La tourelle

Tu sais, mon ami, mon âme jumelle, notre nébuleux désir. Il est là, il nous entoure doucement. Il voile à peine notre monde. Je sonde ton esprit et tu observes le mien. Avec patience. Nous avons le temps. Toute la vie, même.

Nous devons soupeser, mesurer, estimer, comme un maître maçon devant une tourelle. Il faut la réparer sans la dénaturer. Elle était belle avant, avec toutes ses fêlures. Il ne faut pas qu’elle tombe, ni qu’elle soit toute neuve.
Je m’inquiète pour toi et tu as peur pour moi. Bouleverser nos vies serait prohibitif. Décider, comme un soudain orage, de s’unir l’un à l’autre, quand la péniche tangue ? Non.
Attendons d’être sur terre. Et nous y sommes presque. Tels des anacondas, nous glisserons l’un vers l’autre. Nous nous imbriquerons mais sans nous écraser. Nous ferons œuvre de nous, comme une marqueterie.

Tu dis :

– Un jour, je serai totalement nu devant toi.

J’y crois, Et croire, c’est tanguer moins.

[ Photo – Pixabay ]

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