Signes de soumission (8/10)

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De retour chez elle, Margaux se doucha longuement et s’alita sans dîner. Sidérée, épuisée, elle ne savait que penser. L’intensité folle des orgasmes qui l’avaient secouée, ainsi que les douleurs, tout était si nouveau ! Son esprit était aussi confus que ses seins endoloris. Ses fesses viraient au bleu et son anus palpitait encore.
Avant de s’endormir elle aperçut la notification d’un message d’Alexandre et n’y répondit pas.

Au réveil, elle réalisa qu’elle avait bel et bien marché à quatre pattes, en laisse. Ce n’était pas un rêve ! Loin d’Alexandre, cela lui paraissait fou, comment avait-elle pu accepter et – il fallait bien l’avouer – aimer ça ? Avant de la congédier, le Maître lui avait proposé un rafraichissement. Il l’avait conduite en laisse à la cuisine, où elle avait lapé l’eau d’une gamelle. Elle avait dû se pencher et relever son cul, qu’elle présentait ouvert au regard d’Alexandre.

Elle se rappelait son étrange plaisir à s’aplatir sur le carrelage pour boire à même le sol. Soudainement animale, elle ne devait plus rien décider et donc ne pouvait plus se tromper. Quel repos ! En se donnant, elle mettait son esprit en veille.

Elle voulut se voir encore en chienne. Il lui avait ordonné d’emporter le collier de cuir alors elle le ferma autour de son cou. Elle était nue face à son miroir. Elle s’agenouilla et posa les mains au sol devant elle. Elle observait ses seins tomber comme des mamelles, son ventre se détendre. Tournant d’un quart de tour sans se quitter des yeux, elle se cambra et offrit son sexe à sa propre vue, au miroir. Elle vit ses fesses meurtries, sa chatte encore rouge et son anus serré. Elle avait encore envie de se remplir et cracha sur ses doigts, pour les lubrifier. Elle en introduit un, se sentit s’ouvrir, se réchauffer, alors elle en mis un deuxième et se branla doucement par derrière.
Elle mouillait. Toujours à quatre pattes, pour libérer sa deuxième main, Margaux posa sa joue sur le parquet et vint caresser sa chatte ruisselante. Elle pensa à la baise rude d’Alexandre et s’enfonça dans son vagin. Elle s’agita en râlant, joue écrasée au sol, cul levé. Elle était chienne en rut et le plaisir montait… mais elle n’avait pas l’autorisation de jouir.

Couchée sur le flanc par terre elle essuya ses doigts sur ses cuisses et saisit son smartphone pour lire le message d’Alexandre.
« Douce Margaux. Je vous remercie pour votre obéissance et votre beauté. Vous ne quittez pas mes pensées et je suis très touché par votre abandon. N’imaginez pas que cette émotion m’empêchera d’être exigeant à l’avenir. Au contraire, ma sévérité n’aura d’égale que votre fantastique soumission. »
Elle répondit :
« Maître, je suis votre chienne dévouée. Je ne pense qu’à vous. »

Il fallait se préparer pour aller au travail. La veille, Margaux avait respecté à la lettre les consignes vestimentaires d’Alexandre et les regards que les hommes avaient posé sur elle lui avaient indiqué que le code était compris de tous : elle était sexuelle et leur faisait envie.
Ce matin, vêtue d’une robe légère, elle attacha des bas à ses désormais quotidiens porte-jarretelles, enfila un cardigan, des escarpins et se maquilla les lèvres d’un rouge mat.
Dans la rue, ses talons claquaient en l’annonçant partout. Impossible de surprendre qui que ce soit : elle s’annonçait et attirait les regards. A la fois épiée et flattée, elle aimait l’attention dont elle était l’objet.
Vers dix heures, Alexandre lui ordonna de se goûter.
Elle s’isola aux toilettes et releva sa jupe pour plonger ses doigts aux ongles vernis entre ses lèvres. Il voulut une photo, chatte et seins, pour preuve qu’elle ne portait pas de sous-vêtements. Elle décrivit le goût de sa cyprine, moins salé et plus âcre que la dernière fois. Plus puissant, au parfum entêtant.
– C’est parfait, répondit-il, je vous interdis de vous laver les mains. Je veux que vous sentiez votre odeur de femelle en travaillant. A midi je serai devant votre bureau. Vous sortirez et me ferez sentir vos doigts.

A l’heure dite, elle sortit. Il était là.
Au garde à vous devant lui dans la rue, elle était gênée.
Alexandre s’agaça :

– Eh bien, que vous ai-je demandé ? 

Il ne l’aida d’aucun geste qui aurait pu la mettre à l’aise. Alors elle leva ses doigts jusqu’au visage de l’homme, qui ferma à demi ses yeux bleus en humant.
– C’est très bien. Combien de temps avez-vous ?

Elle annonça une heure trente de liberté et comprit vite qu’elle ne déjeunerait pas.

Il la conduisit en voiture en dehors de la ville. Après s’être garé au bord d’une petite route, il prit un sac de sport dans le coffre et invita Margaux à le suivre sur un chemin forestier. Les talons n’étaient pas adéquats et elle trébuchait.
– Donnez-moi vos chaussures et retirez vos bas.

Elle se récria qu’on pouvait encore les voir, ce à quoi il répondit sèchement que la discrétion était son affaire à elle et qu’il n’avait pas des heures devant lui. Alors en jetant des regards alentours, elle tendit à Alexandre ce qu’il demandait.
– A quatre pattes, chienne.
– Pas ici !
– Allez dans la direction que je vous indique, je marche derrière vous. Si vous ne me faites pas confiance, nous arrêtons là. Et ce sera sans retour.

Alors mortifiée elle s’exécuta. Il lui indiquait un lit herbeux derrière deux arbres, à cinq mètres. Il fallait frôler quelques ronces, éviter des racines, et des branches tombées.
– Tout droit, et dépêchez-vous.

Elle voyait ses mains et ses genoux souillés de terre, et se désespérait à l’idée de retourner dans cet état au travail. Mais l’excitation de la situation était plus forte. La folie de la chose, à quatre pattes dans une forêt, en robe élégante… et cette envie d’être prise par Alexandre.
– Relevez-vous.

Il ouvrit le sac de sport. Il en sortit un mors, et des rênes.
– Ne faites pas cette tête, le mors est propre. Je l’ai lavé il y a à peine une heure. Ouvrez la bouche.

Elle dût, hoquetant de dégoût, accepter le mors, attaché derrière sa nuque avec le harnais noué d’un mousqueton. Ensuite, il utilisa les rênes pour lier ses poignets ensemble et les fixer, en hauteur, sur une branche élevée, de façon à ce qu’elle ne puisse tenir debout que sur la pointe des pieds.
Elle jetait autour d’elle des regards paniqués.
– Ma chère, je vais en venir immédiatement au but car le temps nous est compté et nous pouvons être surpris à tout moment. Je veux baptiser votre cul de dix coups de cravache. Vous acceptez, n’est-ce pas ?
Elle hocha imperceptiblement la tête, aussi curieuse de la suite que désireuse d’en finir. Et puis seulement dix coups, après tout, ce n’était sûrement pas grand chose.

Alexandre accrocha le pan arrière de la robe au harnais et recula d’un pas. La cravache siffla avant de s’abattre. Margaux crut que son coeur explosait. Elle vit des lueurs blanches et perdit l’équilibre, seulement retenue par ses poignets levés. La douleur était brûlante. Un long râle s’échappa de sa bouche, étouffé par le mors. Elle se tordit et voulu dire non, qu’il fallait arrêter, mais ne produisit que des borborygmes. Sifflement, deuxième coup. Elle se cambra, balancée comme un fruit. Troisième coup, elle hurla, en repliant les genoux, se balançant comme un pendule. Quatrième coup. Elle voulut y échapper et la cravache s’abattit sur sa hanche.
– Margaux, ça suffit. Je vous interdis de bouger. Je vous croyais plus digne que cela. Posez vos pieds au sol et restez immobile. Si vous recevez le prochain coup sans un frémissement, il sera le dernier. Sinon, j’irai jusqu’à dix sans aucune pitié, qu’importe où ça tombe.

Elle était hors d’haleine et sanglotait. De longs filets de bave coulaient hors du mors, par sa bouche grande ouverte. Elle s’immobilisa de son mieux.
– Etes-vous prête, Margaux ?
Elle hocha la tête et le coup s’abattit en dessous de ses fesses, sur le haut des cuisses. Elle encaissa d’un souffle, en apnée, yeux plissés de souffrance, les larmes jaillissant, sans bouger, poings et dents serrés.

Alexandre la détacha et elle s’écroula au sol en pleurant.
Il libéra sa bouche et massa ses poignets. Il la prit dans ses bras et embrassa ses cheveux. « Là, là, c’est fini, c’est fini… »
Elle versait des larmes comme si toutes les souffrances de sa vie s’expulsaient maintenant. Cette douleur, en l’autorisant à pleurer, libérait quelque chose.
– C’est très bien, Margaux. C’est ce que je voulais. Vous avez lâché-prise. Je pense que vous êtes prête pour une première séance.

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