Signes de soumission (1/10)

Auteur invité : Fetish Bar

Prologue

Volontairement, il avait tout disposé en évidence.
– Vous savez ce qui vous attend, me dit-il. Vous pouvez  encore revenir en arrière, nous buvons un dernier verre et nous nous séparons.
– Oui, je sais mais j’irai jusqu’au bout, répondis-je d’une voix qui se voulait ferme.
– Alors déshabillez-vous… en silence et lentement que je profite de votre corps.

Sans le lâcher du regard, je fis glisser ma robe par terre, puis les bretelles de mon soutien-gorge, je jouai un instant avec l’élastique de ma culotte avant de me dénuder complètement.
Je restais ainsi le regardant sans trop savoir quelle serait la suite. Il restait silencieux, certain que le trouble viendrait provoquer chez moi des rougeurs aux joues et les premiers picotements au ventre.
– Redressez-vous, bras croisés en arrière et écartez les jambes.

Les ordres tombaient, me soulageant paradoxalement de ma gêne grandissante.
Il s’approcha de moi et fixa des bracelets de cuirs à mes poignets qui se retrouvèrent bloqués dans mon dos
– Ouvrez la bouche.

ll vint fixer le bâillon-boule.

– Vous pourrez ainsi crier à votre guise… dit-il en souriant.

Je perdis ensuite la vue, un masque de cuir posé sur les yeux. Il ne me restait qu’à me concentrer sur les bruits environnants, les odeurs et la façon dont il posait sa voix.
– Vos seins sont magnifiques, dit-il tout en les caressant.

Il joua avec, les pinçant de plus en plus de fort jusqu’à ce qu’il juge qu’ils étaient assez dressés pour se voir apposer des pinces reliées par une chainette. Les premières larmes de douleur apparurent sur mon visage quand il testa l’arrimage en tirant dessus. Satisfait de mes réactions, il lesta la chainette de deux petits poids, rendant encore plus difficile le port des pinces
Un court instant mes poignets furent délivrés avant que je me retrouve attachée à des crochets fixés à deux solives de la mezzanine.
– Vous êtes belle ainsi. Mais il vous manque votre collier et votre laisse, signes de votre soumission.
J’étais devenue sa Chose. Le jeu pouvait commencer. Je pourrai ensuite compter les marques laissées par le fouet…

***

– Alors comment vous sentez-vous ?
– Je ne sais pas. Épuisée, heureuse, meurtrie… amoureuse. Le premier coup de fouet… je ne m’attendais pas à ce qu’il me morde ainsi. Si j’avais pu crier, j’aurais réveillé toute la copropriété. J’ai eu l’impression que tout mon corps s‘était tendu… comme si j’avais pu rompre mes liens. Au fur et à mesure que vous maniez le fouet, mon corps me brûlait, la douleur résonnait dans ma tête, vrillait mon cerveau. Des ondes électriques me transperçaient. Je vous haïssais, entre chaque coup je vous traitais de salaud, de sadique et je me maudissais d’avoir accepté de me livrer ainsi à vous. Tout mon corps me faisait mal.
Et, à un moment, j’ai perdu pied, je n’avais plus la notion du temps et de l’espace, j’étais partie ailleurs. Les narines frémissantes à la recherche d’un peu d’air, j’avais le sentiment d’être à l’intérieur d’un brasier, mon sexe se liquéfiait. Une boule de feu s’est emparée de moi, irradiant tout mon corps. Je me tordais de douleur et de plaisir. Je ne contrôlais plus rien. Une vague de jouissance m’a emportée.
J’ai joui comme rarement j’avais pu le faire auparavant.

Chapitre 1
Trois mois avant

La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’était lors d’un mariage, lui un vague cousin du marié et moi l’une des meilleures amies de la mariée.
Je fus tout de suite fascinée par ses yeux d’un bleu intense, je ne pouvais pas m’empêcher de le regarder et de tenter d’attirer son… regard. Sa voix chaude ensuite m’enflamma.
Je redevenais une petite fille devant lui, le ventre noué, les jambes tremblantes. Quand il s’est approché, j’ai cru que je ne pourrais pas prononcer un mot. Je me sentais rougir et dans le même temps j’avais une envie folle qu’il me tienne dans ses bras. Il a compris que j’étais troublée. Il m’a alors emmenée à l’écart sous prétexte de m’offrir un verre. Il me tenait par la main, avançant à grand pas.
A ses côtés, j’apparaissais comme une gamine prise en faute. Il m’entraîna dans une pièce inoccupée de cette grande maison qui accueillait la noce.
Là, il me plaqua contre le mur, se tenant derrière moi. Il souleva sans ménagement ma robe et me prit, sa main posée comme un bâillon sur ma bouche. Par deux fois, je succombai à ses attaques, par deux fois il s’enfonça en moi par les deux voies que la nature nous a prodiguées, avide pour l’une, étroite pour l’autre.
Il me quitta aussitôt, me laissant pantelante en me disant : « Tu sais où me trouver»…

Je quittai la pièce chancelante, le sexe encore en feu, les entrailles meurtries. Un passage par une salle de bain pour retrouver mes esprits et me remaquiller et je le retrouvais en grande discussion avec la mariée.
– Viens, Margaux, me dit-elle, il faut que je te présente Alexandre, un cousin de mon mari.

Elle me glissa à mi-voix « il a des yeux superbes ».
Lui me regardait amusé.

– Nous avons eu déjà eu l’occasion de faire connaissance.

Je me suis sentie rougir et je bredouillais quelques excuses pour m’éloigner.
Je ne l’ai pas revu de la soirée et au moment où j’allais partir, il réapparut :
– Margaux, vous avez un cul à faire damner un curé, donnez-moi votre numéro de téléphone, je vous appellerai.
Abasourdie par ce vouvoiement soudain, je bredouillai, « oui Monsieur, bien Monsieur », écrivis en hâte mon numéro de téléphone sur le premier morceau de papier que j’avais et je le vis partir.

Deux semaines se passèrent sans nouvelles de lui. Je croyais que le prince charmant avait disparu une fois plus, sans se soucier de moi quand il m’appela :
– Margaux, vous êtes libre ? Retrouvez-moi pour déjeuner aux caves de la Maréchale. Venez comme vous êtes, vous êtes si charmante au naturel.
Une chance, j’étais en congé, je me maquillais, je choisis avec soin mes dessous, enfilais une robe légère. J’hésitais sur les chaussures, la veste avec la broche qui convenait et je filais car j’allais être en retard.

Il m’attendait.
– Margaux, que vous avais-je demandé ? D’être naturelle ! Vous ne viendrez à ma table que lorsque vous aurez retiré ce maquillage et fait disparaître cette broche ridicule et votre bague.

Sa voix était glaciale. Je tentais d’expliquer que la broche venait de ma grand-mère et que j’y tenais beaucoup.
– Margaux, je ne vous le demanderai pas deux fois, vous mériteriez d’avoir la fessée. Vous ne discutez pas, vous obéissez.
Le ton était sans appel. Vaincue, je fis ce qu’il m’avait demandé.
A peine assise devant lui, j’avais le sentiment d’être nue.

Le début du repas se déroula normalement. J’appréciais les mets délicats qu’il avait commandés pour moi. Rapidement la conversation prit une tournure personnelle. Il m’interrogea sur mon parcours, mes goûts musicaux. Il se livra quelque peu, m’indiquant qu’il était marié et qu’il avait une fille de quatorze ans. Il me montra même une photographie d’eux réunis. Sa fille était son portrait craché hormis la couleur de cheveux. Sa femme était superbe. En la regardant, je ressentais à la fois une admiration jalouse devant sa beauté et une envie folle de la détrôner dans le cœur de son mari.
Au détour de la conversation, il me précisa qu’il conservait dans le coffre de sa voiture l’équipement de sa fille de quatorze ans qui faisait de l’équitation. Sur le moment, je ne fis pas attention à ce détail. Plus tard je compris ma douleur.
Puis brutalement il me déclara d’une voix suffisamment forte pour être entendue de nos voisins :
– Vous savez ? J’ai pris beaucoup de plaisir à vous enculer et je suis certain que vous aimeriez que je recommence.
Je ne savais plus ou me mettre.
– Ne rougissez pas, Margaux, souvenez-vous comment vous gémissiez à ce moment. Vous ne pouvez pas nier l’évidence, vous étiez excitée comme une jeune pucelle !
Il continua, sur le même ton, comme s’il prenait à témoin le couple voisin dont l’homme semblait tout à coup fort intéressé.
– Non, ne me dites pas que c’était la première fois ? Ah tout s’explique, voilà pourquoi la voie était si étroite !

Si j’avais pu disparaître sur l’instant, je l’aurais fait, mais je tentais de rester droite, souriante alors que je me liquéfiais.

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