Gentleman

Toi, je te vois arriver.
Tu te la joues gentleman et fais mine de comprendre quand je te raconte ma vie et quelques mésaventures. Tu me dis :

– Ma pauvre, ah la la, avec moi tu serais si choyée. D’ailleurs, et si j’ouvrais mes bras pour t’offrir l’apaisement ?

Tes mots se font velours et à les entendre, tu combles à toi seul toutes mes déchirures.
Un signe perceptible de manipulation ? Pas le moindre à ce stade, tu attends de ferrer et restes très prudent.
Tu veux que je te raconte ce qui va arriver ?
Nous nous rencontrerons et je viendrai légère : tu m’as promis des moments si heureux !
Sans perdre aucun instant tu me baiseras vite : étrange urgence pour qui m’aimait déjà.
Je ne m’étonnerai pas et même, tu m’entendras crier que c’est bon, que je jouis. Alors tu penseras la voie est libre, à moi l’amusement.
Tu te feras plus rude. Je ne moufterai pas.
Au contraire, je dirai j’aime sentir ta force.
Au premier coup, sidérée par l’ardeur, je rirai nerveusement et ne protesterai pas.
Les heures passeront et les douleurs, non.
Alors timidement je tenterai un non et tu répondras si.
Je frémirai. Partie perdue.
J’aurai moi-même libéré ce qui est noir en toi.

[ Photo – La piel que habito, Pedro Almodovar, 2011 ]

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