L’histoire d’Aure

C’est un nouveau client aujourd’hui. Classique : Arnaud, la cinquantaine, veuf, pas de demandes spéciales. Je reste sur mes gardes cependant. Vingt années de prostitution m’ont appris à me méfier des rencontres girl friend. C’est ce genre de petit ami qui se comporte comme un porc une fois la passe payée.

Arnaud accorde de l’importance à ce que je sois occasionnelle. Monsieur n’assume pas de se payer une pute, il s’imagine que baiser une bourgeoise qui se prostitue par fantasme est plus classe. C’est fou, cinquante ans plus tard, le nombre de types qui se croient dans le film de Buñuel. Bon. J’avoue que je les mets sur la piste… ou du moins, ils sont ma cible, ceux qui cherchent une Séverine. Je ne prospecte que via mon site, Aure – escort Toulouse, où je me montre élégante et sobre… une vraie Madame. Je vends, en plus des services sexuels, la possibilité de passer pour une conquête ou même l’épouse s’il le faut. Je détaille mes prestations sexuelles dans une rubrique à part et ouvre mon album de nus sur demande. Le prospect veut tout de même l’assurance que sitôt la porte de la chambre d’hôtel refermée, il aura bien une pute et que le travail sera fait.

Ils aiment savoir qu’ils sont le seul de la journée. Au prix que je demande, ça ne pose pas de problème. Il m’a fallu du temps pour parvenir à cet équilibre : un rendez-vous par jour, le pool des réguliers et les soirées spéciales.

Je me prépare donc pour le nouveau. Je n’ai jamais peur avant une passe. Je crains davantage une mauvaise haleine et des ongles douteux que la brutalité. L’hygiène du client, c’est le point de vigilance dans mon métier. En pleine baise, ils ne pensent pas aux suivants et mettent leurs doigts partout au risque de me coller une IST. Je suis fréquemment obligée de faire un rappel à l’ordre en plein acte et c’est bien plus compliqué à gérer que la violence.

Arnaud veut que je sois nue sous une robe. « Elégante à l’extérieur, accessible en dessous ». J’ai l’habitude. Il veut me tripoter en public, avant la chambre. Je sors ma tenue de base : bas noirs, petite robe portefeuille et gabardine ceinturée. Parfum classique, maquillage discret, ongles rouges impeccables. Il fait froid alors j’enroule un pashmina autour de mes épaules – ça donnera le ton : pour les cadeaux je n’accepte que du luxe. Nous avons rendez-vous au bar d’un hôtel cinq étoiles pour « faire connaissance ». Mon manteau sera fermé jusqu’à ce que l’enveloppe soit déposée dans mon sac.

Travailler sans être payée est le genre d’erreur qu’on ne fait qu’une seule fois. On a toutes connu le client évaporé et c’est une tromperie cuisante. Moi ça m’est arrivé avec un régulier. Nous avions des plans petite amie chez lui une fois par mois. Des échanges gentils entre les passes, pour entretenir l’affection.  Il avait l’habitude de venir me chercher devant chez moi. Dans sa voiture, il payait et il me doigtait en conduisant jusqu’à son domicile. Un jour, il m’a demandé de venir chez lui. A peine sa porte ouverte, tout s’est passé comme d’habitude : roulage de pelle, pelotage de seins, troussage et fessée d’accueil. Je n’ai pas osé lui demander l’argent avant de monter dans sa chambre. J’ai mis du cœur à l’ouvrage pendant toute la prestation, en squirtant abondamment plusieurs fois. Il adorait ça, que j’inonde tout. Au bout d’une heure, il s’est levé comme une bombe, a annoncé que sa fille allait passer le voir et que je devais partir. Ne voulant pas le mettre dans l’embarras, j’ai filé sans mes sous. Et il a disparu. Plus de nouvelles. J’aurais pu le relancer ou me présenter chez lui pour réclamer mon dû mais j’étais trop blessée. C’était un viol à posteriori. Il n’avait pas droit à ce que j’avais donné. J’en ai pleuré de rage, pas pour mes deux cent balles, mais pour ce qu’il avait volé de moi.

Je vais au rendez-vous à pieds et je marche en simulant l’aisance sur mes talons aiguilles. J’habite près de la gare. Pourquoi est-ce que les prostituées habitent près des gares ? Il faudra que j’y réfléchisse, il y a certainement une bonne raison. Moi, c’est parce que mes lieux de travail préférés sont dans le quartier. Les bains libertins et l’hôtel de luxe qui empile sept étages de suites contemporaines. Aux bains, je suis connue et acceptée. Je ne recrute jamais sur place et ne viens pas plus d’une fois par semaine. Avec cette discrétion j’ai la protection et l’amitié de Christophe et Lola, le couple de gérants.

L’hôtel ne peut pas ignorer non plus mon activité. Pour pouvoir continuer à rencontrer chez eux, je dois faire très attention. Jamais deux jours de suite, jamais à la même heure et très rarement au bar, que je réserve aux premiers rendez-vous. Les autres fois, la chambre est réservée, j’arrive la première et le client me rejoint.

J’entre dans le grand hall feutré d’un pas assuré. Il faut que j’ai l’air légitime. A chaque fois je m’imagine un scénario : je suis l’épouse d’un PDG, une actrice, une intellectuelle… Le réceptionniste me salue d’un léger signe de tête, je lui fais signe que je passerai plus tard prendre la chambre et je me dirige vers le bar. En plein milieu de l’après-midi, il n’y a personne, sauf un homme, au fond, plongé dans un bouquin. C’est sûrement lui.

Le premier instant est toujours le plus difficile pour moi. Le premier regard, les premiers mots… Après ça, tout est automatique. Une fois que j’ai cerné le client j’endosse le rôle adapté et je déroule sans réfléchir.

Je m’avance et il ne lève pas la tête, visiblement absorbé. Alors tant pis, je fonce.

– Bonjour, vous êtes Arnaud ?

Il se lève, me serre la main, souriant et détendu. Il sent bon, n’est pas timide et a de l’éducation. C’est toujours ça de pris.

Nous nous asseyons, il commande un thé pour moi après s’être enquis de mes goûts et sans aucune gêne, entame une conversation qui va droit au but.

– Alors, vous me trouvez à votre goût ?

– Oui. Vous avez du charme et vous êtes élégant.

– Nous faisons donc affaire ?

– C’est d’accord. Vous avez pris la chambre ?

– Je l’ai depuis hier, en fait. Je suis là pour deux jours. Je donne des conférences.

– Dans quel domaine ?

– Je suis psychiatre et je travaille en particulier sur les traumatismes, mais ce n’est pas le sujet du jour, n’est-ce pas ?

– J’espère bien !

Il a les yeux vifs et respire la bonhommie. Pour l’instant, tout va bien. Il est plus grand que ce que je pensais, cheveux clairs, yeux bleus. Un bel homme. Je remarque ses mains criblées de tâches de rousseur. Ca me plaît. Une peau fragile, un signe extérieur de vulnérabilité. C’est touchant.

– Voulez-vous l’enveloppe maintenant ?

– S’il-vous plaît, oui. Pouvez-vous la déposer dans mon sac ?

Il s’exécute discrètement, je fais mine de chercher un mouchoir pour essuyer mes mains et vérifie le montant. Lui ne fait pas semblant d’être dupe.

– C’est correct ?

– Oui, c’est bien ça, je vous remercie.

– Ne me remerciez pas. Mais montrez-moi votre chatte.

C’est facile puisque je tourne le dos au barman. De plus le dossier de mon fauteuil me dissimule. J’entre donc dans mon rôle, affiche un sourire enjôleur et attaque un pré-strip-tease en guise de vitrine. T’inquiète, tu en auras pour ton argent. Je retire mon trench et écarte les pans de ma robe en dévoilant mes bas. Je prends mon temps, il semble aimer. J’ouvre lentement mes jambes et lui offre la vue du sexe glabre promis.

Vacances en soumission : mon interview !

J’ai été interviewée par Christophe Siébert pour le blog de Mes histoires porno.

A lire ici, ou là-bas, comme vous voulez !

*****

« Camille Sorel sait écrire. Ses personnages sont palpables, on avance avec Hélène dans sa découverte du BDSM. Et les scènes de cul sont excitantes, notamment les scènes lesbiennes entre Mel et Hélène où le désir se transmet au fil des mots au lecteur, le contamine et l’entraîne irrémédiablement vers une excitation indéniable ! »

« Quand je vous aurai dit que la plume de l’écrivaine est à la hauteur de la beauté de ses héroïnes et de son talent de conteuse, je n’aurai plus qu’à espérer que Camille Sorel ajoute rapindement une suite à ces palpitantes aventures. »

« Des mots crus de vérité sans jamais être vulgaire. Ici les mots ont leur portée… Après avoir lu Vacances en soumission vous ne pourrez plus voir de la même manière le BDSM. »

« Un amour tendre et cru, hors des limites convenues. le style est vif, sans fioritures. Métaphores et euphémismes n’existent pas dans l’écriture de Camille Sorel. Et les scènes les plus scabreuses son exposées dans leur totale impudeur. »

« Ce récit est superbement écrit et malgré le sujet aucune vulgarité. »

« Écrit avec crudité et tendresse, ce roman ne vous laissera pas indemne. »

Que ce soit sur le site de Charlie LiveShow (cliquez pour lire l’intégralité de sa critique et écouter son sensuel podcast) sur Babelio (cliquez ici pour lire toutes les critiques des lecteurs) ou sur Amazon (cliquez ici pour lire les avis) où il est quatrième des ventes dans la catégorie e-book porno, Vacances en soumission, sixième titre de la collection Les Nouveaux Interdits, rencontre son public et ça nous fait très, très plaisir ! Parce que ce roman à ne pas mettre entre toutes les mains le mérite ! 

Alors, pour fêter ça, nous avons demandé à l’autrice de répondre à quelques questions… forcément indiscrètes.

— Bonjour Camille, peux-tu nous résumer en quelques mots l’intrigue de ton livre, et les sujets que tu as voulu traiter ?

Vacances en soumission raconte l’aventure sexuelle inattendue d’une jeune femme, Hélène, de retour au village de son enfance pour quelques semaines de vacances. Elle retrouve Mel, son amie d’adolescence, qui fut aussi son amante. Les deux femmes se désirent toujours autant. Mel confie à Hélène qu’elle mène avec son mari une vie de soumise et lui explique ce qu’implique sa condition.

Hélène est partagée entre effroi et excitation. Quand les circonstances l’amènent à choisir d’être initiée à la soumission sexuelle, elle n’hésite pourtant pas.

J’ai voulu montrer une réalité sado-masochiste sans la voiler de romantisme ou l’alourdir de clichés. Les personnages sont juste des humains, pas des stéréotypes. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, leurs mochetés et leurs qualités humaines. Je trouvais important de raconter de façon réaliste, voire crue, ce que pouvait impliquer une relation BDSM sans me poser en juge du récit. Ni héros, ni bourreau, ni victime dans mon roman. Juste des gens qui vivent une sexualité intense et assez marginale.

— Je sais que tu as hésité à écrire, à partir de ce sujet qui te tenait à cœur, un roman porno ou un roman de littérature générale. Pourquoi ce choix d’écrire un roman porno ?

D’abord, pour bosser avec toi ! Je voulais, pour ce premier roman, un véritable accompagnement éditorial. Je manquais de confiance en moi et tout au long de l’écriture de Vacances en soumission, tu étais présent pour me rassurer et me conseiller. Cela n’a pas de prix quand on se lance dans un premier grand texte.

Ensuite, j’ai senti que si je choisissais de faire ce récit en éludant la partie purement sexuelle, il n’en resterait que la description d’une double emprise. J’aurais pu tomber dans le jugement voire la dénonciation de pratiques dangereuses. Je préfère m’effacer derrière mes personnages et simplement dire : « Voilà, ça peut se passer comme ça ».

Et pour finir, même si une relation BDSM est bien plus que du sexe, il en est tout de même, en général, un moteur puissant. Le contourner aurait signifié de faire le choix de gommer une grande part du sujet. J’ai préféré être explicite.

— Qu’est-ce qui selon toi caractérise un bon roman porno ? Et une bonne scène de cul ?

C’est affaire de goût bien sûr ! Mais de manière générale, je dirais « moins de mots, plus de faits ». Je n’aime pas lire les récits érotiques dans lesquels l’auteur fait la roue. Impossible de se concentrer sur la scène de cul, car il semble qu’il – ou elle – nous tape sur l’épaule en disant « Eh, t’as vu ? J’écris bien, hein ? ». Les phrases alambiquées, les métaphores raffinées… je n’aime pas.

J’aime quand ça parle de cul comme le cul se passe. La littérature permet ce fantasme fou : être là, pour voir, en vrai ce qui arrive, pas des comédiens qui jouent. Pour obtenir cette vérité et la réalisation de ce fantasme, il faut qu’on nous parle vrai. Et ce n’est pas une faiblesse de le faire, en tant qu’auteur, au contraire. C’est difficile de s’effacer, j’en sais quelque chose !

— Ton roman parle de l’univers BDSM d’une manière plutôt réaliste et sans concession, ce qui est assez original et inhabituel. Comment penses-tu qu’il sera reçu par les gens de ce milieu ? Et par les lecteurs qui n’en font pas partie ?

En écrivant, je n’ai songé qu’à mon histoire, celle que j’avais à raconter. Avec le recul, je me dis qu’elle pourra être mal perçue si elle est lue comme un manifeste. Je ne dénonce rien, je n’accuse personne : je raconte l’histoire de deux femmes et un homme qui vivent des moments sexuels intenses pendant quelques jours.

Peut-être que certains préfèreront voir un « Maître » très classe, une soumise un peu conne et une novice enthousiaste… hélas, dans Vacances en soumission, les personnages sont juste les plus réels possible. J’espère que la communauté BSM accueillera mon roman pour ce qu’il est : une simple fiction.

Les lecteurs qui ne font pas partie du monde BDSM risquent d’être un peu déçus s’ils s’attendent à l’élégance feutrée des nuances à succès. Quoique l’ambiance du petit village vigneron en bord de Méditerranée aie un sacré charme, je trouve…

— Tu as toi-même beaucoup fréquenté ce milieu et, bien que ce roman soit une fiction et pas un témoignage, j’imagine que tu as, pour l’écrire, puisé dans ton expérience personnelle. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Bien sûr, j’ai puisé dans ce que j’ai vécu en tant que soumise. Mais aussi dans ce que j’ai vu et lu. Pendant toute cette période de ma vie, j’ai mémorisé avec minutie des tas de choses. Les mots d’une domina, le geste d’un Maître, le regard effronté d’une soumise, le masochisme d’un soumis… J’ai tout enregistré… et ça s’est mélangé pour faire le terreau dans lequel Vacances en soumission a germé.

— Camille Sorel est un pseudonyme. Pourquoi ne pas avoir publié ce livre sous ton vrai nom ? Et pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?

Je suis mère de deux fils que je veux préserver, comme tout parent, de ma vie sexuelle. Ils savent que j’écris de l’érotisme, ils connaissent mon pseudo, mais sont libre d’en garder le secret. C’est leur choix.

J’ai choisi Sorel pour Agnès, la maîtresse du roi devenue reine. Elle me rappelle de ne pas m’effacer ni renoncer. Quant à Camille, j’aime que ce soit un prénom androgyne, parce que le genre, c’est une notion bien floue à mes yeux.

— Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

J’écris un deuxième roman. L’héroïne en sera une prostituée et le sujet ne sera pas son travail mais la femme qu’elle est. J’aimerais montrer une travailleuse du sexe comme une boulangère : c’est une personne qui travaille, qui a un job utile, apporte sa part à la société. Parfois elle a des clients chouettes, parfois ce sont des cons, parfois elle fait ses heures en attendant la quille.

Le vrai sujet ce sera son mental, qui a été abimé par de violents traumatismes. J’ai vraiment envie de décoder le système du stress post traumatique et de la dissociation mentale. Donc pour l’instant, ce n’est pas un roman porno. Affaire à suivre… !

J’enregistre en ce moment un nouveau feat. avec VAPA. Ce sera un morceau positif, encourageant, énergisant !

Et sinon, je voudrais surtout que le rêve continue : la publication de Vacances en soumission est à plus d’un titre une immense joie ! C’est un livre vraiment très important pour moi et je suis fière de l’avoir mené au bout.

Pour le lire le début de Vacances en soumission : https://www.meshistoiresporno.com/produit/vacances-en-soumission/

Un grand merci à Christophe Siébert pour cette interview !

VAPA : l’interview dancefloor, en conscience

1- La base : ça veut dire quoi, VAPA, et ça vient d’où ?

VAPA est l’acronyme de Vous n’avez pas d’avis. Cette phrase est tirée d’une intervention de Coluche devant de jeunes étudiants (pour les curieux, vidéo ici). De là naît mon premier titre – VAPA01.


2- C’est toi sur les photos de ton compte Instagram ? Pourquoi tu caches ton visage ?

Oui c’est bien moi et j’ai commencé à cacher mon visage au début car j’avais du mal à assumer mon projet. Je viens de milieu rock/metal et il m’a fallu du temps pour appréhender ce nouveau monde électronique. Ça me paraissait plus facile de démarrer anonyme. J’aimais aussi ce côté VAPA c’est personne mais c’est tout le monde. Tout le monde doit se sentir touché par les thèmes abordés. Je pense me dévoiler petit à petit à l’avenir. Je n’avais d’ailleurs pas de masque lors de mon 1er live à Nantes.


3- Ici, on te connaît dans ton costume de musicien d’électro. Tu as d’autres cordes à ta harpe (ou guitare, ou basse, ou ukulélé) ?

J’ai commencé la musique assez tardivement vers l’âge de 17/18 ans par la guitare électrique. Mon père en avait une au grenier qui attendait sagement. Je me suis lancé et au fur et à mesure des rencontres, tu crées un groupe puis des groupes – tu fais des concerts puis des tournées et bim tu connais bien ton instrument. A côté de ça, je touche un peu à la basse et à la flûte à bec qui ne me sert jamais… (rires)


4- Tu définis ton style comme electropunchline ou dancefloor conscient. Tu nous expliques ?

Les petits bout de phrases ajoutés doivent autant retournés ton cerveau que la musique en elle-même. On se rassemble, on fait la fête, on vit le moment et on pense à demain d’une façon optimiste.


5- Tu collabores parfois avec CROSS. C’est qui ? Tu nous les présentes ?

C’est une rencontre très importante dans mon projet. Je l’ai rencontré par hasard dans un bar sur Cologne un soir de match de foot et on a tout de suite accroché. On a commencé à faire de la musique pour rigoler. Après quelques idées enregistrées, on s’est dit que ce serait bien de pousser le délire un peu plus loin. On a sorti 3 titres pour le moment (à découvrir ici) et un 4ème arrivera dans l’été. Il paraît même qu’on prépare une collaboration avec Camille Sorel, vous connaissez ? En tout cas c’est un super producteur et DJ qui m’a beaucoup appris. Allez le suivre (son insta) et son collectif Pelika Noir, il vous prépare de nombreuses tracks techno/tech house pour vos soirées folles.


6- Tu as concrétisé ton projet de live. Alors ? C’était comment ?

C’est passé très vite mais super souvenir ! Il y avait la plupart de mes ami-e-s et c’est la première fois que j’entendais mes sons aussi forts. Grosse ambiance !!! J’ouvrais la soirée pour le collectif allemand Pelika Noir justement qui assurait la soirée jusqu’au bout de la nuit. Avec mon équipe, on se prépare à fond pour les prochains concerts et j’ai vraiment hâte genre vraiment !


7- Tu as réalisé un clip superbe pour Erreurs acceptées. Du cinéma, du vrai ! Récemment, grâce à un projet Ulule, tu as obtenu le financement pour réaliser un nouveau clip. Tu peux nous parler de ce projet ?

L’idée de ce Ulule était de voir plus loin pour ce second clip en se professionnalisant  (payer les gens et tout). Il sera aussi réalisé par Baptiste Chevalier qui a fait un superbe taf sur Erreurs Acceptées. Je vous invite à découvrir ce clip d’ailleurs ici https://youtu.be/l30F27EHpF0

Le tournage du prochain clip a été perturbé par le corona et il devrait être tourné à la rentrée. Croisons les doigts pour que tout se passe bien. Côté musique, le titre a bien avancé et j’espère vous surprendre à nouveau !


8- Notre collaboration est à chaque fois une grande joie. Je te remercie infiniment ! Quelles ont été les réactions de ton entourage quand tu as composé sur mes textes érotiques ?

De même, c’est toujours de la pure création ce qui me rend très heureux aussi. L’entourage a été très surpris mais ils ont été impressionné par le concept aussi. Ils ont pris plaisir à découvrir tant le projet Camille Sorel que les VAPA feat. Camille Sorel. J’ai même eu une remarque pertinente de Baptiste qui disait que tes chansons seraient beaucoup plus utiles dans les écoles que les cours d’éducation sexuelle. Une idée à creuser ?


9- Tu peux nous parler d’Envol captif, ton nouveau titre ? Quelle fut la source de ton inspiration ?

Comme souvent, je l’ai composé lors d’un voyage en train. Je revenais d’Amsterdam où je venais de passer une semaine (nouvel an tout ça tout ça) et cette idée de voix est la première chose qui est apparue. Mon oreille a tout de suite accroché. La compo et l’arrangement étaient quasi terminés à la fin du voyage. Je n’ai pas mis de voix mais ce morceau en avait pas besoin. Il est question ici de lâcher prise et de laisser parler son intérieur.

J’ai mis beaucoup de temps à le terminer mais la période du corona m’a permis de le finaliser et de travailler avec Perrine Drouillet pour la réalisation d’un clip animé (à voir ici). Je suis très fier du résultat. Elle a fait un sacré taf qui unit vraiment la musique et l’image.


10- Et pour finir, notre prochaine collab, en cours de création : tu veux bien la présenter ?

Oui avec grand plaisir !!! Pour la première fois, on invite une autre personne à la création. Ce sera un Cross, VAPA feat. Camille Sorel. La chanson sera une techno/electronica accompagnée de ta douce voix qui viendra guider les auditeurs vers le dancefloor conscient.


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Tschüss


V AP A

Je te salue, adieu

Toi qui m’a enseigné la honte de moi-même

Toi qui m’a vue grandir sous ton mépris jaloux

Toi qui m’a bien baisée quand je disais je t’aime

Et toi qui exhibait ton appendice mou

Toi qui m’a modelée corps muet consentant

Toi qui m’a faite mère, mère célibataire

Toi fantôme aux mots vides

Et toi dont la passion vaut tension des gonades

Toi mon plus grand amour, ma morbide folie

Toi l’ « homme de ma vie » que je suis censée attendre

Toi pour mes cheveux blancs et toi jusqu’à cent ans

Je vous salue, adieu

[ Photo – Antonio Gutierrez Pereira ]

L’accident

Une lueur de phares éclaira la maison. Madeleine et Alexandre échangèrent un regard inquiet. Personne ne venait la nuit au petit mas : cette visite nocturne était de mauvaise augure. Une voiture se gara dans la cour. Comme si elle s’enfuyait, la propriétaire des lieux grimpa l’escalier jusqu’à la chambre pour se vêtir davantage pendant que son ami ouvrait la porte.
Elle sentit son sang se glacer lorsqu’elle entendit une voix inconnue demander avec assurance :
– Madame Galthi est là ?

Elle enfila une robe et descendit pieds nus. Son coeur s’arrêta devant la scène. Dans l’entrée, sa meilleure amie était là, dans les bras d’Alexandre. Près d’eux, un gendarme patientait.

Le mari d’Anouk avait eu un accident. La voiture venait d’être découverte au port. Il fallait que l’épouse se rende sur les lieux et elle souhaitait que Madeleine l’accompagne. Acceptait-elle ?
– Bien sûr. Mon ami peut-il venir ?
– Oui, hâtez-vous. Prenez votre véhicule et suivez-nous.
– Anouk monte avec nous.

Quelques instant plus tard, Alexandre conduisait derrière le gyrophare. A l’arrière, les femmes enlacées chuchotaient.
– Que s’est-il passé ?
– Je ne sais pas ! Il m’avait envoyée à l’épicerie !
– Pour faire des courses ou pour être baisée ?
– Devine…
– Le salaud.
– C’est l’épicier qui a vu les gendarmes devant chez moi. Nous avons prétendu que j’avais une panne de gaz et qu’il s’apprêtait à me livrer une bouteille.
– D’accord. Et ton mari, il était parti où ?
– Je ne sais pas ! Quand il m’envoie chez quelqu’un je n’ai pas le droit de le contacter. C’est lui qui appelle les gens pour leur dire de me renvoyer à la maison.

Ils arrivèrent au port. La voiture était encastrée dans un rocher, au début de la jetée. Tout l’avant du véhicule semblait avoir disparu. Des lumières tournoyaient, SAMU et pompiers s’affairaient sous les regards d’effroi de quelques habitants. Un gendarme s’avança vers Anouk.

– Madame, les jambes de votre mari sont retenues dans le moteur. Sa tête a heurté le volant, il n’était pas attaché. Il roulait vite, le choc a été violent.
– Il met toujours sa ceinture.
– Je suis désolé, madame. Les secours ont fait le maximum.
– Mais. Il est…
– Nous pensons qu’il est décédé sur le coup.

Anouk encaissa. Elle serra les dents, son visage entier se contracta. Madeleine lui prit le bras et la sentit raidie.
– Il y a autre chose, madame. Votre mari n’était pas seul. Nous avons identifié la passagère. C’était sa secrétaire.
– C’était ?
– Elle n’a pas survécu non plus.

La jeune veuve releva le menton. Ses yeux semblaient plus gris que jamais. Elle inspira profondément et dit d’une voix blanche :

– Je dois aller voir, je suppose ?
– Il faut reconnaître le corps de votre mari. Vous pouvez le faire après la désincarcération si vous préférez mais pour les besoins de l’enquête il est souhaitable de le faire maintenant.
– J’y vais.
– Attendez, une dernière chose. La passagère avait sa tête au niveau du bas-ventre de votre mari au moment du choc et… elle s’y trouve encore.
– J’ai compris.

Madeleine ne pouvait plus bouger. Elle regardait Anouk, plus digne qu’une reine, marcher vers l’épave, les cadavres, les lumières aveuglantes et les odeurs atroces. Elle la vit se pencher vers l’intérieur du véhicule, observer le spectacle macabre pendant quelques secondes, se redresser et répondre aux questions policières en hochant la tête. Puis aux mêmes pas réguliers, comme flottant sur le sol, elle revint vers ses amis et leur dit simplement :

– On peut partir.

 

Ils passèrent le reste de la nuit tous les trois au petit mas. Anouk ne pleurait pas. Elle était droite et semblait sous le choc. Elle accepta du vin et fuma les cigarettes d’Alexandre. Elle listait les démarches à accomplir pour les obsèques et s’inquiétait de faire disparaître de chez elle toute trace de sadomasochisme. Elle répétait que les preuves de son esclavage devaient être effacées, comme si elle voulait préserver la mémoire de son mari des noirceurs domestiques.
Personne n’osa évoquer explicitement l’horrible circonstance de la mort des victimes tuées par l’accident en pleine fellation.

– Tu savais pour ton mari et sa secrétaire ?
– Je savais qu’elle le voulait mais pas qu’il la voyait.
– Anouk… ça va aller ?
– Bizarrement, je crois que oui.
– Si je puis me permettre, répondit Madeleine, ce n’est pas si bizarre. Il te torturait et te faisait violer. Qu’il aille au Diable.
– Je sais que tu penses ça… mais j’étais d’accord. Et je l’aimais.
– Fallait-il que tu l’aimes !
– Je n’aurais jamais pu mettre un terme à notre histoire. Mais j’étais fatiguée, Madeleine. Je vais te faire un aveu terrible : je suis soulagée qu’il soit mort. Il n’y avait pas d’autre issue pour moi.

Confinum

De ma fenêtre je vois des arbres rouges qui ondulent au vent. Ils se dessinent nettement sur le ciel blanc grisâtre. Plus bas la haie oblige à raccourcir le champ, l’horizon se réduit, oui, mais je suis chez moi.
La pelouse est ingrate, parsemée de pissenlits. Ça sent la terre mouillée, les oiseaux chantent encore.
Je m’ennuie.
J’ai un bouquet de roses du jardin d’à côté. Un ou deux amants tendres qui m’écrivent des mots fous. Des parfums délicats, des couleurs, des plaisirs. Rien qui ne se passe mal. Rien qui ne se passe, pourtant.
Si je prenais une bière ? Ah ben zut, y’en a plus.
Je pourrais faire aussi une heure de yoga, mon corps dirait merci. L’ennui, c’est que le sol est parsemé de miettes. Je devrais balayer, plutôt. Et ranger tout ce bazar.
Des chaussures jetées derrière le canapé, un tas de plaids moelleux, des coussins, des BD. Un fauteuil en osier, mes travaux de couture.

Quel ennui.
Un gâteau est au four, c’est toujours ça de fait.
Je me rêve écrivaine, c’est bien sûr du pipeau. Une écrivaine écrit et moi, je tourne en rond.
Tiens, voilà le chat des rues qui réclame sa gamelle. Je désinfecte ses plaies, secoue sa couverture, la pauvre bête est fichue, j’accompagne la fin.
C’est le genre de soirée où je dirais aux kids : « Allez hop, les garçons, on sort dîner dehors ! ». Je coupe deux trois endives et fais bouillir de l’eau, oh merde… ce que je m’ennuie.
Si au moins je lisais.

N’importe quelle autrice aurait pondu un livre. Cinquante jours de libre, l’aubaine d’une vie. J’ai écrit un chapitre…

Je regarde par la fenêtre, c’est mieux que le miroir.
Presque deux mois hirsute, teint brouillé, en savates. Je suis une vieille sorcière, prenez garde au danger !

Bon.
Cessons de rêvasser.

Je prends mon agenda, rédige une to-do list.
Demain, je me lèverai tôt. Méditation, yoga, lecture et écriture. Ensuite, au marché, pourquoi pas en vélo ?
Je vais refaire surface, retour à la vraie vie !

Je regarde par la fenêtre.
Tout autour du Bouddha détrempé par la pluie, un tapis a poussé.
Bien rangé, au compas, décoré de points beiges.
Ce sont des champignons.

Même la nature s’ennuie et fait n’importe quoi.

Stéphane Rose : j’ai osé l’interview !

Stéphane Rose est le directeur de la collection Osez 20 histoires de sexe à la Musardine. C’est classe, mais c’est juste une des nombreuses facettes de cet auteur prolifique. De la littérature de jeunesse au Guide des emmerdeurs, des cons et des importuns en passant – c’est une constante – par la pornographie, il est auteur (ou co-auteur) d’une vingtaine d’ouvrages.

LA REVUE DE PRESSE RENTREE 2017
Cet homme, vous l’avez déjà deviné, a décidé de prendre la vie du côté réjouissant. Il a donc écopé, entre autres, de l’étiquette « humoriste ». Il n’est rien de moins que fondateur des Gérard (du cinéma, de la politique et de la télévision) et chroniqueur dans diverses émissions sur Paris Première, RTL, Europe 1. Notez également que si Canteloup ou Laurent Gerra vous ont fait hurler de rire, c’était peut-être grâce à une vanne écrite par Stéphane, qui fut de leurs auteurs.
Alors voilà, je ne me la pète pas (si), mais Stéphane Rose vient de sélectionner pour la troisième fois une de mes nouvelles pour le futur Osez 20 histoires de sexe inavouable. Je me devais de vous présenter ce directeur de collection au goût si sûr. Il a accepté de répondre à quelques questions et je l’en remercie ! (Je demande d’avance pardon pour la première question. C’est mon côté « impulsive sexuelle » qui a pris le dessus.)

Tu connais Stéphane Bern ???!!! C’est mon héros, mon impossible amour ! Est-ce qu’il sent bon ? Ses mains sont-elles douces ?

Je le vois chaque semaine à RTL dans les studios de l’émission « A la bonne heure », dans laquelle je raconte des conneries. Il sent bon, il est très soigné, ses mains sont impeccables, mais comme tu le dis dans ta question, il restera ton impossible amour, puisqu’il préfère les garçons. Encore que. Il aime aussi le patrimoine et les monuments en ruine, donc dans quelques décennies, tu auras toutes tes chances. Mais il va falloir prendre ton mal en patience.

Je me ressaisis. Dans l’émission de Stéphane Bern (soupir), tu incarnes le « service qualité » et réponds au courrier imaginaire d’auditeurs mécontents. Tu poursuis ce noble travail sur Paris Première dans la fameuse Revue de presse. Tes téléspectateurs fictifs sont devenus des personnages à part entière (Kimberley, Fatou de Chatou, Fuck-the-system…) As-tu reçu un courrier pour la collection « Osez 20 histoires de sexe » ?

Oui, il y a des questions récurrentes, du genre « Camille Sorel, c’est son vrai nom, ou c’est son pseudo ? Elle habite où ? Vous pouvez me mettre en contact avec elle ?» Mais évidemment je protège mes auteurs et n’y réponds pas (sauf si on joint un petit billet à la demande).
En 2010 tu as publié à la Musardine « Défense du poil – Contre la dictature de l’épilation intime » et aujourd’hui tous les hommes sont barbus. Tu es fier de toi ?

Je ne serai véritablement fier de moi que le jour où toutes les femmes auront cessé de s’épiler la chatte. Et quand ce jour viendra, j’écrirai « Eloge de l’épilation ».

Visiblement, tu es un homme à listes (Le grand livre des listes, Michalon, 2012). Tu peux lister ce qui te fait kiffer un texte érotique et/ou ce qui te fait le jeter illico à la poubelle ?

J’aime quand l’histoire est crédible, qu’on se dit qu’elle pourrait vraiment avoir eu lieu, ce qui implique presque obligatoirement de soigner la psychologie des personnages, d’expliquer un peu leur désir, de décrire ce qu’ils ressentent… Et donc je n’aime pas une nouvelle qui se contente d’enchaîner des actions sexuelles : machin fait ceci, machine fait cela, etc. 
J’aime les mots précis et crus, je n’aime pas les métaphores pseudo-poétiques. 
J’aime quand je suis surpris (et certaines personnes y arrivent toujours, même si ça fait dix ans que j’anime cette collection !).
Si tu veux en savoir savoir plus, j’avais écrit ce texte pour Brain Magazine, j’y réponds très précisément à ta question : Ecrire un bon texte érotique – Les 10 commandements de l’auteur débutant

Nous nous demandons tous comment poursuivre sans relâche nos bourdes sexuelles. Et justement tu as publié en 2012 Comment rater sa vie sexuelle ? à la Musardine. Tu es un expert ?

Je ne me souviens plus très bien de ce livre, que j’avais co-écrit avec Marc Dannam. A mon souvenir, il s’était occupé de l’aspect « rater » et moi de l’aspect « vie sexuelle ». Non je déconne, j’ai une belle collection de ratages, de rendez-vous foireux, de pannes d’érections et de sexe chiant, comme tout le monde. Mais je ne m’en soucie pas plus que ça, car j’ai vite compris qu’il fallait que le sexe soit souvent un peu chiant pour qu’il réussisse à être parfois merveilleux (non mais regarde un peu ce que tu me fais écrire).

En 2013 tu as publié (encore à la Musardine, excellente maison)  Misère-sexuelle.com : le livre noir des sites de rencontre. Force est de constater que ça a beau être toujours décevant, les gens continuent d’afficher leur misère et de s’évaluer mutuellement sur ces sites. Quel est ton principal argument pour arrêter ces conneries ?

J’ai quand même l’impression que les gens ont déserté les « sites de rencontres », genre Meetic et compagnie, au profit des appli comme Tinder ou Hppn. Et c’est normal. C’est gratuit, c’est spontané, ça va vite, on matche, on se rencontre, les choses se font ou pas, c’est moins fastidieux. Tant qu’on l’utilise comme ça, sans y investir trop d’attente ni trop d’espoir, les appli me paraissent être un bon outil.
Apprécier un bon vin et surtout, en parler, c’est un ticket d’entrée vers la mondanité. Comment entrer en hautes sphères ? Une nouvelle fois tu nous sauves la mise avec l’indispensable Antiguide du vin et de la vinasse (J’ai lu, 2015). Quand je viendrai à Paris l’été prochain pour fêter la publication de mon premier roman au 122 rue du chemin Vert, quel pinard me proposeras-tu de boire avec toi et que devrai-je en dire d’un air entendu pour te faire marrer ? (Tu ne m’as pas proposé de boire un verre avec toi ? Damned. Disons que c’est un verre imaginaire, alors.)

Je préfère les vins du sud, tanniques, charpentés, les vins de la vallée du Rhône, les Languedoc, ce genre là. Mais je ne force personne à avoir mes goûts. Et si le but est de me faire rire, commande un rosé pamplemousse, ça devrait marcher.

Puisque tu es un habitué des urgences sexuelles (Les perles des urgences du sexe, Musardine, 2016), raconte-nous ta dernière visite pour un incident gênant. Aucune véracité n’est requise, naturellement.

La dernière fois que j’ai été hospitalisé, c’était pour l’appendicite, je devais avoir dix ou onze ans. Donc je sèche un peu sur cette question. Par contre j’ai connu d’excellentes urgences psychothérapeutiques, notamment ce jour où j’ai raconté à ma psy, un peu embarrassé, ce rêve que j’avais fait la veille, dans lequel je faisais pipi sur sa figure pendant qu’elle jouait à Tétris sur son portable.

J’aimerais bien être une star de la télévision littéraire. Comme tu es de bon conseil (Comment devenir une star de la télévision, J’ai lu, 2016), tu peux me dire ce que je dois faire pour être invitée chez Busnel ?

Rien. Tu ne peux rien faire. Pour être invitée chez Busnel, il faut un bon attaché de presse. Si l’attaché de presse est nul, même si ton livre est génial, tu n’iras pas chez Busnel. Moi par exemple, quand j’étais attaché de presse à la Musardine, je n’ai jamais casé aucun auteur chez Busnel.

Et enfin, s’il fallait décerner un Gérard de la meilleure intervention télévisée politique pendant la crise du Coronavirus, tu nominerais qui, et pourquoi ?

J’ai un faible pour Christophe Castaner. Depuis le début. C’est le type qui a le moins la gueule de l’emploi, et qui malgré tous ses efforts, ne l’aura jamais. Quoi qu’il fasse, il aura toujours cette tronche du mec qui sort d’une boite à cul à l’aube avec une haleine de vodka après avoir passé la nuit à renifler des lignes de coke sur le cul d’une stripteaseuse. Maintenir un type comme ça au ministère de l’intérieur, dans une situation de crise aigüe où le pays entier angoisse, quand on est sensible comme moi à l’écriture humoristique, ça tutoie le génie.

magueule

Je crois que j’ai dit cinq cent fois merci à Stéphane mais je le réécris ici : un grand merci à lui d’avoir joué le jeu des réponses à mes questions.

Je compte sur vous pour lire sa sélection dans Osez 20 histoires de sexe inavouables, à paraître prochainement. Je me suis laissée dire que c’était un grand cru…

 

Les feux de honte

J’ai repris mes petits papiers, une envie de m’exprimer autrement.

J’ai retrouvé d’anciens collages. Je ne sais pas ce que ça vaut, sûrement rien du tout, sur un plan artistique. Mais à le regarder, je ressens directement l’émotion qui m’a guidée en le réalisant.

Alors si ça dit quelque chose à quelqu’un d’autre… on ne sait jamais ?

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Les feux de la honte – collage – Juin 2012