Ma plage

Contrainte du 22 février 2018 : réinterpréter le sonnet d’Alfred de Musset

Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme
Je saluais tes murs. – Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

 

Que j’aime le vent d’été, et toi et moi, mon homme,
Au pied des vagues blanches, demi-nus et heureux !
Lascifs et enlacés, aux gestes économes,
Nous attendons le soir, pour n’être que nous deux.

C’est le temps de la plage, l’heure où elle devient vraie.
J’y vivrai, malgré les vents violents à envoler les chaumes,
Sable, garrigue et cigales que les embruns embaument.
(J’entends les goélands, se moquer et crier.)

Les gens ont le teint brut, et les cheveux au ciel.
Ici, on parle fort et le rire est facile :
seul le Mistral, là-bas, met une larme à mes cils.

Oh ! Mon amour, viens-donc à ma mer, mon coeur
est certes à toi mais habite là-bas ! Oh, viens !
Viens comme un coquillage t’agripper à mes reins.

Autres oulimots du 22 février 2018

[ Image Pixabay ]

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