartement au dessus du fournil était de faire valser ses vêtements et de s’offrir une longue douche. L’eau chaude qui coulait sur sa peau éveillait ses sens et elle oubliait pains, pâtisseries, comptabilité et commandes… elle passait sa main sur sa peau glissante de savon. Elle avait les seins lourds, la taille fine et les hanches pleines. Des fesses hautes et un sexe moelleux comme une brioche. Elle aimait son corps, ses rondeurs et se caressait souvent.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas fait l’amour ? Son dernier amant datait de plus d’un mois et ce soir, une furieuse envie d’être prise montait dangereusement en elle. Elle frôla son clitoris. Il était tendu, érigé, exigeant. Sa fente s’ouvrait toute seule, libérant une mouille brûlante. Jouir. Il fallait jouir.

Le coeur cognant dans la poitrine et les joues cramoisies, Fanette s’allongea sur son lit. Elle savait que si elle commençait à se masturber, elle ne pourrait résister à visionner des pornos et de scène en scène, toujours plus trash pour jouir plus fort, elle ne serait pas satisfaite avant de longues minutes. Or il fallait dormir. Elle força son esprit à revenir aux choses raisonnables : « il faudra dire à la vendeuse que Madame Cochard récupèrera ses bûches à onze heure », « je dois doubler le fond de caisse car nous aurons du monde dès le matin très tôt », « il faut que je pense à offrir du pain d’épice. J’en vendrai bien plus en le faisant goûter »…

Elle cogitait encore, enroulée dans un plaid, lorsqu’elle entendit Gianni, le boulanger, arriver en cuisine. Déjà deux heures du matin ! Il travaillait la nuit. Quand elle descendait chaque matin vers sept heures, elle partageait un petit déjeuner avec lui. Ils mangeaient un pain de campagne encore chaud et buvaient du café, appuyés au pétrin.
Elle aimait beaucoup discuter avec lui. Il ne faisait pas de grandes phrases, mais ses mots tombaient juste. Elle en tenait toujours compte et n’envisageait pas un instant son commerce vivre sans la présence rassurante du grand gaillard taiseux. Cependant elle prenait son rôle de patronne avec la distance requise et leur collaboration restait professionnelle, réchauffée du secret partagé des premières heures du jour.
Etait-ce la magie de Noël ? En entendant Gianni s’agiter sous elle, Fanette pensait à son grand corps. Elle imaginait les mains puissantes du boulanger l’attraper par la taille. Elle le déshabillait en pensée : comment était son sexe ? Plus son désir montait et plus sa raison cédait. Après tout, la nuit, c’est un temps à part… Elle pourrait descendre et prétendre ensuite à un égarement… Elle cherchait déjà un prétexte. « Oh, et puis zut ! » Elle était tellement excitée qu’elle se sentait couler entre les cuisses. Son souffle était court, elle devenait femelle, il lui fallait ce mâle. Et puis après tout, c’était elle la patronne, que risquait-elle ?

Les mains tremblant un peu de faire cette folie, elle se leva, enfila une nuisette de soie et descendit pieds nus. Elle s’arrêta à la porte de l’atelier et regarda le boulanger. Ce qu’il était beau. Il pétrissait un pain spécial, celui à l’anis, qu’elle aimait tant humer. Il portait un tee-shirt blanc qui moulait son buste imposant. Elle s’avança sans rien dire et il ne s’interrompit pas. Que ses mains étaient belles à voir ! Il attrapait la pâte lourde et souple, la levait. Le mélange retombait lourdement avec un bruit de chair claquée et de ses grandes mains, il reprenait possession de la masse lisse. Régulièrement, comme un semeur, il jetait un peu de farine et reprenait son mouvement régulier.

Fanette s’assit en face de lui sur son habituel tabouret haut. La nuisette de soie ne laissait aucun doute sur sa nudité en dessous.
Gianni, sans cesser de pétrir, sourit à sa patronne comme si sa présence, en pleine nuit et demi nue face à lui n’était pas incongrue.

– Je ne te dérange pas ?
– Pas du tout. Et pour tout te dire, cela fait longtemps que j’espère te voir descendre.
– Je n’arrive pas à dormir. Tu sais que tu es beau quand tu travailles la pâte ?
– Merci. Et toi, tu sais que tu es presque nue ?
– Presque seulement.
– Et pourtant je devine tes beaux seins, tes hanches et aussi tes envies.

Elle ne répondit pas. Elle sourit elle aussi. L’accord était tacite.

Il contourna le pétrin et se plaça derrière elle. Tout contre son dos, il sentait le parfum des cheveux de sa patronne. Elle bascula la tête en arrière et murmura « pétris-moi ».

D’un geste lent, insouciant de la farine qui saupoudrait la soie, il écarta les bretelles de la nuisette, dévoilant des épaules dessinées et graciles. Le vêtement tomba. Gianni fit remonter ses mains le long des bras de Fanette. Il embrassa son cou et elle ne bougea pas. Elle attendait, yeux fermés. Le message était clair : « tu donnes, je reçois ».

Elle voulait être pétrie. Il contourna les seins et les cueillit dans ses mains. En même temps, il se collait à elle, ventre contre dos. Il bandait et voulait qu’elle le sente. Assise sur son tabouret haut, elle présentait ses fesses à hauteur de la verge. Il appuya son bassin contre elle. L’accueil était à la fois ferme et tendre. Il voulait empoigner ces fesses, les écarter, s’y introduire et il banda encore plus durement.

Il pressa les seins, Fanette soupira. Un tout petit soupir, comme un étonnement. Elle ne s’attendait pas à la poigne puissante mais s’y abandonna. Il relâcha la chair et la reprit, plusieurs fois. Contournant les masses lourdes en mouvement régulier, il ne s’interrompit que pour embrasser le cou offert à ses lèvres. Il léchait la peau fine et sentait les tétons raidir d’excitation. Il les pinça et les tordit un peu. Attendit la réaction.
Gémissante, elle s’appuya contre lui et écarta les cuisses. C’était un consentement, elle aimait qu’il la pince. Il se pencha pour lécher les seins malmenés. Il alternait pincements, torsions et baisers jusqu’à rougir les mamelons tendus sur les rondeurs lactées. Puis simultanément, il mordit un téton en écartant davantage une cuisse de Fanette. Timing parfait. Elle cria de douleur, de surprise et de plaisir mêlés. Il empoigna la chatte brûlante et la serra, comme pour l’emporter.

Fanette était écartelée, magnifiquement indécente. Elle le savait et jouissait de cette impudeur. Mais ce n’était pas assez. Il lui fallait la queue qu’elle sentait bandée. Elle trouva le membre nu sous le pantalon de travail et le délivra. Il était superbe, raide, lisse, triomphant.
Elle le branla pour mieux le découvrir. Elle voulait dans sa main savoir toute sa forme, sa douceur, sa dureté ainsi que ses fragilités. Cette fois c’était Gianni qui était vaincu, emporté d’un plaisir à couper le souffle. Il embrassa Hélène. Ils mêlèrent leurs langues, chacun branlant l’autre, bandants, coulants, hors d’haleine.

Elle se pencha vers lui pour le prendre en bouche.
En contemplant cette femme nue jusqu’à la taille, offerte sans pudeur, se pencher vers lui, il sut que s’il la laissait trop faire, il jouirait dans sa bouche. Il releva la soie qui masquait les fesses charnues et étouffa un juron : elle avait un cul tellement excitant ! Un cul qui disait « baise-moi », sculpté pour être pris.

Elle, elle savait. Elle savait l’effet que produisait son cul. Elle savait même qu’il voulait le claquer. Elle garda la pose un instant, inclinée vers la queue au gland gorgé de sang qu’elle enfonçait dans sa gorge. Elle attendit les premiers soubresauts du membre qu’elle avalait et elle se redressa. Elle voulait qu’il la prenne maintenant, dur à en exploser.

Elle se leva et repoussa le tabouret. Devant le boulanger bandant, elle fit tomber sa nuisette, puis, nue, elle se tourna vers le pétrin, posa ses mains sur le plan de travail et écartant les cuisses, se mit en position. Les yeux clos, provocante, elle attendait.

Cela le rendit fou. Virilité piquée, il attrapa les cheveux de Fanette et se planta en elle. Elle râla et à peine prise cessa d’être provocante. Comme une chatte montée par un mâle qui la mord, elle aplatit son dos, gémissante et soumise. Il asséna des coups de reins puissants, dents serrés, regard dur. C’est ce qu’elle voulait, n’est-ce pas, être prise comme une chienne ? Et sans préliminaire ? Il le lui demanda, la pilonnant plus fort : « C’est ce que tu veux, Fanette ? ». Pour toute réponse, elle se cambrait, grognait et s’ouvrait davantage. Il tira ses cheveux un peu plus fort : « Réponds ! C’est ce que tu veux ? Etre baisée comme ça ? » Elle cria un long oui en jouissant puissamment.

Il ne lui laissa aucun répit et accompagna l’orgasme de coups de verge toujours plus enfoncée. Elle prononçait des oui, des oui oui, des encore, des oh putain.
Il écarta le cul qu’il écrasait de ses hanches à chaque coup de rein et dévoila l’anus serré. Il y appuya son pouce et le sentant s’ouvrir, accueillant tout le doigt dans son étroit conduit, il eut à peine le temps de retirer sa queue pour gicler sur les fesses qu’il venait d’empoigner.

Il s’écroula sur elle, ils étaient hors d’haleine. Recouverts de farine, de foutre, de cyprine. Elle, entièrement nue et lui, pantalon aux chevilles, souriants comme des drogués le jour du meilleur shoot.
« – Ça va, patronne ?
– Oh merde, Gianni, ne fais pas le malin, tu es mon employé. »
Ils éclatèrent de rire et se relevant ensemble, s’étreignirent comme de vieux amis.

« – Et maintenant, on fait quoi ?
– Moi je monte dormir, et toi, tu te laves les mains.
– Et c’est tout ?
– Non. Le café de demain, il faudra le corser.
– Oui, patronne. Corsé. C’est bon quand c’est ainsi. »

Elle ramassa ses soies en riant, déposa un baiser sur les lèvres de Gianni et remonta chez elle nue, laissant son boulanger heureux comme un enfant.

Elle se glissa entre ses draps et s’endormit profondément, le corps repus et l’esprit apaisé d’entendre son bel amant s’affairer en cuisine.

Paf !

J’ai encore passé la moitié de la nuit à me masturber frénétiquement sans parvenir à jouir. Ça fait des jours que ça dure, une chasse à l’orgasme qui devient obsédante. Alors quand Alix m’a proposé ce matin de venir passer le week-end chez elle, j’ai accepté tout de suite. Au pire, je me changerai les idées et au mieux…
Elle et moi sommes amantes, parfois, à l’occasion, depuis l’adolescence. D’ailleurs c’est avec elle que ma vie sexuelle a débuté. La première fois, je n’avais que seize ans. Je me souviens de tout.

Perdue dans mes pensées et fatiguée d’avoir trop peu dormi, je sens que ma conduite devient incertaine. Je vais faire faire une pause. A peine garée sur une aire de repos je reçois un message d’Alix : « Ma chérie, je suis tout excitée de savoir que tu arrives.»
« Excitée comment ? »
« Comme tu sais. »
« Arrête, tu me fais mouiller. »
« Montre. »
« Follasse ! »

Et pourtant j’ai envie de lui montrer. Je fonce aux toilettes et m’enferme dans une cabine. J’ouvre ma robe, je prends une photo et j’envoie l’image des mes doigts manucurés écartant la lingerie noire que j’ai choisie pour elle.
La réponse arrive en image : le jean d’Alix ouvert sur sa main enfoncée. Elle se branle. Je retire mon string et riposte avec ma robe relevée sur ma chatte nue.
« La première qui jouit a gagné l’apéro. »

J’ai l’impression d’avoir à nouveau seize ans. Je pouffe et me masturbe en filmant, exagérant mes gémissements pour amuser ma copine. Je finis par jouir un peu mais en vérité ce sont les lèvres d’Alix que je veux sur ma bouche et ses doigts dans ma chatte.

Je sors à peine mes doigts mouillés d’entre mes cuisses quand j’entends deux coups frappés discrètement à la porte. Je toussote pour me redonner une contenance et demande de quoi il s’agit. J’entends une voix d’homme qui questionne timidement :
– Vous allez bien Madame ?

– Oui, oui, merci, ça va.

– Je suis l’homme de ménage. Je vous ai entendue… c’était bien. Je peux ouvrir la porte ?

Je suis confuse et je plane encore alors je tarde à répondre. Conclut-il à un accord ? Il déverrouille la porte avec son passe et l’ouvre doucement.
Il est très jeune et porte un uniforme de la société d’autoroute. Il me sourit avec un regard désarmant. Ai-je affaire à un Ange ou bien à un idiot ? Je me rajuste brusquement.
– Ne vous inquiétez pas, madame. J’ai fermé la porte là-bas. Personne ne peut vous voir.

– Mais n’entrez pas, vous me faites peur !

– Moi vous me faites bander. Je vous ai entendue et j’ai regardé sous la porte. J’ai vu un seul soulier avec un beau talon et la cambrure de votre pied. Comme votre mollet s’agitait, j’ai compris que vous vous masturbiez. D’abord, pour que vous soyez tranquille, je suis allé fermer la porte d’entrée à clé. Je dirai qu’il y avait un gros nettoyage à faire. Ensuite je suis revenu regarder sous la porte jusqu’à votre plaisir. Vous avez joui, c’est ça ? Vous avez crié et mouillé le sol ! C’était vraiment bien. Et ce n’est pas grave, je nettoierai.
Il parle lentement en caressant la bosse qui déforme son pantalon. Il a une diction régulière et des mots choisis. Et cette queue bandée ! J’en meurs d’envie.
Je lui parle comme à un enfant : « Que veux-tu ? ».
Il veut me baiser. Si je suis d’accord. Il ajoute même « s’il vous plaît ». J’éclate de rire. Quelle journée de dingue ! Mais pourquoi pas une bonne queue après tout.
– Approche, je vais te sucer.

Je m’agenouille sur le sol des toilettes – pourvu que ça ne dure pas, le sol est irrégulier et me fait mal aux genoux – et j’ouvre l’uniforme pour sortir sa bite. Elle est épaisse, pas trop longue, aux poils noirs coupés courts. Il est encore un peu mou, sûrement impressionné. Comme je n’ai pas l’intention d’y passer la journée je mouille la verge en y crachant dessus, l’enrobe de salive en quelques coups de langue et la prends dans ma bouche d’un coup, jusqu’au fond. Mon nez touche son bas ventre. Il sent le savon.

Il veut un va et vient mais c’est moi qui décide. J’ai envie de le sentir durcir jusqu’au bout. Je ne bougerai pas tant qu’il ne sera pas de bois. Je l’immobilise en pressant ses fesses contre moi et lève les yeux vers lui. D’habitude ce genre de regard fait bien bander les hommes. Il bande, effectivement, mais détourne les yeux. Je pousse sur ses fesses pour l’enfoncer encore, jusqu’à ce que je hoquette.

Les yeux humides, je me retire pour prendre ma respiration. Puis j’ouvre encore la bouche et j’attends. Il s’engouffre en saisissant ma tête. Ça me plait. Je serre les lèvres comme une chatte étroite. Il baise ma bouche.

Quand il est près de jouir, il se retient et s’éloigne vers le distributeur de préservatifs dont il prélève un exemplaire. J’entends qu’on cogne à la porte, mais c’est trop tard, je veux qu’il me pénètre. Faisons vite. Il enfile le plastique en revenant vers moi. Je me tourne vers le mur et pose mes mains sur la cuvette des toilettes. Ça m’évitera de voir son air stupide. Je relève ma robe sur mon cul nu et j’écarte les jambes. Le garçon, pas pressé, caresse mes fesses et introduit un doigt dans ma fente mouillée.
– Non. Baise-moi vite, tu vas te faire surprendre.

L’argument fait mouche. Il attrape mes hanches et je ferme les yeux. Je sens sa queue appuyer sur mon anus. Le gamin veut m’enculer ! J’ouvre la bouche pour protester mais il force et s’introduit d’un coup. Il est large et ma douleur est vive. Je crie, cet idiot se croit encouragé et il me prend par derrière à sec comme si c’était ma chatte.

Sidération, extase, souffrance ou plaisir, je ne sais plus. Mon esprit se concentre sur sa pénétration. Je ne suis plus qu’un cul se faisant défoncer. Je me penche davantage pour ouvrir le passage et après quelques coups de reins vigoureux il se finit dans sa capote en moi, sans émettre un seul son. Dehors on frappe encore.

L’employé se retire et nouant le préservatif rempli, il me dit « Merci Madame ». Comme si je lui avais offert un goûter ! Il se penche vers la petite poubelle pour déposer sa bulle blanchâtre et sans chercher à échanger davantage, ne serait-ce qu’un regard, il sort en repoussant la porte.

 

Ma bonne humeur s’est envolée.
Ce qui vient d’arriver est absurde.
Comment, à trente-six ans, puis-je me faire sodomiser par surprise ? Par un idiot dans des toilettes ? Je m’offusque.
En plus j’ai mal, maintenant. Il m’a percée comme une brute.
Bien sûr, impossible de me laver. Les clientes, impatientes, ont envahi les lieux et quand je sors des toilettes, je subis quelques regards foudroyants. J’ai presque envie de lever mon majeur.
Je n’ai même pas uriné. Je me sens sale, gluante et je ne décolère pas.

 

Quand j’entre dans ma voiture mon téléphone tinte. Je vois la notification sur l’écran : « Alix – Alors, tu as joui ? » Je jette tout ça au fond de mon sac à main et démarre rageusement.

Je passe vingt kilomètres à maugréer : « Faut-il être conne pour se faire enculer par surprise. Non mais j’y crois pas. Bientôt quarante balais, je me branle en gueulant dans des chiottes publiques et paf ! Sans faire exprès, je laisse un mec me sodomiser parce qu’il demande poliment. Quelle gourdasse ! »

Vivement la langue d’Alix pour adoucir tout ça.

 

[ Image Pixabay ]

Gentleman

Toi, je te vois arriver.
Tu te la joues gentleman et fais mine de comprendre quand je te raconte ma vie et quelques mésaventures. Tu me dis :

– Ma pauvre, ah la la, avec moi tu serais si choyée. D’ailleurs, et si j’ouvrais mes bras pour t’offrir l’apaisement ?

Tes mots se font velours et à les entendre, tu combles à toi seul toutes mes déchirures.
Un signe perceptible de manipulation ? Pas le moindre à ce stade, tu attends de ferrer et restes très prudent.
Tu veux que je te raconte ce qui va arriver ?
Nous nous rencontrerons et je viendrai légère : tu m’as promis des moments si heureux !
Sans perdre aucun instant tu me baiseras vite : étrange urgence pour qui m’aimait déjà.
Je ne m’étonnerai pas et même, tu m’entendras crier que c’est bon, que je jouis. Alors tu penseras la voie est libre, à moi l’amusement.
Tu te feras plus rude. Je ne moufterai pas.
Au contraire, je dirai j’aime sentir ta force.
Au premier coup, sidérée par l’ardeur, je rirai nerveusement et ne protesterai pas.
Les heures passeront et les douleurs, non.
Alors timidement je tenterai un non et tu répondras si.
Je frémirai. Partie perdue.
J’aurai moi-même libéré ce qui est noir en toi.

[ Photo – La piel que habito, Pedro Almodovar, 2011 ]

Edmond et les yakitoris

Edmond ! Edmond !
Et ces yakitoris, dois-je les cuire moi-même ?
Je ne cesse d’ordonner, tu ne cesses de fouir.
J’en perds vocabulaire, que tu m’agaces, Edmond !
Incantation, impétration, hypnose… quelle technique acquérir pour qu’enfin tu m’écoutes ?
Je connais ton dessein : quand je suis balbutiante et aux mots tout tordus, tu me présentes ta berge et je mouille ma ulve. Nous voilà bien.
Je t’accule contre un mur et crie « Je veux ta pite ! ».
Et toi tu dis, paisible : « Madame, pardonnez. Je dois faire la faisselle ».
Tu te gantes de caoutchouc et me tournes le dos.
Ah, Edmond : qui de Maîtresse ou toi décide dans cette maison ?

 

[Image Pixabay]

Manifeste

Toi, tu es un type bien. Tu ne fréquentes pas ces cercles de fous du cul. L’idée d’un plug dans le fion te provoque un malaise. Une femme et plusieurs hommes, tu trouves ça lugubre. Et toi, sucer une queue ? Jamais, angoisse totale !
Moi qui ne suis pas hantée par un bon usage du sexe et qui ne suis guidée que par mon affection, je ne te comprends pas. Tu me dis :

– Respecte-toi, évade-toi de ce cercle.

Me respecter ?
Parlons-en.
Qui, en toute amitié, vient user de ma bouche et de mon cul joyeux, sans pouvoir l’assumer ? Est-ce me respecter de craindre d’être vu en honteuse compagnie si tu sors avec moi ? Depuis tellement d’années, tu me baises et oublies : il ne s’est rien passé. Mille fois, tu m’as effacée.

Chez les dingos du cul je ne suis pas honteuse.
Et tu sais quoi ? Après les avoir vus, je ne suis jamais triste.

Tu penses que jamais un homme bien ne voudra de ma peau autrement que pour jouir si je suis libertine. Mais ton homme bien, celui que tu crois être, si le dégoût l’envahit quand une femme est libre et que cette liberté l’empêche de l’aimer : il ne m’intéresse pas.
J’ai reçu plus de respect et de tendres attentions dans des lieux de perdition où tu ne peux souffrir un instant d’imaginer ta femme, qu’avec toi, en vingt ans.
Toi, qui es un type bien et sais faire le tri entre les filles qu’on jette et celles qu’on peut aimer.

 

[ Photo – film L’Appolonide, souvenirs de maison close – 2011 ]