Stéphane Rose : j’ai osé l’interview !

Stéphane Rose est le directeur de la collection Osez 20 histoires de sexe à la Musardine. C’est classe, mais c’est juste une des nombreuses facettes de cet auteur prolifique. De la littérature de jeunesse au Guide des emmerdeurs, des cons et des importuns en passant – c’est une constante – par la pornographie, il est auteur (ou co-auteur) d’une vingtaine d’ouvrages.

LA REVUE DE PRESSE RENTREE 2017
Cet homme, vous l’avez déjà deviné, a décidé de prendre la vie du côté réjouissant. Il a donc écopé, entre autres, de l’étiquette « humoriste ». Il n’est rien de moins que fondateur des Gérard (du cinéma, de la politique et de la télévision) et chroniqueur dans diverses émissions sur Paris Première, RTL, Europe 1. Notez également que si Canteloup ou Laurent Gerra vous ont fait hurler de rire, c’était peut-être grâce à une vanne écrite par Stéphane, qui fut de leurs auteurs.
Alors voilà, je ne me la pète pas (si), mais Stéphane Rose vient de sélectionner pour la troisième fois une de mes nouvelles pour le futur Osez 20 histoires de sexe inavouable. Je me devais de vous présenter ce directeur de collection au goût si sûr. Il a accepté de répondre à quelques questions et je l’en remercie ! (Je demande d’avance pardon pour la première question. C’est mon côté « impulsive sexuelle » qui a pris le dessus.)

Tu connais Stéphane Bern ???!!! C’est mon héros, mon impossible amour ! Est-ce qu’il sent bon ? Ses mains sont-elles douces ?

Je le vois chaque semaine à RTL dans les studios de l’émission « A la bonne heure », dans laquelle je raconte des conneries. Il sent bon, il est très soigné, ses mains sont impeccables, mais comme tu le dis dans ta question, il restera ton impossible amour, puisqu’il préfère les garçons. Encore que. Il aime aussi le patrimoine et les monuments en ruine, donc dans quelques décennies, tu auras toutes tes chances. Mais il va falloir prendre ton mal en patience.

Je me ressaisis. Dans l’émission de Stéphane Bern (soupir), tu incarnes le « service qualité » et réponds au courrier imaginaire d’auditeurs mécontents. Tu poursuis ce noble travail sur Paris Première dans la fameuse Revue de presse. Tes téléspectateurs fictifs sont devenus des personnages à part entière (Kimberley, Fatou de Chatou, Fuck-the-system…) As-tu reçu un courrier pour la collection « Osez 20 histoires de sexe » ?

Oui, il y a des questions récurrentes, du genre « Camille Sorel, c’est son vrai nom, ou c’est son pseudo ? Elle habite où ? Vous pouvez me mettre en contact avec elle ?» Mais évidemment je protège mes auteurs et n’y réponds pas (sauf si on joint un petit billet à la demande).
En 2010 tu as publié à la Musardine « Défense du poil – Contre la dictature de l’épilation intime » et aujourd’hui tous les hommes sont barbus. Tu es fier de toi ?

Je ne serai véritablement fier de moi que le jour où toutes les femmes auront cessé de s’épiler la chatte. Et quand ce jour viendra, j’écrirai « Eloge de l’épilation ».

Visiblement, tu es un homme à listes (Le grand livre des listes, Michalon, 2012). Tu peux lister ce qui te fait kiffer un texte érotique et/ou ce qui te fait le jeter illico à la poubelle ?

J’aime quand l’histoire est crédible, qu’on se dit qu’elle pourrait vraiment avoir eu lieu, ce qui implique presque obligatoirement de soigner la psychologie des personnages, d’expliquer un peu leur désir, de décrire ce qu’ils ressentent… Et donc je n’aime pas une nouvelle qui se contente d’enchaîner des actions sexuelles : machin fait ceci, machine fait cela, etc. 
J’aime les mots précis et crus, je n’aime pas les métaphores pseudo-poétiques. 
J’aime quand je suis surpris (et certaines personnes y arrivent toujours, même si ça fait dix ans que j’anime cette collection !).
Si tu veux en savoir savoir plus, j’avais écrit ce texte pour Brain Magazine, j’y réponds très précisément à ta question : Ecrire un bon texte érotique – Les 10 commandements de l’auteur débutant

Nous nous demandons tous comment poursuivre sans relâche nos bourdes sexuelles. Et justement tu as publié en 2012 Comment rater sa vie sexuelle ? à la Musardine. Tu es un expert ?

Je ne me souviens plus très bien de ce livre, que j’avais co-écrit avec Marc Dannam. A mon souvenir, il s’était occupé de l’aspect « rater » et moi de l’aspect « vie sexuelle ». Non je déconne, j’ai une belle collection de ratages, de rendez-vous foireux, de pannes d’érections et de sexe chiant, comme tout le monde. Mais je ne m’en soucie pas plus que ça, car j’ai vite compris qu’il fallait que le sexe soit souvent un peu chiant pour qu’il réussisse à être parfois merveilleux (non mais regarde un peu ce que tu me fais écrire).

En 2013 tu as publié (encore à la Musardine, excellente maison)  Misère-sexuelle.com : le livre noir des sites de rencontre. Force est de constater que ça a beau être toujours décevant, les gens continuent d’afficher leur misère et de s’évaluer mutuellement sur ces sites. Quel est ton principal argument pour arrêter ces conneries ?

J’ai quand même l’impression que les gens ont déserté les « sites de rencontres », genre Meetic et compagnie, au profit des appli comme Tinder ou Hppn. Et c’est normal. C’est gratuit, c’est spontané, ça va vite, on matche, on se rencontre, les choses se font ou pas, c’est moins fastidieux. Tant qu’on l’utilise comme ça, sans y investir trop d’attente ni trop d’espoir, les appli me paraissent être un bon outil.
Apprécier un bon vin et surtout, en parler, c’est un ticket d’entrée vers la mondanité. Comment entrer en hautes sphères ? Une nouvelle fois tu nous sauves la mise avec l’indispensable Antiguide du vin et de la vinasse (J’ai lu, 2015). Quand je viendrai à Paris l’été prochain pour fêter la publication de mon premier roman au 122 rue du chemin Vert, quel pinard me proposeras-tu de boire avec toi et que devrai-je en dire d’un air entendu pour te faire marrer ? (Tu ne m’as pas proposé de boire un verre avec toi ? Damned. Disons que c’est un verre imaginaire, alors.)

Je préfère les vins du sud, tanniques, charpentés, les vins de la vallée du Rhône, les Languedoc, ce genre là. Mais je ne force personne à avoir mes goûts. Et si le but est de me faire rire, commande un rosé pamplemousse, ça devrait marcher.

Puisque tu es un habitué des urgences sexuelles (Les perles des urgences du sexe, Musardine, 2016), raconte-nous ta dernière visite pour un incident gênant. Aucune véracité n’est requise, naturellement.

La dernière fois que j’ai été hospitalisé, c’était pour l’appendicite, je devais avoir dix ou onze ans. Donc je sèche un peu sur cette question. Par contre j’ai connu d’excellentes urgences psychothérapeutiques, notamment ce jour où j’ai raconté à ma psy, un peu embarrassé, ce rêve que j’avais fait la veille, dans lequel je faisais pipi sur sa figure pendant qu’elle jouait à Tétris sur son portable.

J’aimerais bien être une star de la télévision littéraire. Comme tu es de bon conseil (Comment devenir une star de la télévision, J’ai lu, 2016), tu peux me dire ce que je dois faire pour être invitée chez Busnel ?

Rien. Tu ne peux rien faire. Pour être invitée chez Busnel, il faut un bon attaché de presse. Si l’attaché de presse est nul, même si ton livre est génial, tu n’iras pas chez Busnel. Moi par exemple, quand j’étais attaché de presse à la Musardine, je n’ai jamais casé aucun auteur chez Busnel.

Et enfin, s’il fallait décerner un Gérard de la meilleure intervention télévisée politique pendant la crise du Coronavirus, tu nominerais qui, et pourquoi ?

J’ai un faible pour Christophe Castaner. Depuis le début. C’est le type qui a le moins la gueule de l’emploi, et qui malgré tous ses efforts, ne l’aura jamais. Quoi qu’il fasse, il aura toujours cette tronche du mec qui sort d’une boite à cul à l’aube avec une haleine de vodka après avoir passé la nuit à renifler des lignes de coke sur le cul d’une stripteaseuse. Maintenir un type comme ça au ministère de l’intérieur, dans une situation de crise aigüe où le pays entier angoisse, quand on est sensible comme moi à l’écriture humoristique, ça tutoie le génie.

magueule

Je crois que j’ai dit cinq cent fois merci à Stéphane mais je le réécris ici : un grand merci à lui d’avoir joué le jeu des réponses à mes questions.

Je compte sur vous pour lire sa sélection dans Osez 20 histoires de sexe inavouables, à paraître prochainement. Je me suis laissée dire que c’était un grand cru…

 

3 réflexions au sujet de « Stéphane Rose : j’ai osé l’interview ! »

  1. Gier

    Ce type me fait marrer, avec sa cohorte de fans sur FB il ne manque jamais de moquer les travers des gens.
    Je ne crois pas que maintenir Castaner place Bauveau relève du génie. Il y a eut une forme de chantage (si c’est pas moi, je quitte à grand fracas LREM). Et surtout… personne be voulait du poste ! Un signe de plus de la déliquescence de la V° !
    Bon… il est temps de partir. Je n’étais pas venu ici pour parler politique !
    Bizettes chere amie.

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