Signes de soumission (4/10)

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Je ne voulais pas obéir sans résistance et ne pouvais non plus désobéir ostensiblement, car il n’hésiterait pas à me fermer la porte au visage. J’avais résolu, subtilement, croyais-je, de sauver mon honneur avec un stratagème : à lui la joie de se croire tout puissant et à moi la satisfaction de me moquer un peu de lui.
Je frappais doucement à sa porte à l’heure dite, et lui remis immédiatement une culotte en dentelle propre, tout droit sortie de son tiroir. Je ne l’avais pas sous-estimé et savais qu’il ne s’en contenterait pas. Il porta la lingerie à son nez et me rendit la dentelle avec mépris : « Vous vous moquez de moi ? »

Je pris l’air le plus naïf et effrayé possible, et balbutiais que j’avais pensé bien faire en venant nue sous mes vêtements et n’avais pas compris, car il n’avait pas précisé, je ne savais pas… Il soupira brièvement sans cacher son agacement et s’écarta pour me laisser entrer.

Là je ne faisais plus la maligne. Mais m’être jouée de lui me permettait de rassurer mon estime personnelle : c’était bien un jeu et j’en gagnais quelques manches. Il s’agissait juste maintenant de connaître la nature du jeu.

– Ainsi, Margaux, vous vouliez me voir ?
– Oui, Monsieur.
– Et qu’espérez-vous de moi, au juste ?
– Je vous l’ai dit la dernière fois, Monsieur.
– Ah, vous voulez toujours que je vous baise ?
– Oui, Monsieur.
– Avez-vous compris quel genre de relation je vous propose ?
– Je crois… J’ai vu sur internet, des sites de soumises… Vous êtes un Maître, n’est-ce pas ?
– Exactement. Pensez-vous être une soumise à la hauteur ?
– Je l’ignore, Monsieur.
– Je l’ignore aussi. Vous comprenez que vous devrez faire vos preuves ?
– Si j’accepte, oui, Monsieur.
– Je vais vous poser quelques questions.

Il s’assit sur un fauteuil en cuir et me demanda de me tenir à sa droite, en regardant comme lui, par la fenêtre, l’avenue de centre ville animée en ce début d’après-midi. Il voulut tout savoir de ma vie sexuelle, les premières fois, les envies refoulées, les déceptions… Plusieurs fois, comme le veut l’usage, je tournais ma tête vers lui pour lui répondre, aussitôt coupée par un cinglant « Regardez devant vous ». L’interrogatoire avançant, il passait sa main sur mon corps, rendant mon élocution bredouillante et mes joues cramoisies. Ce n’étaient pas des caresses, mais plutôt une vérification du matériel, un état des lieux. Si mes réponses étaient trop longues, il m’enjoignait de résumer. Et soudain, il en sut assez.

– Bien. Vous avez assez parlé pour aujourd’hui. Je vous remercie. Avez-vous un dernier mot à dire ? Si oui, c’est maintenant, parce que je compte me passer de votre voix jusqu’à votre départ.

Je secouais la tête, soudain lasse de cet exercice. Le scénario du mauvais mommy-porn se profilait et je pensais « Etonne-moi, Grand Alexandre, que je ne m’ennuie pas ». Mais puisqu’il fallait se taire – et cela tombait bien – je gardais mon insolence pour moi.

– Venez, Margaux.
Bouche résolument fermée, je le suivis vers une chambre assez neutre, sûrement la chambre d’amis. Il m’attira à lui et déboutonna mon chemisier.
Il écarta les pans soyeux et dégagea mes seins nus, qu’il entoura, soupesa, caressa. Je fermais les yeux, toute à la sensation de ses mains sur ma peau. Il saisit mes tétons entre pouces et index et pinça. Je me redressais et ne bougeais plus. Il commença à les tordre, et j’ouvris les yeux, souffle court, sous la douleur.
– Si je vous fais mal, n’hésitez pas à me le dire… 

Je lui jetais un regard résolu, mâchoires serrées.
– Effectivement, veuillez m’excuser, vous m’avez plus la parole. Dans ce cas, je jugerai seul.

Se levant devant moi, son visage tout contre le mien, il m’infligea une douleur sévère et je ne baissais pas les yeux.

Ensuite il releva ma jupe étroite sans ménagement, la roulant sur mes hanches et dévoilant mon sexe épilé. Je tendis la main vers lui, il la repoussa et plaça mes bras derrière mon dos de manière à ce que chaque main tienne le coude opposé. Cette position m’obligeait à me cambrer et à ouvrir ma poitrine, seins offerts.
– Ecartez vos pieds. Encore. Plus que la largeur de vos épaules, et regardez devant vous. Vous prendrez cette position systématiquement en début de séance, pour attendre mes ordres, et aussi, chaque fois que je demanderai à vous inspecter. C’est votre première leçon.

Il me contourna et resta un moment derrière moi. J’imagine qu’il m’observait. C’était très difficile de maintenir ma position sans le voir, ni avoir aucune idée de ce qu’il se passait dans mon dos. Soudain je sentis sa main sur mes fesses. Il les caressait, les flattait, les tapotait. Et puis une fessée, sèche, sonore. Je sursautais et repris ma position, le coeur dilaté. Une autre, plus forte encore et puis une autre… je les comptais, il y en eu cinq, de force croissante. Ma peau brûlait, mon sexe coulait, et mon esprit s’était envolé. Pourquoi un tel bien-être après la douleur ?

Alexandre me renversa contre sa poitrine, une main sur mes seins et l’autre entre mes cuisses mouillées de désir. D’un geste sûr, il pénétra ma chatte brutalement et me fouilla en murmurant à mon oreille :

– Vous mouillez comme une belle chienne, Margaux. Ça vous excite que je fesse votre cul.

Je gémissais, me tordais, me contractais sur ses doigts en moi. Il empoigna mon sein, le serra dans son poing et je jouis dans un long râle, en m’écroulant au sol.

D’une main il ouvrit son pantalon, dégageant son sexe, et de l’autre, il saisit mes cheveux, approchant mon visage de l’organe raidi. J’ouvris la bouche et m’approchais, je le voulais, je voulais le goûter, l’enfoncer entre mes lèvres, le mouiller de ma salive…
Il me retint.

– Faites-moi un signe de la tête : voulez-vous me sucer ?

Je hochais la tête, bouche ouverte, souffle court, toute dignité envolée, je n’étais que rut. Il savourait le spectacle et sa bandaison trahissait sa satisfaction.

– Branlez-vous, Chienne, faites-moi envie de votre bouche, car ma queue se mérite.

Alors à genoux devant lui, j’écartais les cuisses, les doigts d’une main s’agitant dans ma vulve, ceux de l’autre main agrippés à un sein, bouche ouverte et langue tendue, regard fixé sur la queue tendue. Quand l’orgasme me secoua, mon cri fut étouffé par le membre raide s’enfonçant dans ma gorge et déversant après quelques brutaux va-et-vient de longues giclées tièdes.

Je hoquetais et repris mon souffle.

– Margaux, il est l’heure de nous séparer, je vous prie de me nettoyer avec votre bouche, car cela fait partie de tâches qui incombent à une Soumise bien élevée.

Je m’exécutais, planant encore des deux orgasmes qui venaient de me secouer, cheveux emmêlés, maquillage défait, visage barbouillé, au sol devant cet homme debout, chemiser ouvert sur mes seins nus, jupe relevée et escarpins encore aux pieds.

Sur le pas de la porte, après un baiser, il m’indiqua d’un ton aimable :

– Je vous enverrai avant ce soir un message expliquant vos obligations si vous voulez être mienne, et mes engagements. Vous réfléchirez vingt-quatre heures et me donnerez votre réponse par mail, de la manière que je vous décrirai. Faites-vous également à l’idée suivante : plus de pantalon, plus de sous-vêtements, jamais de collants, escarpins à temps complet, sept centimètres de talon minimum. Si vous acceptez vous ne serez plus femme, mais Soumise. Réfléchissez bien.

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