Le choix

Enfin il était là. Depuis des semaines, elle le frôlait en une batchata qui ne disait pas son nom. Aucune provocation n’avait eu de prise sur lui, il avait fallu qu’elle cesse de danser, baisse les yeux et avoue son chagrin :
– Tu me manques.

Il n’attendait que cela d’elle, l’abandon. Qu’elle cesse de tourner en boléro furieux et sensuel, et qu’elle avoue la vérité.
– Je serai chez toi demain à dix heures, Charlotte. C’est la dernière fois que tu hésites. Dès mon arrivée tu me feras savoir ton choix.

Il était donc là, enfin, et attendait une réponse.
Assis dans un fauteuil, buvant un café à petites gorgées, il la fixait. Gorge nouée, elle ne pouvait parler.
Elle fit lentement les deux pas qui la séparait de l’homme, baissa les yeux et s’agenouilla devant lui. Assise sur ses talons, elle écarta les cuisses, cambra ses reins et présenta ses mains ouvertes.
– Jolie posture, Charlotte. C’est donc ton corps qui répond ?
– Elle inclina la tête, sans relever les yeux.
– C’est bien ce que tu veux, être dominée ?
Un long silence. Il la saisit par le menton, releva son visage et l’enjoignit de répondre.
– Non, Maître. Je ne veux pas être dominée. Je veux être à vous.
Il sourit, et détacha son étreinte.
– Crois-tu en être digne ?

En un instant, il retira sa ceinture de cuir et lia brutalement les poignets de la femme à genoux.
– Est-ce que tu consens à ce que je vérifie si tu es encore soumise ?

Une goutte tomba sur le parquet. Elle ne transpirait pas.

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