De la muse alanguie – Le film

Voici le texte du poème modifié pour le film de Philippe Guerrieri.

Merci à lui pour ces mises en musique et images. Le résultat est à fleur de peau, très troublant…

Le lit blanc est immense, aux craquements soyeux
Je suis nue près de toi qui est encore vêtu
Couchée contre ton flanc, ta chaleur me recouvre
Ta main de mes cheveux s’égare dans mon dos
Tes doigts, chemins légers ou sillons qui me griffent…
Le front contre ta cuisse, mes yeux ne regardent plus
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

Le timbre de ta voix dans mon sang coule encore.
Et je respire à peine, tu déclames tout bas.
Mon corps entier écoute, mon ventre t’appartient.
Tu as lié mes mains d’une corde de chanvre
Et uni mes chevilles par le même lien râpeux
La voix profonde et grave, tu déclames tout bas

Devrais-je m’inquiéter d’être ta prisonnière ?
Je n’entends que les mots que prononce ta bouche
Je ne décide rien, je gis tout contre toi
Et de ma vie entière je n’espère que ça.
Je hais la liberté et ne veux que ta voix
Tu lis Appolinaire, et tu le lis pour moi.

C’est un poème vif, de luxure et de sang
Qui parle de l’amour tel que les corps le font
Ma peau encore striée de tes marques au cuir
Frissonne d’envie : la muse, elle, est intacte.
Le feu de ton fouet, éternelle brûlure.
Mon ventre se noue enfin, tu déclames tout bas.

 

3 réflexions au sujet de « De la muse alanguie – Le film »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s