La chambre nourricière

Mon amour,
Je veux le raconter encore.
Nous entrons dans cette maison. Tu refermes la porte derrière nous. Lentement, tu plies les genoux et dépose sur le sol ton sac, tes cigarettes. Comme un cow-boy se désarme. Je me dénue aussi et me tiens face à toi.
Le temps s’arrête.
Tu ouvres tes bras. Je t’enlace.
On se regarde enfin, avec intensité. Je sens ton parfum, la forme de ton corps, la force de tes bras serrés autour de moi et tu deviens ma terre nourricière, mon eau, mon vent.
J’ai dû perdre la tête, tes lèvres sont sur les miennes, comment es-tu venu ?
Ta langue glisse dans ma bouche, c’est le premier baiser, unique, particulier.
Je crois que j’ai gémis.
Quelques instants plus tard, tu t’arrêtes. Tu me dis :

– Il faut que je te montre.

J’ai vu et t’ai montré. Robe à la main, je tourne devant toi. J’ose.
– Je voudrais qu’on s’allonge.
Nous entrons dans la chambre et nous voilà couchés.
Je pose la tête sur ton épaule et caresse ta poitrine.

– Je suis bien.
– Tu ne disparaitras jamais ?
– Jamais.
– On s’aimera toute la vie ?
– Toute la vie.
– On dormira ensemble ?
– Oui.
Sortis de la maison, on pouvait nous surprendre. Tu as serré ma main.
J’ai vu tomber un pan de ma vie. C’était une coupe franche. Une ère toute entière est partie en fumée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s