La mexicaine

En ces temps de guerre il en fallait peu au Dictateur pour emprisonner les femmes. J’avais été prise au piège par un amant, que je croyais fiable. C’était oublier que je l’avais éconduit et qu’il ne rêvait que de vengeance.
C’était par le sexe qu’il m’avait eue. Il me rendait folle. Je ne l’aimais plus mais sa voix, la peur qu’il m’inspirait, son pouvoir sur moi mettaient mes sens en ébullition. Souvent, je demandais à ce qu’il pose un bandeau sur mes yeux, pour ne plus voir son sourire cruel, et m’abandonner à ses vices.
Ce jour-là j’avais reçu un message de lui. « Viens à l’hôtel du Dragon Noir, chambre 301. Tu porteras tes bottes, celles qui habillent tes cuisses et sous une jupe courte, tu seras nue. »
C’était une folie, mais je brûlais de désir. Tant pis s’il me tuait, il en était capable, il fallait que j’y aille.

Je devais y être à la tombée de la nuit et ne pas allumer la lumière. J’avais ordre de tourner le dos à la porte, cuisses écartées, jupe relevée sur mon cul nu et de ne pas quitter des yeux l’animation nocturne de la rue mal famée, par la fenêtre sale.

Des pas dans le couloir. C’était lui ? Non, ils étaient plusieurs. Ma longue tresse brune trembla à peine sur mes reins, je ne respirais plus. La porte s’ouvrit avec fracas.

« La voilà, la putain mexicaine ! »

C’était la milice, j’étais dans un bordel.

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